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Tarifs postaux : les éditeurs passent à la caisse

7 décembre 2015

Temps de lecture : 2 minutes
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Tarifs postaux : les éditeurs passent à la caisse

La Poste va augmenter ses tarifs pour la presse de 23 à 38% d’ici cinq ans.

Un mau­vais coup porté à des édi­teurs déjà frag­iles… mais égale­ment un très mau­vais cal­cul pour l’en­tre­prise publique.

Les hauss­es les plus impor­tantes con­cerneront la presse de dis­trac­tion ou récréa­tive. De Télé 7 jours à Clos­er en pas­sant par L’A­mi des jardins, cette famille est dans le col­li­ma­teur des pou­voirs publics. Exclus de la plu­part des aides gou­verne­men­tales, ces titres se ver­ront de sur­croît appli­quer une aug­men­ta­tion de l’af­fran­chisse­ment postale de 5% par an de 2017 à 2022. La presse de la con­nais­sance et du savoir, en générale pro­fes­sion­nelle, lim­ite elle la casse à 3%. Seuls les jour­naux d’in­for­ma­tion poli­tique et générale (IPG) tirent leur épin­gle du jeu avec une hausse de 1%. Parce qu’elle con­tribue au développe­ment d’une opin­ion démoc­ra­tique, l’IPG est désor­mais la seule forme de presse à être aidée par l’État.

Alors qu’en juin, la min­istre de la com­mu­ni­ca­tion, Fleur Pel­lerin avait évo­qué une hausse lim­itée à l’in­fla­tion, la douche est glacée pour les édi­teurs con­cernés. Des majors comme Lagardère (Elle), Pris­ma (Télé loisirs) ou encore Mon­dadori (Auto plus) ver­ront leur fac­ture postale automa­tique­ment renchérie de plusieurs mil­lions d’eu­ros sup­plé­men­taires par an. Si le gou­verne­ment jus­ti­fie ces aug­men­ta­tions par un rat­tra­page néces­saire vis-à-vis de tar­ifs postaux plus ou moins gelés depuis des années, les groupes de médias con­cernés con­tes­tent évidem­ment cette ver­sion. Ils pay­eraient la ges­tion désas­treuse de l’en­tre­prise publique et ont d’ores et déjà prévu de riposter.

Au plan juridique, le Syn­di­cat des édi­teurs de la presse mag­a­zine, qui con­duit la fronde, a l’in­ten­tion de porter des recours tous azimuts, y com­pris devant la Cour de jus­tice européenne. Autre réplique, com­mer­ciale cette fois, l’ac­céléra­tion du trans­fert des porte­feuilles d’abon­nés postaux vers le portage à domi­cile. Adap­té avant tout aux quo­ti­di­ens, ce mode d’a­chem­ine­ment ne représente que 2% des quan­tités en presse mag­a­zine. La marge de pro­gres­sion est donc très impor­tante. La presse quo­ti­di­enne régionale, qui est la seule à détenir locale­ment les struc­tures logis­tiques adéquates, devrait voir ses tournées de portage large­ment étof­fées dans les années à venir. À con­di­tion qu’elle mette en face les moyens ad hoc.

Ce n’est pas le moin­dre des para­dox­es de l’oukase gou­verne­men­tal. La Poste, soutenue à bras le corps par Bercy comme l’un des pre­miers employeurs français, devrait sor­tir affaib­lie des joutes qui s’an­non­cent. Déjà con­sid­éré comme peu effi­cace, son ser­vice risque à terme d’être com­plète­ment délais­sé par les édi­teurs. À la clé, des pans entiers de chiffre d’af­faires qui échap­per­ont au ser­vice public.

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