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Pub­lié le 26 octobre 2018 | Éti­quettes : , , , ,

Tugdual Denis, bête noire de Jean-Luc Mélenchon, nouveau directeur adjoint de la rédaction de Valeurs Actuelles

Le mercato des journalistes se poursuit. Tudgual Denis rejoint Valeurs Actuelles comme directeur adjoint de la rédaction, aux côtés de Geoffroy Lejeune. Il retrouve la maison où il a été grand reporter politique de juillet 2016 à août 2017.

Une carrière déjà bien remplie

Jusque là au Point comme grand reporter politique (septembre 2017 – septembre 2018), il a été reporter politique à l’Express, d’octobre 2011 à juin 2016, et à France-Soir de janvier à septembre 2011. Après des études de philosophie à Rennes I (2000-2002), il a continué à Paris-I La Sorbonne de 2003 à 2005 dans la même filière avant d’intégrer l’Institut pratique du journalisme dont il est sorti en 2007. Il a commencé sa carrière sur France Inter et a aussi écrit pour La Croix.

Tête de turc de JLM

Tugdual Denis est une des cibles désignées de Mélenchon et de ses proches. En mai 2012, Christophe Barbier avait pris la défense de son journaliste car Mélenchon l’avait accusé, le 29 mai, d’être un « bon facho patenté qui ricane ensuite dans ses réponses à ceux qui l'interpellent sur ce curieux procédé », et s’en était pris à lui publiquement les 23 et 26 mai précédents.

Le 23 mai à Libercourt il l’accusait d’être « personnellement lié à l’extrême-droite ». Le 26 à Méricourt, il le chassait avec violence : « Qu’est-ce que vous faites encore là, sale petit espion ? Ça fait trois jours que vous m’espionnez, rentrez à Paris écrire vos saloperies dans votre journal fasciste. Fichez-moi le camp, dégagez ! ». Il avait aussi été défendu par les syndicats CFDT et CGT du journal, outrés que L’Express ait été traité de « journal fasciste » à la même occasion.

Mélenchon reprochait à Tugdual Denis d’avoir publié sur Twitter un message où il affirmait que le leader du Front de Gauche s’était caché dans une voiture pour éviter Marine Le Pen – il aurait en réalité été (non vérifié) dans une usine en redressement judiciaire à plusieurs kilomètres de là.

Dans un billet assez énervé du 29 mai, Éric Mettout résumait l’affaire : « J’avais tort. Avec Mélenchon, quand il s’agit de la liberté de faire notre boulot, le pire est toujours sûr […] Encore pire ? Mélenchon a pris à partie le journaliste de L’Express qui le suit dans son périple législatif, le traitant publiquement de « sale espion » et L’Express de « journal fasciste » – Mélenchon a le verbe fleuri mais l’insulte pauvre ».

Sans oublier les mélenchonistes

Et les mélenchonistes n’ont pas oublié. L’observatoire de la propagande et des inepties anti-Mélenchon (l’OPIAM) qui l’a déjà aligné en décembre 2012 l’a ainsi traité en 2013 de « journaliste frustré » et de « gratte-papier » de surcroît « médiocre », « stupide et haineux ». N’en jetez plus ! D’autant que Mélenchon s’est trouvé un nouveau souffre-douleur à L’Express, en refusant de déjeuner avec un autre journaliste, Benjamin Sportouch, qu’il ne connaissait pourtant pas jusque là, lors d’un « déjeuner informel » prévu avec la presse – les autres journalistes invités ont annulé leur venue « par solidarité ».

En délicatesse avec la famille Le Pen

Le 7 novembre 2013 Tugdual Denis s’attire d’autres inimitiés, de l’autre bord. Il dévoile le nom du père biologique de Marion Maréchal-Le Pen, dans un article de L’Express. L’intéressée dépose plainte pour atteinte à la vie privée, tandis que Marine Le Pen juge « absolument scandaleux » que le magazine ait publié l’identité du père biologique de sa nièce. Coup éditorial versus vie privée, la cour d’appel de Paris a tranché en 2016 en défaveur de L’Express, condamné à verser à Marion Maréchal-Le Pen 10.000 € de dommages et intérêts – elle en demandait 50.000 – et 3.000 de plus pour les frais de justice. Le père biologique lui, est décédé en 2014.

Mais ce sont les mélenchonistes qui ont le moins oublié les griefs de leur chef en 2012. En 2017, le Média, pas encore en péril de mort mais encore sous l’emprise de Sophia Chikirou, repartie depuis préparer les européennes, s’intéresse à la « crise interne » de Valeurs Actuelles dans un article qui tente au passage d’égratigner Charlotte d’Ornellas, de façon plus policée cependant que le faux humoriste Daniel Morin. Elle affirme que Tudgual Denis « claque la porte » pour quitter Valeurs Actuelles et aller au Point. Tugdual Denis dément sur Twitter.

« Je n’ai en rien « claqué la porte ». Au contraire, je l’ai refermée poliment, après avoir sincèrement remercié @geoffroylejeune pour la superbe expérience qu’il venait de m’offrir ».

Revenu à Valeurs Actuelles, Tugdual Denis sera sans doute moins dans le collimateur de Sophia Chikirou et Jean-Luc Mélenchon qui ont d’autres chats médiatiques à fouetter.

Photo : capture d'écran vidéo L'Express

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