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Quand Libé et la pub mettent les migrants à la place des Français

8 mars 2017

Temps de lecture : 3 minutes
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Quand Libé et la pub mettent les migrants à la place des Français

6 mars 2017, l’Ojim assistait à la conférence de presse conjointe de Libération et de l’agence de publicité Fred&Farid pour « donner la parole aux réfugiés ». Fred&Farid ? C’est l’agence qui en 2011 a défrayé la chronique pour avoir acheté des followers sur son compte Twitter. En 2012 rebelote l’agence achète de faux comptes Facebook pour gonfler la page d’un client. Que du beau monde. L’objet de la conférence et du numéro spécial en préparation selon Laurent Joffrin  : « favoriser l’accueil des migrants », retourner le regard, que les migrants puissent montrer « qu’ils ont beaucoup de choses à apporter à la société française ». Analyse du journal paru le 7 mars 2017.

L’édition spé­ciale tient parole avec en cou­ver­ture « Le Libé des réfugiés » (la con­fu­sion réfugiés/migrants/clandestins est soigneuse­ment et con­stam­ment entretenue). L’éditorial sous dou­ble sig­na­ture annonce la couleur « La France vue par les réfugiés », ceux ci sont en posi­tion de juges et pour­ront dis­tribuer bons et mau­vais points. Remar­quons que cer­tains de ces « réfugiés » sont bien incer­tains. Le sym­pa­thique Hamze « a débar­qué en France par hasard », la jolie Anmar part à Paris à 25 ans « pour étudi­er le ciné­ma, » le fort jeune Guen­nady arrivé en France a l’âge de 8 ans avec sa famille « n’ a jamais tout à fait su pourquoi ils étaient par­tis », le décidé Rooh a quit­té « son pays et sa famille en 2009 » car « il préférait la France » et pour finir Marie-Angélique a quit­té le Rwan­da un pays en paix en 2014. Tous ces jeunes gens sont bien agréables mais la con­di­tion de réfugiés d’une bonne par­tie d’entre eux sem­ble pos­er question.

On est chez nous chez vous

Pour­suiv­ons notre lec­ture avec le papi­er d’Anmar Hijazi sur les meet­ings LR et FN titrant « La France c’est les gens qui sont ici ». Titre ambigu qui pour­rait recou­vrir aus­si bien les posi­tions de Jacques Attali pour lequel la France est un « hôtel » que celle des iden­ti­taires dis­ant « on est chez nous ». L’article est bien écrit, équili­bré et la char­mante Anmar aimerait telle­ment qu’on lui dise qu’elle aus­si elle est chez elle … ce qui se passe lorsqu’un retraité la prend pour une mil­i­tante FN.

Des trois édi­tos de la page 8 le plus enlevé est celui (traduit de l’arabe) de Sohaib décrivant avec humour ses soucis pour avoir porté une cra­vate à Raqqa cap­i­tale de l’Etat islamique. Pourquoi n’est il pas resté en Syrie pour com­bat­tre l’Etat islamique avec l’armée, les kur­des ou une des innom­brables mil­ices ? Au lieu à 20 ans de s’ « imag­in­er un des­tin de politi­cien » . Nul ne le saura sinon qu’il est plus agréable d’étudier à la Sor­bonne que de défendre son pays avec les risques encou­rus. Osons la ques­tion : le fort gen­til Sohaib serait il plus sim­ple­ment un déserteur ?

Hollande sur le gril

Le pom­pon est sans doute la vis­ite… à l’Élysée de trois « journalistes/migrants/réfugiés ». François Hol­lande a‑t-il reçu ne serait ce qu’une fois les habi­tants de Calais envahis dans leur vie quo­ti­di­enne ? Il est vrai qu’il a du temps en ce moment. Mali­cieuse­ment et avec culot les appren­tis jour­nal­istes repren­nent les « ques­tions Libé » : avez vous trahi la gauche ? Rooh va même accuser le Prési­dent : «  le pro­jet de déchéance de nation­al­ité pour les ter­ror­istes bina­tionaux l’a totale­ment dis­suadé de deman­der la nation­al­ité française ». Et l’accusé Hol­lande de se défendre molle­ment, son pro­jet voulait au con­traire pro­téger les bina­tionaux non accusés de ter­ror­isme. Les jeunes invités con­clu­ent « Nous voulons croire qu’il est sincère ». L’accusé Hol­lande est acquit­té au béné­fice du doute.

Au total ce numéro spé­cial marche – volon­taire­ment – à fronts ren­ver­sés. Les Français ne sont plus les seuls à avoir droit à la parole sur leur ter­ri­toire, Prési­dent com­pris. Tous les réfugiés, tous les migrants, tous les clan­des­tins doivent avoir les mêmes droits (à la parole, au vote sans doute demain et bien enten­du aux avan­tages soci­aux sans con­di­tions tout de suite), la même puis­sance sym­bol­ique, la même légitim­ité que les ressor­tis­sants de souche ou de papi­er. La sou­veraineté ? Evac­uée.  L’histoire ? Evac­uée. La cul­ture et la poli­tique ? Réduits aux droits humains.

Cul­ture et His­toire sont dans un bateau, les deux tombent à l’eau. Qu’est ce qui reste? Le marché bien enten­du, il est vrai que nous sommes au quo­ti­di­en du mil­liar­daire fran­co-israélien Patrick Drahi pro­prié­taire de SFR pour lequel les jour­naux devi­en­nent des pro­duits dérivés d’abonnements téléphoniques.

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