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Règlements de comptes au Média, noms d’oiseaux et crêpage de chignons

8 juillet 2019

Temps de lecture : 3 minutes
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Règlements de comptes au Média, noms d’oiseaux et crêpage de chignons

Le Média a déjà vécu une vie tumultueuse. Faux nez de la LFI ou média indépendant, influence officielle et officieuse de Sophia Chikirou, très proche de Jean-Luc Mélenchon. Accusations de malversations financières, procès, licenciement de la première rédactrice en chef, arrivée d’Aude Lancelin, départ fracassant de cette dernière. Un article très informé de Justine Brabant (et peut-être un peu à charge contre Aude Lancelin) d’@rrêt-sur-images (ASI) du 26 juin 2019 dévoile le dessous des cartes. Ambiance de « franche camaraderie » garantie. 

Règlement de comptes à OK bobo-gaucho

C’est bien con­nu, la gauche c’est avant tout l’amour, l’ouverture à l’autre (Big Oth­er a rem­placé Big Broth­er), le partage, l’égalité, la fra­ter­nité, le refus de l’autorité etc. Sur un plan théorique bien enten­du, la réal­ité n’a rien à voir, mais aucune impor­tance pour des milieux qui pra­tiquent au quo­ti­di­en le « faites ce que je dis, mais ne faites surtout pas ce que je fais ».

Aude Lancelin se défend

Con­vo­quée pour un entre­tien de licen­ciement un lun­di de Pen­tecôte (sic) dans des bureaux vides comme dans n’importe quelle multi­na­tionale de grand chemin, Aude Lancelin voit là une volon­té de « bris­er des gens qui ont don­né leur vie à une entre­prise ». Chargée de tous les maux, « Al Capone est un nain à côté de l’ancienne prési­dente du Média que je suis », elle a été « salie, prise en chas­se, dif­famée… licen­ciée avec une vio­lence bar­bare ».

Nou­velle vic­time d’une chas­se aux sor­cières « à une autre époque on m’aurait sans doute brûlée ». On voit en creux le por­trait de Denis Robert qui l’a licen­ciée en la pri­vant de toute indem­nité (re sic) et lui a suc­cédé. Et alors que le Média com­mençait à con­naître le suc­cès avec une cou­ver­ture très com­plète et pro­fes­sion­nelle des man­i­fes­ta­tions des gilets jaunes

Certains salariés se rebiffent

Son de cloche très dif­férent d’une par­tie des salariés non recon­duits à leur poste par Aude Lancelin et dont cer­tains ont ensuite été réem­bauchés par la nou­velle direc­tion. Cha­cun con­naît la richesse du vocab­u­laire du cap­i­taine Had­dock dans Tintin, plusieurs dic­tio­n­naires sont parus sur le sujet. Sous toute réserve, (nous ne faisons que repren­dre les ter­mes d’ASI) nous livrons un flo­rilège de qual­i­fi­cat­ifs qui auraient été décernés par Aude Lancelin à une par­tie de sa rédac­tion et rap­portés par celle-ci, accrochez-vous « Enflure, ordures, nuls, nuis­i­bles, bon à rien, lam­en­ta­ble, mec pitoy­able cervelles de moineaux, planche pour­rie, gros glan­deur, grosse feignasse, quelle merde, le gros, thon ». Le match Haddock/Lancelin sem­ble équili­bré avec un léger avan­tage à cette dernière.

Cer­tains salariés par­lent de « har­cèle­ment, humil­i­a­tion » de « rela­tions mal­saines, mélange per­ma­nent entre affect et tra­vail, chan­tage affec­tif ». Quand un jour­nal­iste ne voit pas son CDD renou­velé il crée une sec­tion SNJ-CGT au grand dam de la direc­tion, d’autres se met­tent en arrêt mal­adie, on se croirait à France télé­coms à la grande époque des sui­cides récur­rents.

De quoi provo­quer une cer­taine irri­ta­tion d’Aude Lancelin vis-à-vis de ses col­lab­o­ra­teurs « Je ne peux plus les sup­port­er. Tous. Leurs blagues de merde. Leur médi­ocrité. Je les hais main­tenant ». Lancelin répond à ces attaques en qual­i­fi­ant « ces pro­pos diffam­a­toires d’un quar­teron de per­son­nages qui a main­tenant repris les com­man­des du Média, et qui non con­tents de m’avoir licen­ciée abu­sive­ment, veut m’empêcher d’apporter ma con­tri­bu­tion à la lib­erté de l’information en France en fon­dant avec d’autres jour­nal­istes le média « Quarti­er général ». Fra­ter­nité un jour, fra­ter­nité tou­jours.

Naissance du Quartier Général

QG, tel sera le nom du nou­veau média lancé par Aude Lancelin pour « accom­pa­g­n­er et inspir­er les com­bats des lanceurs d’alerte, du peu­ple qui s’est mis debout à l’hiver 2018 et de tous ceux qui ne trou­vent pas de relais aujourd’hui dans les médias tra­di­tion­nels » (entre­tien avec ASI du 18 juin 2019). Une lev­ée par­tic­i­pa­tive de fonds avait per­mis de recueil­lir un peu moins de 50K€ début juil­let 2019. Un nou­v­el out­il médi­a­tique, sans doute dans une ambiance mil­i­tante, jouis­sive et fes­tive pour « faire société », comme la vie du Média le prou­ve depuis ses débuts.

Voir aussi

Aude Lancelin

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