L’Union Européenne installe la censure sémantique via les ONG

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L’Observatoire du journalisme est déjà revenu à de nombreuses reprises sur l’attitude des médias face à l’invasion migratoire. L’Union Européenne a déjà promu un prix du journalisme pour encourager les « bonnes pratiques » quand on aborde ce sujet sensible. Ses instances officielles vont cette fois plus loin en élaborant un guide destiné aux ONG et aux journalistes sur ce qui peut être dit, ce qui peut être caché, ce qui doit être absolument tu et le vocabulaire à employer. Florilège.

“Respect words” : les mots respectueux

Le guide en anglais parle de « respect words », Big Other vous parle et vous met en garde :

  • Choisissez vos mots avec précaution, sans oublier les connotations qui pourraient se cacher derrière eux.
  • Éliminez les stéréotypes (alors que le guide est un ensemble de recommandations de stéréotypes) et les généralisations.
  • Insistez sur le complexe, référez vous au contexte (celui des migrants mais jamais des populations européennes)
  • N’oubliez pas votre responsabilité, vous devez mettre en valeur les « contributions positives des migrants et des minorités». Sans oublier bien entendu « d’inclure les voix des migrants et des minorités » (mais pas nécessairement les voix des européens qui risqueraient d’être discordantes)

Ne faites pas, non ne faites pas !

Il est des sujets interdits et un vrai journaliste estampillé Union Européenne ne DOIT pas les aborder sous peine d’être interdit d’antenne ou de publication puis frappé d’exil intellectuel:

  • N’utilisez pas de « langage de haine ». On comprendra facilement que s’interroger sur les retombées négatives de l’immigration pour les immigrés eux-mêmes ou pour les européens tombe sous l’appellation infâmante.
  • Ne mentionnez pas « d’informations sensibles » comme l’origine ethnique ou la religion ou alors faites le en dernière instance quand c’est absolument nécessaire pour comprendre l’histoire. Cachez ce sein que je ne saurais voir (Tartuffe).
  • N’incluez pas de perspectives extrémistes (en clair : ayant quelque réserve que ce soit sur les bienfaits de l’immigration) au nom de « l’objectivité », en anglais « not include extremist perspectives for the sake of objectivity». Autrement dit tordez le cou au réel, n’admettez qu’un seul point de vue et fuyez toute confrontation des opinions, on ne sait jamais ce qui pourrait en sortir.

L’introduction à l’ouvrage présenté le 12 octobre 2017 au Parlement européen à Bruxelles ne manque pas de sel et vend naïvement la mèche « Il est espéré que (ces directives) joueront un rôle en combattant les discours de haines et les expériences négatives vécues par les migrants et les minorités résultant de l’opinion publique » (as a result of public opinion). Journalistes, mes frères, gardez vous, Big Other is watching you.

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