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« Quel avenir pour la presse »

Les mercredis de la Documentation Française
Présidé par Xavier Patier, animé par Guillaume Roquette

L’OJIM était invitée à la table ronde animée par Guillaume Roquette, nouveau directeur de la rédaction du Figaro Magazine, et organisée le 26 septembre par la Documentation Française. Un représentant de la PQR (presse quotidienne régionale), l’auteur du rapport Journalisme2.0, Laurent Joffrin du Nouvel Observateur, un professeur de l’université de Montréal et Alain Beuve-Méry Président de la Société des rédacteurs du Monde complétaient le tableau des intervenants.

Un constat : les aides directes et indirectes de l’État à la presse écrite sont supérieures à un milliard d’Euros par an et comptent – suivant les titres – entre 10% et 30% de ses revenus. La presse écrite est sous perfusion constante. La presse nationale perd des lecteurs sur sa partie papier chaque année. Elle gagne des lecteurs sur internet.

Le modèle économique est-il au rendez-vous ? À côté des « pure players » Internet (Médiapart, Atlantico, fdesouche, Rue89 qui vient d’être racheté par le groupe le Nouvel Observateur) la presse écrite de référence gagne des lecteurs sur ses différents sites. Mais sur le plan publicitaire un lecteur internet rapporte DIX FOIS MOINS qu’un lecteur papier. D’où l’apport de nouveaux acteurs économiques, la Banque Lazard pour Le Monde, la banque Rotschild pour Libération.

La presse est-elle de meilleure qualité ? Sur internet et sur internet seulement elle est plus diverse. Le journaliste de la presse nationale doit devenir « bi », écrire pour le papier et pour le site, il a de moins en moins de temps et d’argent pour réfléchir et faire de l’investigation. Ses actionnaires économiques par ailleurs conduisent à une autocensure sur les sujets délicats. La PQR a d’autres contraintes : ses annonceurs de proximité qu’il lui est difficile de critiquer malgré ses 35000 correspondants locaux.

Point d’orgue : l’avenir de Prestaliss, la société qui distribue la presse nationale, n’est pas assuré. Arc-boutés sur leur statut (très protégé et fort privilégié) les salariés de Presstalis font grève sur grève. Le plan social en préparation prévoit 1000 licenciements sur 2000 employés. Un autre point noir pour la presse nationale.

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