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Quand Libé s’acharne sur Dieudonné

28 septembre 2014

Temps de lecture : 3 minutes
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Quand Libé s’acharne sur Dieudonné

Libération va bien, très bien même. Bien qu’en deçà des 100 000 exemplaires diffusés par jour (très en deçà même si l’on tient compte des « ventes aux tiers » SNCF, compagnies aériennes, hôtels etc. qui sont en réalité des opérations promotionnelles gratuites), bien que perdant force picaillons et bientôt une partie de sa rédaction, le quotidien du Marais (le quartier parisien, pas le marais politique, quoique…) distribue bons et mauvais points. Et n’hésite pas à s’attaquer aux puissants.

Quand Libé s’acharne sur Dieudonné

Le livre Inter­dit de Rire, est « imprimé en Ser­bie ». Dia­ble…

Car il en faut de la témérité pour vis­er le Sieur M’bala M’bala, alias Dieudon­né ! Et gare aux impru­dents qui s’aviseraient de pren­dre sa défense. Dans un courageux arti­cle paru le 24 sep­tem­bre, Dominique Alber­ti­ni et Willy Le Devin écrasent d’un coup de talon dis­trait mais sur une page entière « le pétard mouil­lé des avo­cats de Dieudon­né » qui vien­nent de pub­li­er un mémoire en défense con­cer­nant leur client. Décryptage. Dieudon­né n’est plus un humoriste mais un « polémiste » (expres­sion récur­rente du Figaro au Monde). Ses avo­cats défend­ent un « sul­fureux client ». Aus­si sul­fureux que la rédac­tion de Libé qui a plaisam­ment surnom­mé leur nou­veau directeur, Fraiden­raich, « Troisième Reich » ? Le livre Inter­dit de Rire, est « imprimé en Ser­bie ». Dia­ble, Sre­breni­ca n’est pas loin. Et par « les édi­tions suiss­es Xénia », c’est à dire les ban­ques genevois­es, la chas­se aux minarets, les étrangers privés de pain… Mais si Patrick Drahi nou­v­el action­naire de référence de Libéra­tion est rési­dent suisse, c’est évidem­ment pour des raisons morales et il ne saurait être con­fon­du dans l’opprobre. D’ailleurs « le livre aurait été refusé par plusieurs maisons français­es ». L’honneur est sauf, l’édition française a tenu bon. Et puis, c’est un « Suisse d’origine serbe » (dou­ble mar­que d’infamie) Slo­bo­dan Despot « proche des milieux iden­ti­taires » qui a accueil­li le mal chez Xénia, sa mai­son d’édition valaisanne. Pire il fréquente la « tête de gon­do­le en Helvétie » des iden­ti­taires, Oskar Freysinger. Ce dernier est député du pre­mier par­ti suisse l’UDC et égale­ment con­seiller d’État du Valais – équiv­a­lent d’un min­istre – mais vu en lumière ras­ante, il présente une couleur jaune clair évo­quant le soufre. Une nar­ine déli­cate décèle le dan­ger facile­ment.

Lecteur de Libé ras­sure toi, après le brûlot politi­co-sen­ti­men­tal de la belle VT (les ini­tiés com­pren­dront), Inter­dit de Rire n’entraînera pas de « crise de régime » et la « bombe a des allures de pétard mouil­lé ». Ouf, après Duflot, VT, Mon­te­bourg, Théve­noud, les faux diplômes de Cam­ba, les « Sans Dents » et les illet­trées, Hol­lande peut enfin dormir tran­quille, le M’bala n’a pas déposé un engin explosif sous sa couche. De longues arguties compt­a­bles démon­treront que le « cadeau fis­cal » de 200 000 € en faveur du M’Bala n’en est pas un et d’ailleurs rien ne prou­ve que Dieudon­né soit un « con­tribuable exem­plaire ». Rien ne prou­ve non plus que Fer­nand Ray­naud, Ray­mond Devos ou Coluche n’aient pas eu un jour des démêlées avec le fisc, mais ce n’est pas ce que le pub­lic demande à un humoriste. Mais évidem­ment si c’est un « polémiste ».… L’article regrette : « Dieudon­né sans théâtre fixe ? Ce n’est pas pour demain ». Il est vrai qu’au bagne de Cayenne bien­tôt rétabli, il y aurait de la place et un pub­lic choisi. Las, le monde est mal fait et « le livre sem­ble ren­con­tr­er un beau suc­cès » car « entre 12 000 et 15 000 exem­plaires avaient été écoulés en prévente dès dimanche dernier » et l’ouvrage « se clas­sait en deux­ième posi­tion des ventes sur Ama­zon ». Inter­dit de rire.

David de Stefano, Sanjay Mirabeau, Interdit de Rire, Xénia éd.

Crédit pho­to : her­vaud via Flickr (cc)

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