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Thomas Cluzel sur France Culture : haro sur Matteo Salvini

6 décembre 2018

Temps de lecture : 3 minutes

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Thomas Cluzel sur France Culture : haro sur Matteo Salvini

Thomas Cluzel sur France Culture : haro sur Matteo Salvini

Les auditeurs assidus de France Culture l’ont remarqué : le Ministre de l’intérieur italien Matteo Salvini n’a pas bonne presse auprès de la chaîne publique. Si celle-ci s’interrogeait en juin dernier sur la responsabilité du Ministre de l’intérieur dans le « climat d’intolérance propice au passage à l’acte » qui existerait en Italie, le temps n’est plus aux interrogations mais aux accusations. Des accusations qui s’inscrivent dans un état d’esprit bien ancré à France Culture.

Quand l’opinion prend le pas sur l’information

Il y a deux ans, en sep­tem­bre 2016, un con­tribu­teur de l’OJIM envoy­ait au Con­seil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) et au médi­a­teur de Radio France une analyse de 23 pages argu­men­tant la présen­ta­tion biaisée de la « crise des migrants » par la chaîne publique. L’analyse d’un échan­til­lon d’émissions pen­dant plusieurs mois aboutis­sait au con­stat que dans le choix des sujets, des invités et des com­men­taires, la ques­tion sur les ondes publiques n’était pas : faut-il accueil­lir des migrants ? Ou bien, com­ment frein­er l’afflux de migrants ? Une seule ques­tion reve­nait en boucle à ce sujet : com­ment accueil­lir plus de migrants et mieux ?

Tant le CSA que le médi­a­teur de Radio France n’ont pas cru bon de répon­dre à l’auditeur. La sai­sine n’était peut-être pas assez argu­men­tée… Peu de temps après, le Col­lec­tif des usagers des médias et du ser­vice pub­lic inter­pel­lait les can­di­dats à l’élection prési­den­tielle de 2017 sur le manque de plu­ral­isme des opin­ions présen­tées sur le ser­vice pub­lic de radio-télévi­sion. Un récent jour­nal de France Cul­ture nous mon­tre, s’il en fal­lait, que ces démarch­es n’ont pas porté leurs fruits.

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Morceaux choisis, racisme et perfidie

Le jour­nal de 12h30 du 29 novem­bre 2018 com­mence fort : Thomas Cluzel intro­duit le sujet sur la loi sur l’immigration récem­ment votée au Par­lement ital­ien en ces ter­mes : « c’est prob­a­ble­ment la loi la plus raciste de ces 15 dernières années en Ital­ie ». Alors que sur le site de la radio publique, cette appré­ci­a­tion est attribuée à « la presse de gauche de la pénin­sule », le jour­nal­iste ne prend pas la peine de se cacher der­rière des accu­sa­tions de tiers. Il reprend à son compte ces juge­ments de valeur. Et se range de fait dans le camp de « la presse de gauche » ital­i­enne. Il est vrai que Thomas Cluzel assur­ait précédem­ment une « revue de presse inter­na­tionale » d’un par­ti pris et d’un entre soi abso­lus, ce qui explique sans doute sa pro­mo­tion au Jour­nal de la mi-journée sur France Cul­ture.

Celui qui ne cache pas son « immense sat­is­fac­tion » après le vote de la loi por­tant son nom est « le Min­istre de l’Intérieur d’extrême droite Mat­teo Salvi­ni ». Pour quelle rai­son le jour­nal­iste qual­i­fie-t-il Mat­teo Salvi­ni de Min­istre d’extrême droite ? Nous ne le saurons pas. Pour para­phras­er Paul-François Paoli, en faisant de la sorte, Thomas Cluzel sem­ble sous l’emprise mimé­tique d’une par­tie de sa cor­po­ra­tion et ne fait qu’attester un con­formisme paresseux.

Pour­suiv­ons : « Le Décret-Loi porte toute la per­fi­die de sa stratégie qui a réus­si à faire pass­er une loi pour ce qu’elle n’est pas, au ser­vice de la sécu­rité. En réal­ité, cette texte est essen­tielle­ment dirigé con­tre les migrants ». Pour mieux appuy­er sa dénon­ci­a­tion de la poli­tique restric­tive de l’Italie en matière d’immigration clan­des­tine, un pays qui a vu arriv­er près de 700 000 clan­des­tins depuis 2013, le jour­nal­iste égrène les récents décès en mer méditer­ranée. CQFD.

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L’invité de l’émission, Jor­dan Bardel­la (RN), rap­pelle au jour­nal­iste qu’il tra­vaille sur une radio publique (18e mn) : « Je vous ai enten­du par­ler de racisme et de per­fi­die, ce qui me choque. Nous sommes sur le ser­vice pub­lic et je crois que les jour­nal­istes du ser­vice pub­lic ont un cer­tain devoir de neu­tral­ité. Et si vous voulez enten­dre le ser­vice pub­lic par­ler de la sorte d’un Min­istre de l’intérieur ital­ien qui est trois fois plus pop­u­laire que le Prési­dent de la République, ça me sur­prend et je pense que ça fera plaisir aux français qui finan­cent Radio France ».

À enten­dre la cor­re­spon­dante à Rome de France Cul­ture présen­ter les mesures du Décret–Loi sur l’immigration et la sécu­rité, on cherche vaine­ment toute trace de « racisme ». Sauf à con­sid­ér­er que la maitrise des fron­tières et le respect du principe de nation­al­ité sont illégitimes. Au dia­ble ces argu­ments, l’important sur France Cul­ture n’est-t-il pas de mon­tr­er par­fois sans réserve — et sans respecter le devoir de réserve — que l’on appar­tient au camp du bien et des « progressistes ».

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