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Quand Le Monde appelle ouvertement à la violence à propos d’un colloque de l’Institut ILIADE

12 avril 2019

Temps de lecture : 3 minutes
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Quand Le Monde appelle ouvertement à la violence à propos d’un colloque de l’Institut ILIADE

Dans son édition numérique datée du 6 avril 2019, Le Monde publiait un surprenant article, de la plume de Lucie Soullier, régulièrement envoyée en mission sur les terres de ce que le quotidien du soir suppose être l’extrême-droite. Un article intitulé « Marion Maréchal, Génération identitaire et les anciens du GRECE réunis dans un colloque d’extrême-droite ». L’article de Lucie Soullier n’est pas étonnant du fait de son sujet, le marronnier de la méchante extrême-droite qui menacerait sans cesse le pays, que dans la manière de le traiter.

Le sous-titre de cet arti­cle est révéla­teur : « L’ancienne députée du Front nation­al a par­ticipé same­di à Paris au six­ième con­grès annuel de l’Institut Ili­ade ». Un insti­tut pour la longue mémoire européenne qui tenait son six­ième col­loque sur le thème « L’Europe, l’heure des fron­tières ». Lucie Soul­li­er (qui ne cite pas le thème du col­loque dans son titre) s’intéresse avant tout à l’un des nom­breux vis­i­teurs, en la per­son­ne de Mar­i­on Maréchal, laque­lle était là pour sim­ple­ment accom­pa­g­n­er son com­pagnon (ora­teur) , et non comme invitée ou ora­trice, ce que Soul­li­er sig­nale rapi­de­ment.

Un article qui n’a de journalistique que le nom

Lucie Soul­li­er présente son arti­cle comme un reportage, pré­ten­dant s’être ren­due sur place. Elle est peut-être restée attablée à prox­im­ité, à une table de café ou dans la queue (impor­tante) pour ren­tr­er . Con­statant qu’une grande file d’attente s’est for­mée, dans un quarti­er dit-elle pour­tant plein de lieux insti­tu­tion­nels (et alors ?), et sans que rien ne vienne s’y oppos­er (re-et alors ?), elle pré­tend rap­porter des pro­pos con­notés relat­ifs à la forte présence de pop­u­la­tions autres que de souche dans le métro parisien et au grand rem­place­ment. Ce qu’elle indique ressem­ble fort à une con­ver­sa­tion enten­due en rêve, tant elle paraît tomber mer­veilleuse­ment bien pour qui aurait besoin de preuves au sujet de ce matin brun tou­jours bien présent, pense-t-elle :

« Ça a été ton tra­jet ? », s’enquiert la Parisi­enne en rouge auprès de son ami venu de l’Est. Sac sous le bras, il lui répond « ça va, ça va » avec un « mais » très appuyé : « J’avais le choix de m’asseoir entre un Noir et une per­son­ne dirons-nous… mar­ron. » Bras en écharpe et blou­son noir, son voisin enchérit tout aus­si excédé : « Ah moi, je suis venu en taxi avec un bon gros… » Il ne fini­ra pas sa phrase ; tous qua­tre s’accordent sur le terme « guade­loupéen ». La fille en rouge soupire, tout en jugeant que « les Noirs des îles, ça va ».

Anti journalisme

Pro­pos non véri­fiés et non véri­fi­ables, dans Le Monde. Pas une infox, sim­ple­ment une manière d’écrire la réal­ité à par­tir de tranch­es d’information non iden­ti­fi­ables. Rien de jour­nal­is­tique dans cette démarche con­sis­tant à appuy­er un « reportage » sur des rumeurs peut-être enten­dues, peut-être pas… Reste que dans une telle file d’attente, Lucie Souli­er aurait sans aucun doute trou­vé des con­ver­sa­tions très dif­férentes et de ce fait pu ori­en­ter son pré­ten­du reportage dans une tout autre direc­tion. On aurait même pu penser qu’une jour­nal­iste informe ses lecteurs sur les con­tenus (évac­ués en quelques lignes) de ce col­loque sur « L’Europe, l’heure des fron­tières », quelques semaines avant les élec­tions européennes. Mais ce n’est pas l’objectif puisque la suite de l’article est du même ton­neau : approx­i­ma­tions sur les con­cepts, les invi­ta­tions, les visions du monde. L’objectif est ici plutôt de faire pass­er un sen­ti­ment très per­son­nel quant au sujet traité, et par­ti­c­ulière­ment quant à une Mar­i­on Maréchal que Soul­li­er s’évertue sans cesse à ramen­er au RN. L’extrême-droite qui men­ace dans l’ombre est un sen­ti­ment irra­tionnel et qui mérit­erait peut-être d’être analysé sur un divan.

Lucie Soul­li­er décrit stands, livres, ora­teurs… Tout ce qui lui fait peur depuis qu’elle a inté­gré la rédac­tion du Monde, sans doute aucun. Le con­tenu du col­loque lui-même est à peine évo­qué. Une de nos sources, elle-même présente ce 6 avril au col­loque de l’Iliade nous dit ceci : « Il n’y a rien sur le col­loque dans cet arti­cle, que des pro­pos invéri­fi­ables et un appel à peine déguisé aux trou­bles ». Une autre source évoque un arti­cle « para­noïaque ». Il est vrai que le fil rouge de l’article sem­ble vis­er Mar­i­on Maréchal, cauchemar récur­rent de Soul­li­er, et Généra­tion iden­ti­taire qui, pour occu­per paci­fique­ment des locaux ici et là, subit régulière­ment les foudres de la jus­tice et de l’actuel pou­voir qui sem­ble vouloir l’interdire, tout en lais­sant les black-blocs tran­quille.

La fin de l’article ? Lucie Souli­er écrit ceci : « Jean-Yves Le Gal­lou, le grand man­i­tou de la journée, est ravi. Le très iden­ti­taire ancien député européen fron­tiste, ancien du Club de l’horloge et cofon­da­teur de l’institut Ili­ade, a réu­ni sous le même toit la médi­a­tique Mar­i­on Maréchal, les jeunes activistes de Généra­tion iden­ti­taire désor­mais dans le viseur du pou­voir et les penseurs de l’ancienne école du Grece. Sans qu’aucune man­i­fes­ta­tion ne vienne rien trou­bler de sa journée. Une pre­mière bataille cul­turelle dis­crète­ment gag­née, à ciel ouvert, avec vue sur la Tour Eif­fel ». Ain­si, notre source sem­ble avoir rai­son : Lucie Soul­li­er et Le Monde s’inquiètent de l’absence de « trou­bles », autrement dit qu’un col­loque tout à fait légal ne se tienne pas dans les cat­a­combes (« à ciel ouvert ») et ne soit pas vio­lem­ment attaqué. Un appel aux trou­bles peut-être ?

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