Ojim.fr
Veille médias
Dossiers
Portraits
Infographies
Vidéos
Faire un don
Des apparatchiks au secours de D. François et É. Elias

10 septembre 2013

Temps de lecture : 2 minutes
Accueil | Veille médias | Des apparatchiks au secours de D. François et É. Elias

Des apparatchiks au secours de D. François et É. Elias

Le 6 septembre, dans le cadre de la journée nationale de solidarité avec les deux journalistes Didier François et Édouard Elias, enlevés en Syrie en juin dernier, une cérémonie de soutien aux deux journalistes a été présidée par Harlem Désir, au cours de laquelle les portraits des deux journalistes ont été apposés sur la façade du siège du Parti socialiste, rue de Solférino.

Ce sou­tien est loin d’être con­venu puisque Didi­er François, grand reporter à Europe 1, n’est pas un incon­nu pour bon nom­bre de hiérar­ques du PS. Proche d’Harlem Désir qu’il fréquente depuis les années 1970, mil­i­tant à la Ligue com­mu­niste révo­lu­tion­naire sous le pseu­do de « Rocky », Didi­er François fait par­tie au début des années 1980 des mil­i­tants trot­skistes qui, avec Julien Dray, adhèrent au PS et par­ticipent à la fon­da­tion de SOS Racisme. Selon Jean-Louis Bian­co, ancien secré­taire général de l’Élysée, c’est même lui qui a inven­té le célèbre slo­gan de l’as­so­ci­a­tion : « Touche pas à mon pote ». A par­tir de 1985, Didi­er François s’é­carte du mil­i­tan­tisme pour devenir jour­nal­iste au Matin de Paris, puis à Libéra­tion avant de rejoin­dre Europe 1. Mais il reste en con­tact avec ses anciens « potes » de SOS Racisme comme en témoigne la séna­trice social­iste Lau­rence Rossig­nol, anci­enne mil­i­tante de la LCR, qui a par­ticipé, elle aus­si, à la fon­da­tion de l’as­so­ci­a­tion : « C’est un ami proche. Nous nous voyions régulière­ment. On a tous été très touchés en apprenant son enlève­ment ».

La com­po­si­tion du comité de sou­tien à Didi­er François (et acces­soire­ment à Édouard Elias…) est, à cet égard, édi­fi­ante, rassem­blant une série d’ap­pa­ratchiks social­istes issus de la matrice trot­skiste et antiraciste du PS, via SOS Racisme et ses cour­roies de trans­mis­sions comme l’UNEF-ID ou la FIDL :

Présidée par Flo­rence Aube­nas, hormis quelques jour­nal­istes et grands reporters (assez isolés) et quelques idiots utiles (Hervé Morin…), on retrou­ve les sig­na­tures des ex-min­istres Del­phine Batho et Marie-Noëlle Liene­mann, les députés Pas­cal Cher­ki, Yann Galut, Daniel Gold­berg ou le maire de Palaiseau Claire Robil­lard. Tous sont issus du courant de la Gauche social­iste ani­mé par les ex-trot­skistes Julien Dray et Jean-Luc Mélen­chon, tous deux égale­ment sig­nataires.

Y fig­urent encore l’ensem­ble des anciens prési­dents de SOS Racisme Fodé Syl­la, Malek Boutih (égale­ment député PS), Dominique Sopo et Cindy Léoni (actuelle prési­dente) accom­pa­g­née du directeur général et du secré­taire général de l’as­so­ci­a­tion, Éti­enne Allais et Guil­laume Ayne, ou bien encore Nathalie For­tis ex-per­ma­nente de la FIDL qui fut mise en cause dans l’af­faire Dray mais aus­si Carine Seil­er, ex-prési­dente de l’UNEF-ID (1998–2001) et Mas­sira Barad­ji, prési­dent en titre de la FIDL. Bien sûr, les par­rains de SOS Racisme, comme l’écrivain Marek Hal­ter ou le financier Pierre Bergé par­ticipent à ce comité de sou­tien.

