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Des apparatchiks au secours de D. François et É. Elias

Le 6 septembre, dans le cadre de la journée nationale de solidarité avec les deux journalistes Didier François et Édouard Elias, enlevés en Syrie en juin dernier, une cérémonie de soutien aux deux journalistes a été présidée par Harlem Désir, au cours de laquelle les portraits des deux journalistes ont été apposés sur la façade du siège du Parti socialiste, rue de Solférino.

Ce soutien est loin d'être convenu puisque Didier François, grand reporter à Europe 1, n'est pas un inconnu pour bon nombre de hiérarques du PS. Proche d'Harlem Désir qu'il fréquente depuis les années 1970, militant à la Ligue communiste révolutionnaire sous le pseudo de « Rocky », Didier François fait partie au début des années 1980 des militants trotskistes qui, avec Julien Dray, adhèrent au PS et participent à la fondation de SOS Racisme. Selon Jean-Louis Bianco, ancien secrétaire général de l’Élysée, c'est même lui qui a inventé le célèbre slogan de l'association : « Touche pas à mon pote ». A partir de 1985, Didier François s'écarte du militantisme pour devenir journaliste au Matin de Paris, puis à Libération avant de rejoindre Europe 1. Mais il reste en contact avec ses anciens « potes » de SOS Racisme comme en témoigne la sénatrice socialiste Laurence Rossignol, ancienne militante de la LCR, qui a participé, elle aussi, à la fondation de l'association : « C'est un ami proche. Nous nous voyions régulièrement. On a tous été très touchés en apprenant son enlèvement ».

La composition du comité de soutien à Didier François (et accessoirement à Édouard Elias...) est, à cet égard, édifiante, rassemblant une série d'apparatchiks socialistes issus de la matrice trotskiste et antiraciste du PS, via SOS Racisme et ses courroies de transmissions comme l'UNEF-ID ou la FIDL :

Présidée par Florence Aubenas, hormis quelques journalistes et grands reporters (assez isolés) et quelques idiots utiles (Hervé Morin...), on retrouve les signatures des ex-ministres Delphine Batho et Marie-Noëlle Lienemann, les députés Pascal Cherki, Yann Galut, Daniel Goldberg ou le maire de Palaiseau Claire Robillard. Tous sont issus du courant de la Gauche socialiste animé par les ex-trotskistes Julien Dray et Jean-Luc Mélenchon, tous deux également signataires.

Y figurent encore l'ensemble des anciens présidents de SOS Racisme Fodé Sylla, Malek Boutih (également député PS), Dominique Sopo et Cindy Léoni (actuelle présidente) accompagnée du directeur général et du secrétaire général de l'association, Étienne Allais et Guillaume Ayne, ou bien encore Nathalie Fortis ex-permanente de la FIDL qui fut mise en cause dans l'affaire Dray mais aussi Carine Seiler, ex-présidente de l'UNEF-ID (1998-2001) et Massira Baradji, président en titre de la FIDL. Bien sûr, les parrains de SOS Racisme, comme l'écrivain Marek Halter ou le financier Pierre Bergé participent à ce comité de soutien.

Enfin, on y retrouve également des proches du premier secrétaire du Parti Socialiste, comme la journaliste Anna Angeli, son ex-compagne, mère de ses deux enfants, Laurence Rossignol, porte parole du parti, Dominique Bouissou (responsable de l'équipe de presse de François Hollande durant la campagne présidentielle), Bernard Pignerol, chargé des relations internationales au cabinet de Bertrand Delanoë à la mairie de Paris et proche conseiller d'Harlem Désir, la secrétaire aux questions internationales du PS Najet Mizouni ou bien encore Asma Guenifi, patronne de « Ni putes, ni soumises ».

Il est bien sûr amusant de constater que la plupart de ces signataires, du fait même de leur appartenance au Parti socialiste, soutiennent une éventuelle participation de la France à une intervention militaire en Syrie… au bénéfice des rebelles syriens, auteurs de l'enlèvement de leur camarade Didier François !

Crédit photo : capture d'écran site otagesensyrie.org

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