Ojim.fr
Veille médias
Dossiers
Portraits
Infographies
Vidéos
Faire un don
PUBLICATIONS
Yann Barthès, Dilcrah, Netflix, Frontex, Bellingcat... Découvrez les publications papier et numériques de l'Observatoire du journalisme.
→ En savoir plus
PUBLICATIONS
Yann Barthès, Dilcrah, Netflix, Frontex, Bellingcat... Découvrez les publications papier et numériques de l'Observatoire du journalisme.
→ En savoir plus
StreetPress, le kebab de l’Union européenne

L’article que vous allez lire est gratuit. Mais il a un coût. Un article revient à 50 €, un portrait à 100 €, un dossier à 400 €. Notre indépendance repose sur vos dons. Après déduction fiscale un don de 100 € revient à 34 €. Merci de votre soutien, sans lui nous disparaîtrions.

13 février 2024

Temps de lecture : 4 minutes
Accueil | Veille médias | StreetPress, le kebab de l’Union européenne

StreetPress, le kebab de l’Union européenne

Temps de lecture : 4 minutes

Le financement du site d’informations, StreetPress, surnommé le « le kébab des médias », révèle beaucoup de surprises. Il suffit de gratter un peu pour découvrir des financements directs ou indirects de l’Union européenne, de l’historien et directeur de recherches au CNRS Patrick Weil ou d’institutions françaises comme la mairie de Ris Orangis ou le ministère des affaires étrangères.

À qui appartient StreetPress ?

  • Le jour­nal­iste et créa­teur du site Street­Press, Johan Weisz-Myara, détient 65,4 % des actions de la société de presse.
  • L’historien et directeur de recherch­es au CNRS Patrick Weil sou­tient Street­Press depuis sa création, et détient 8,17% des parts. Selon Wokipé­dia, « marqué à gauche, il est spé­cial­iste du droit des immi­grés. À cet titre, il a été mem­bre du Haut Con­seil à l’in­té­gra­tion (1996–2002), puis de la com­mis­sion Stasi (2003). »

Source : backend.streetpress.com

Un Fonds Médiapart en renfort

  • Le Fonds de dota­tion Héliée pour le sou­tien à la presse indépen­dante (depuis 2021), détient 9,9% des actions. C’est un « fonds de dota­tion, struc­ture à but non lucratif, créé en sep­tem­bre 2019 par les cofon­da­teurs et l’équipe salariée de Médi­a­part. (…) Entre le 01/01/2021 et le 31/12/2021, le mon­tant total des dons perçus par le Fonds s’élève à 271.404 euros. Les dons dont a bénéficié le FPL pour accom­plir sa mis­sion d’intérêt général provi­en­nent prin­ci­pale­ment de par­ti­c­uliers (per­son­nes physiques). Une entre­prise, une asso­ci­a­tion et une fon­da­tion abritée par la Fon­da­tion de France ont soutenu égale­ment le FPL.
    Il a ain­si été décidé de ren­dre publics liden­tité des per­son­nes ayant procédé en 2021 à des dons égaux ou supérieurs à 5.000 euros ain­si que les mon­tants exacts de ces dons :
    Mon­sieur Olivi­er Legrain : 60 000 euros
    Mon­sieur Edwy Plenel : 21 500 euros
    Mon­sieur François Bon­net : 12 000 euros
    Madame Marie-Hélène Smie­jan : 5 000 euros »
    Source : fondspresselibre.org
  • Deux mécènes anonymes déti­en­nent 16,4% des parts appor­tant des cap­i­taux en 2010 et en 2015.

Le budget et les sources de revenus

Le bud­get annuel de Street­Press est de 600.000 euros. En 2022, les sources de revenus (598 000 euros au total) provi­en­nent de :

  • La prin­ci­pale source de finance­ment sont les sub­ven­tions (226 000 € en 2022), soit 38% des revenus, notam­ment de la mairie de Ris Orangis ou de Est Ensem­ble ;
  • Les dons des lecteurs pour 138 .000 €, soit 23 % du budget ;
  • La pub­licité (YouTube ou site), et via la création de con­tenus éditoriaux en parte­nar­i­at, env­i­ron 11% des revenus de Street­Press, soit 65 000 euros ;
  • La pro­duc­tion de vidéos pour des ONG, insti­tu­tions, médias indépen­dants et mar­ques. Le stu­dio Street­Press a généré 28% des revenus, soit 169 000 €. Street­Press « a pro­duit pour des médias indépen­dants comme Bas­ta!, le Fonds pour une presse libre, Médecins du monde, le syn­di­cat Sico-CFDT. On réalise aus­si des mag­a­zines, par exem­ple pour le Réseau Entre­pren­dre Paris, et on a égale­ment fait de la for­ma­tion sur la pro­duc­tion édi­to­ri­ale pour des incu­ba­teurs médias comme le Medialab93 et Hotel71.»
    Source : backend.streetpress.com

L’Union européenne aussi

Les parte­nar­i­ats et donc les sub­ven­tions indi­rectes qu’elles per­me­t­tent de touch­er don­nent une petite idée de l’ancrage de Street­Press dans un réseau beau­coup plus large de médias financés par la Com­mis­sion européenne ou le min­istère français des affaires étrangères.

Street­Press fait par­tie avec une dizaine de médias européens (Bulle Média, Pro­pa­gan­da, El Salto, etc) du réseau Sphera Net­work. Ce réseau européen pro­duisant des « vidéos, des pod­casts et des événe­ments » afin de « créer une nou­velle Europe qui représente une jeunesse oubliée dans le débat pub­lic » a été lancé par le site cafebabel.com et se veut son suc­cesseur (voir aus­si la présen­ta­tion de think tank du site de la délé­ga­tion française auprès de l’Union européenne).

Le plus intéres­sant sont les finance­ments du site cafebabel.com et de Sphera Net­work. Selon Wokipé­dia, l’association Babel Inter­na­tion­al est financée « par l’U­nion européenne. Elle reçoit notam­ment — selon le système de trans­parence finan­cière de la Com­mis­sion européenne — une sub­ven­tion de fonc­tion­nement annuelle de 200 000 € du pro­gramme “Europe pour les citoyens” pour les années 2014–2017. L’as­so­ci­a­tion est égale­ment financée par la Fon­da­tion Hip­pocrène, la Knight Foun­da­tion, la Mairie de Paris, le min­istère de la San­té et des Sports, le min­istère des Affaires étrangères et européennes, le Par­lement européen, Voxeu­rop (anci­en­nement Presseu­rop) et par la Région Ile-de-France. »

Street­Press ne s’en cache pas, ils sont directe­ment financés par la Com­mis­sion européenne via Sphera Net­work et sûre­ment par d’autres organ­ismes de l’État français. Comme pour­raient dire les mau­vais­es langues, du finance­ment à la col­lab­o­ra­tion avec les instances gou­verne­men­tales nationales ou européennes, il n’y a qu’un pas. 

Vidéos à la une