Observatoire du journalisme (OJIM)

Sécurité des données, après Facebook et Google, Europe 1

La rédaction de l'OJIM 4 mars 2019 Temps de lecture : 2 min
Trop cool la nouvelle matinale d’Europe 1 de Patrick Cohen !
Trop cool la nouvelle matinale d’Europe 1 de Patrick Cohen !

Nous mettons en garde nos lecteurs sur ce qu’ils peuvent poster sur Facebook (c’est généralement public ou susceptible de le devenir facilement), qui peut ensuite être utilisé contre eux professionnellement, familialement ou politiquement ou revendu directement ou indirectement à leur insu pour les tracer commercialement. Il en est de même pour les requêtes Google. Un rapport de la CNIL de 2017 exhumé par Médiapart révèle que Europe 1 fichait certains de ses auditeurs.

Allo Europe 1 ? Vous êtes fiché

Vous voulez participer à une émission de la chaîne où les auditeurs peuvent intervenir. Vous composez un numéro payant (vous êtes bien brave), vous obtenez une personne d’un centre de contact qui vous enregistre, vous fait préciser votre question, note bien entendu nom, prénom, numéro de téléphone, peut-être votre profession et sans doute votre lieu d’appel.

La procédure permet d’éliminer les plaisantins, les excités, ceux qui n’arrivent pas à exprimer une question ou un point de vue de manière intelligible. Et également de vérifier si la ligne téléphonique fonctionne correctement si on vous rappelle pour passage à l’antenne. Une sorte de casting des auditeurs. La chaîne a accumulé sur une vingtaine d’années des données sur plus de 570.000 personnes, une paille.

Gros con et vieille pédale

Où les choses se compliquent c’est quand l’employé du centre de contact (souvent des étudiants pour un travail temporaire) rajoute son grain de sel. Parmi les épithètes délicates que l’on peut rencontrer « gros con, connard, facho, vieille pédale, cancéreux, raciste, fils de pute, alcoolique, accent juif tunisien » etc. À ceci près que dans le domaine de la santé, de la sexualité, des origines, ces données doivent rester dans le domaine privé et ne pas être stockées.

La direction de la radio assure que « ces données ne servaient pas à discriminer qui que ce soit », alors à quoi servaient elles ? Mieux, un fichier « d’interdits d’antennes » de quelques centaines de noms était aussi établi, un peu comme les interdits de jeux dans les casinos. Il serait intéressant de savoir sur quels critères ces rejetés ont été mis sur liste noire. Europe 1 n’a reçu qu’un avertissement, jusqu’à ce jour resté confidentiel.

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