Enfin, on y retrou­ve égale­ment des proches du pre­mier secré­taire du Par­ti Social­iste, comme la jour­nal­iste Anna Angeli, son ex-com­pagne, mère de ses deux enfants, Lau­rence Rossig­nol, porte parole du par­ti, Dominique Bouis­sou (respon­s­able de l’équipe de presse de François Hol­lande durant la cam­pagne prési­den­tielle), Bernard Pignerol, chargé des rela­tions inter­na­tionales au cab­i­net de Bertrand Delanoë à la mairie de Paris et proche con­seiller d’Harlem Désir, la secré­taire aux ques­tions inter­na­tionales du PS Najet Mizouni ou bien encore Asma Guenifi, patronne de « Ni putes, ni soumis­es ».

Il est bien sûr amu­sant de con­stater que la plu­part de ces sig­nataires, du fait même de leur appar­te­nance au Par­ti social­iste, sou­ti­en­nent une éventuelle par­tic­i­pa­tion de la France à une inter­ven­tion mil­i­taire en Syrie… au béné­fice des rebelles syriens, auteurs de l’en­lève­ment de leur cama­rade Didi­er François !

Crédit pho­to : cap­ture d’écran site otagesensyrie.org

Sur le même sujet

Related Posts

None found

Les réseaux Soros
et la "société ouverte" :
un dossier exclusif

Tout le monde parle des réseaux de George Soros, cet influent Américain d’origine hongroise qui consacre chaque année un milliard de dollars pour étendre la mondialisation libérale libertaire.

En effet, derrière un discours "philanthropique" se cache une entreprise à l'agenda et aux objectifs politiques bien précis. Mais quelle est l’étendue de ce réseau ?

Pour recevoir notre dossier rejoignez nos donateurs (avec un reçu fiscal de 66% de votre don).

Derniers portraits ajoutés

Abel Mestre

PORTRAIT — Faut-il class­er Abel Mestre dans la caté­gorie jour­nal­iste ? Abel Mestre con­stitue à lui seul un fourre-tout de l’extrême extrême-gauche, allant du stal­in­isme à l’anarchisme en pas­sant par le trot­skisme expéri­men­tal et l’action de rue.

Sophia Aram

PORTRAIT — Issue d’une famille d’o­rig­ine maro­caine, Sophia Aram est née à Ris-Orangis (Essonne) le 29 juin 1973. Sophia Aram s’ini­tie à l’art de l’im­pro­vi­sa­tion dans les étab­lisse­ments sco­laires de Trappes puis au sein de la com­pag­nie « Déclic Théâtre », où elle côtoie Jamel Deb­bouze.

Christophe Ono-dit-Biot

PORTRAIT — Né en jan­vi­er 1975 au Havre, Christophe Ono-dit-Biot a fait Hypokhâgne et Khâgne au lycée Jan­son-de-Sail­ly, à Paris, puis un DEA de Lit­téra­ture com­parée sur les écrivains fin de siè­cle « déca­den­tistes ». Il est agrégé de let­tres mod­ernes (2000).

Ali Baddou

PORTRAIT — Ali Bad­dou n’est pas seule­ment présen­ta­teur-jour­nal­iste et pro­fesseur de philoso­phie poli­tique à Sci­ences-Po. Ce mem­bre de l’hyperclasse mon­di­ale est avant tout au cœur des réseaux de pou­voir maro­cains, français (mit­ter­ran­di­ens et social­istes) et médi­a­tiques.

Johan Hufnagel

PORTRAIT — Bien qu’il n’ait, pour un jour­nal­iste, pas écrit grand chose, Johan Huf­nagel n’en est pas moins par­venu à se hiss­er aux postes clés des médias où il a posé ses valis­es. Il n’y a là rien d’é­ton­nant : son secteur d’ac­tiv­ité n’est ni l’in­ves­ti­ga­tion, ni même la sim­ple rédac­tion, mais le numérique.

"Le partage, c'est le secret du bonheur."

Sylvain Augier, reporter, animateur de radio et de télévision