Eugénie Bastié
Radio Courtoisie : la fronde contre Henry de Lesquen

Radio Courtoisie : la fronde contre Henry de Lesquen

Depuis trois mois, Henry de Lesquen, président de Radio Courtoisie, s’est déclaré candidat à la présidentielle de 2017. En roue libre, il multiplie jour après jour les déclarations choc. Agacés et inquiets pour l’avenir de leur radio, des producteurs d’émissions de RC sont récemment sortis du silence pour réclamer le départ de celui qui compromet aujourd’hui l’image de la station… après avoir déjà compromis son indépendance.

Dans une lettre ouverte publiée sur le site du Salon Beige, différents patrons d’émissions ont fait part de leur ras-le-bol. « Les déclarations publiques insupportables de son président Henry de Lesquen, se présentant comme candidat à l’élection présidentielle, entraînent dans l’opinion une confusion que nous ne pouvons plus tolérer », expliquent-ils. Il faut dire que depuis plusieurs semaines, M. de Lesquen n’y va pas de main morte, citant tantôt l’interdiction de la « musique nègre », tantôt les bienfaits de l’esclavage ou encore émettant des doutes sur les conditions de traitement dans les camps nazis. Ces positions publiques, les signataires ne peuvent « plus les cautionner » car elles auront, inévitablement, des « conséquences désastreuses pour la radio ».

Ces derniers demandent ainsi « instamment à Henry de Lesquen de réunir au plus vite les producteurs d’émission et de se démettre de ses fonctions de président de la radio. Faute de quoi, nous nous verrions contraints de suspendre (…) toute collaboration avec cette radio ». Deux jours plus tard, Paul-Marie Coûteaux, qui anime une émission sur Radio Courtoisie, prenait la parole sur Boulevard Voltaire pour dresser la liste des conséquences de ce « sabotage » : « des auditeurs choqués ne paient plus leur cotisation, des producteurs démissionnent, des invités se dérobent (…), tandis que pleuvent plaintes et instructions judiciaires. »

Excédé, ce dernier rappelle la demande formulée par douze producteurs d’émissions sur le Salon Beige, à savoir que M. de Lesquen quitte ses fonctions au plus vite pour mener sa campagne comme il l’entend. En guise de réponse, le patron de Radio Courtoisie s’est contenté de démettre Paul-Marie Coûteaux de ses fonctions. « Vous ne faites plus partie de Radio Courtoisie », lui assène-t-il dans un courrier d’exclusion.

Le lendemain, c’est un auditeur qui publiait, toujours sur Boulevard Voltaire, une lettre ouverte à l’attention d’Henry de Lesquen. « Non seulement vous exposez notre radio à des procès sans fin et vous donnez, donc, à nos adversaires les armes pour nous abattre, mais vous piétinez notre respect de la personne humaine », s’agaçait-il. Et celui-ci de demander à nouveau que le président de la radio se place « en retrait de la présidence au profit de l’un des actuels patrons d’émission ou d’une personne qualifiée ». « Si vous n’entendiez pas notre demande, nous serions au regret de suspendre nos cotisations », concluait-il. Sans aucun doute, cette candidature aura été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

Les racines du mal

Radio Courtoisie a une longue histoire. Fondée en 1986 par Jean Ferré « avec pour objectifs d’être la radio de la francophonie, ouverte à tous les talents et œuvrant à l’union des droites », celle-ci a toujours été paternellement administrée par son créateur, ce dernier laissant aux producteurs d’émissions une totale indépendance. Jean Ferré était alors simplement le président du comité éditorial. Le conseil d’administration de l’association détentrice de l’autorisation d’émettre existait bel et bien, mais il ne s’était jamais réuni.

Les choses sont restées ainsi jusqu’en 2006. Très malade, Jean Ferré désigne alors Henry de Lesquen, tout fraîchement arrivé dans les rangs de la radio, comme son successeur. Immédiatement, celui-ci va prendre possession du Conseil d’administration et placer les directeurs d’émissions « sous son autorité ». « Il s’agissait d’une complète rupture avec la façon dont la radio avait été dirigée par Jean Ferré pendant 19 ans », expliquait Claude Reichman en 2006. Et de poursuivre : « Voilà qu’un conseil d’administration composé de personnes inconnues des auditeurs et ne comprenant qu’un seul directeur d’émission, M. de Lesquen, récemment arrivé à la radio, s’arrogeait le droit de placer “sous son autorité” plusieurs dizaines de directeurs d’émission, très connus et appréciés des auditeurs et dont beaucoup étaient là depuis 15 à 19 ans ! »

Le 12 novembre 2006, quatre jours après sa « prise de pouvoir », Henry de Lesquen, entouré de gardes du corps, « ne donnait la parole qu’à ceux des patrons d’émission qui avaient son agrément et la refusait aux autres, dont il supposait qu’ils pouvaient n’être pas d’accord avec ses méthodes ». Interloqué, Claude Reichman prenait alors l’initiative d’en informer les auditeurs à l’antenne, ce qui lui a aussitôt coûté sa place. « Je me suis contenté de dénoncer les intolérables violations de la lettre et de l’esprit de Radio Courtoisie, ainsi que de la liberté de l’information, dont ils se sont rendus coupables », expliquait-il à l’époque dans une lettre ouverte.

Aujourd’hui, le scénario semble se répéter avec l’éviction de Paul-Marie Coûteaux faisant suite à sa prise de position, pourtant largement partagée par ses confrères. Depuis sa candidature fantoche à la présidentielle, M. de Lesquen place la radio dans un isolement croissant. Par ses déclarations douteuses tout d’abord, par ses insultes à l’attention de certains anciens invités récurrents, comme Alain de Benoist, ou encore par ses méthodes brutales (le renvoi de Martial Bild, directeur de la rédaction de TV Libertés, en est un exemple récent).

Avec la fronde de douze de ses patrons d’émissions et les protestations des auditeurs, l’issue de ce conflit sera sans doute fatale. Reste à savoir si elle le sera pour M. de Lesquen ou pour Radio Courtoisie

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