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Sale temps pour les quotidiens gratuits !

27 mars 2014

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Sale temps pour les quotidiens gratuits !

27 mars 2014

Sur fond de pertes accrues en 2013 (20 millions d’euros au total), la recomposition du paysage des quotidiens gratuits, 20 Minutes France (50% Schibsted / 50% Ouest France), Métronews (TF1) et Direct matin (Groupe Bolloré) devrait s’engager en 2014, peut-être même avant l’été.

Après les fuites, début mars, sur la ren­con­tre entre Nonce Paoli­ni, PDG de TF1, et Vin­cent Bol­loré, les dis­cus­sions se pour­suiv­ent entre les deux groupes, édi­teurs cha­cun d’un titre. Si aucune déci­sion n’a encore été actée de leur part, le secteur se dirige vers une inévitable con­cen­tra­tion, sans doute de trois à deux, voire à un seul quo­ti­di­en gratuit.

Dans ce con­texte, les deux seuls élé­ments tan­gi­bles sont pour l’in­stant la mise en vente de 20 min­utes par ses action­naires et le retard numérique de Direct matin. Directmatin.fr est arrivé sur la toile cinq ans après le lance­ment du quo­ti­di­en par Bol­loré médias. Le site n’est apparu qu’au print­emps 2012 et totalise logique­ment une audi­ence (moins d’un mil­lion de VU en jan­vi­er) large­ment inférieure à celle de ses con­cur­rents Metronews.fr (trois mil­lions de VU en jan­vi­er, selon Medi­amétrie / Netar­ings) et surtout 20minutes.fr (5,7 mil­lions de VU en jan­vi­er, selon Mediamétrie/ NetRat­ings). La mar­que Direct matin, égale­ment la plus faible en ter­mes de lec­torat (2,5 mil­lions), est de toute évi­dence le mail­lon faible du trio. L’autre élé­ment objec­tif du futur deal est la mise en vente de 20 min­utes par ses deux action­naires. L’édi­tion française du quo­ti­di­en gra­tu­it est l’une des rares que le groupe de médias norvégien Schib­st­ed détient encore en propre.

Depuis qu’en 2010, il a racheté Leboncoin.fr, sa stratégie de développe­ment est exclu­sive­ment tournée vers les sup­ports numériques. L’autre action­naire, Ouest France, a quant à lui besoin de cash. Son navire ami­ral, Ouest France (DSH OJD : 733 108 ex, ‑2,1%), pre­mier quo­ti­di­en français, prend l’eau. Il a per­du cinq mil­lions d’eu­ros en 2012, pour la pre­mière fois de son his­toire. Les chiffres de 2013 seront du même ton­neau et le jour­nal bre­ton se sépar­era de 8% de ses effec­tifs en 2014 (131 salariés sur 1500). Sa fil­iale, Spir com­mu­ni­ca­tion, qui détient la moitié des actions d’Ouest France dans 20 min­utes France, est la prin­ci­pale respon­s­able des pertes. Après avoir accusé un déficit de 55 mil­lions d’eu­ros en 2013, elle a annon­cé les 25 et 26 mars env­i­ron 170 sup­pres­sions de postes (sur 2700) dans son départe­ment impres­sion (IPS) et presse gra­tu­ite d’an­nonces (Regi­com Top annonces). Para­doxale­ment, cette ambiance de dés­in­térêt d’un côté et de sauve qui peut de l’autre, ne devrait pas obscur­cir l’hori­zon de 20 min­utes. Sur le marché des gra­tu­its, entière­ment tourné vers la pub­lic­ité, la prime au leader est essen­tielle. Avec 960 000 exem­plaires dis­tribués (DTG OJD 01/2013) 20 min­utes est lu par près de cinq mil­lions de per­son­nes. Il est, de loin le plus dig­i­tal des trois titres, béné­fi­ciant d’une audi­ence sur le web deux fois supérieure à celle de Metronews.

Les trois acteurs restent dis­crets sur le dossier pas seule­ment pour ne pas effray­er durable­ment des annon­ceurs qui ont déjà dimin­ué leurs investisse­ment dans la presse de 7% en 2013. Les con­séquences sociales des fusions qui se dessi­nent risquent d’être égale­ment sévères. Quel que soit le scé­nario retenu pour l’avenir, les dou­blons dans les rédac­tions, les régies et les ser­vices sup­ports sauteront aux yeux. 20 Min­utes a déjà pris les devants. Pour revenir dans le vert en 2014 (qua­tre mil­lions d’eu­ros de pertes l’an­née dernière) et avant même d’en­vis­ager une quel­conque alliance, le gra­tu­it fera fon­dre cette année sa masse salar­i­ale (210 salariés) de 8%.

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