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Pour Franceinfo, le vrai du faux consiste à lutter contre le RN

3 juin 2021

Temps de lecture : 3 minutes

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Pour Franceinfo, le vrai du faux consiste à lutter contre le RN

Pour Franceinfo, le vrai du faux consiste à lutter contre le RN

L’émission quotidienne de Franceinfo, « Le vrai du faux », est l’une de ces émissions qui se multiplient comme des petits pains ces dernières années. Des émissions de « vérification » des informations qui prétendent lutter contre les manipulations mais qui font exactement le contraire et imposent un point de vue officiel sur tout ce qui fâche. Un petit tour dans « Le vrai du faux ».

Avec « Le vrai du faux », les ficelles sont sou­vent un peu gross­es mais elles fonc­tion­nent. Il est ain­si fréquent que l’émission se penche sur les pro­pos d’hommes et de femmes poli­tiques. Et quand elle le fait, c’est encore plus sou­vent pour nier la vérac­ité des pro­pos de per­son­nal­ités de droite ou du RN.

Le tour de Jordan Bardella

Le 21 mai 2021, c’était le tour de Jor­dan Bardel­la. Le respon­s­able du Rassem­ble­ment Nation­al avait été invité sur Fran­ce­in­fo la veille et fut inter­rogé sur dif­férents points, dont le retour de Karim Ben­ze­ma en équipe de France de foot­ball. Un « événe­ment » qui dans la hiérar­chie des médias de grand-chemin pas­sait alors devant la sit­u­a­tion san­i­taire dra­ma­tique en Inde. Bardel­la en a prof­ité pour évo­quer le choix de l’hymne de cette équipe plus ou moins de France pour le Cham­pi­onnat d’Europe des Nations. Pour lui, « on a cédé à une par­tie racaille de la France en choi­sis­sant ce type de propos ». 

Youssoupha et “sa semence de nègre”

Que peut avoir à redire « Le vrai du faux » à cette réal­ité ? Ceci : « Selon le numéro 2 du RN, Yous­soupha, le rappeur com­pos­i­teur et inter­prète de l’hymne, « a des paroles extrême­ment vir­u­lentes (…) notam­ment lorsqu’il appelle à des men­aces de mort con­tre Eric Zem­mour, explique le vice-prési­dent du RN, ou « Lorsqu’il dit, « dans ce rêve où ma semence de nègre fout en cloque cette chi­enne de Marine Le Pen. » Ces paroles à l’encontre de la prési­dente du RN exis­tent bien. Toute­fois, la jus­tice n’a rien trou­vé à redire aux paroles qui visaient le chroniqueur Eric Zemmour. »

Fran­ce­in­fo choisit de se cacher der­rière son petit doigt, en l’occurrence la jus­tice. Puisqu’une par­tie des pro­pos du rappeur n’a pas été con­damnée en jus­tice, il n’y a pas de rai­son de les con­damn­er médi­a­tique­ment. C’est pour­tant ce que Fran­ce­in­fo et ses com­pars­es font à longueur de journée con­tre les per­son­nal­ités poli­tiques et médi­a­tiques qui ne pensent pas comme eux.

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Imag­i­nons un instant que ces paroles au sujet de Marine Le Pen aient été pronon­cées à l’encontre de Najat Val­laud-Bel­cacem, légère­ment changées et chan­tées par un blanc se prénom­mant Pierre : « dans ce rêve où ma semence de blanc fout en cloque cette chi­enne de Najat Vallaud-Belcacem. »

Ce serait devenu une affaire d’État, avec prise de parole du prési­dent de la République et du pre­mier min­istre, astreinte en jus­tice, voir dis­so­lu­tion immé­di­ate du groupe de chanteurs par Gérald Darmanin.

Autre argu­ment de Fran­ce­in­fo pour nier la réal­ité des faits rap­portés par Bardel­la ? « La chan­son est vieille de quinze ans ». Et ? Fran­ce­in­fo passe beau­coup de temps, comme ses com­pars­es, à s’en pren­dre à un écrivain tel que Renaud Camus du fait de son essai sur Le Grand Rem­place­ment, juste réédité aux édi­tions de La Nou­velle Librairie. Un texte qui date aus­si. Drôle de critère. En tout cas, l’émission veut mon­tr­er que ce qui est dit par Bardel­la n’est pas exact, elle le fait tout en faisant écouter la chan­son qui…dit exacte­ment les pro­pos dénon­cés. Ubuesque. Où est le « faux » dans ce vrai ?

Zemmour, un billet sur sa tête ? Circulez, il n’y a rien à voir !

L’argument suiv­ant con­cerne Eric Zem­mour. La cible récur­rente des médias de grand-chemin qui, con­traire­ment à tous les rappeurs de l’univers, ne devraient pas néces­saire­ment, de leur point de vue, avoir droit à la lib­erté (totale) d’expression.

Le rappeur Yous­soupha est aus­si l’auteur d’une chan­son « dans laque­lle il s’en prend à Eric Zem­mour ». Comme cela ne date pas de quinze ans, il con­vient de trou­ver un nou­v­el argu­ment pour que le vrai, les paroles de cette chan­son, devi­en­nent le faux, accréditer le fait que ces paroles soient normales.

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Les paroles ? « A force de juger nos gueules les gens le savent qu’à la télé sou­vent les chroniqueurs dia­bolisent les ban­lieusards. Chaque fois que ça pète on dit que c’est nous… J’mets un bil­let sur la tête de celui qui fera taire ce con d’Eric Zem­mour ».

Out­re le côté « artis­tique » dis­cutable de ce « poème », le fait de traiter un con­frère de « con » publique­ment pour­rait faire tiquer les jour­nal­istes de Fran­ce­in­fo. Ce n’est pas le cas. De même, l’expression « Je mets un bil­let sur la tête de celui qui fera taire » Zem­mour se com­prend sim­ple­ment : « je récom­penserai finan­cière­ment celui qui lui cassera la tronche ou même le tuera ». Quiconque lit ou entend ces paroles ne peut com­pren­dre que cela. Quiconque ?

Pas les jour­nal­istes de Fran­ce­in­fo. Pour eux, il n’y a pas de prob­lème puisqu’après avoir gag­né un pre­mier procès, Zem­mour a été débouté par la Cour d’Appel de Paris. Les deux jour­nal­istes de Fran­ce­in­fo con­clu­ent au son de fer­mez le ban en insis­tant sur le fait que, selon eux, il n’est « évidem­ment » pas pos­si­ble de con­sid­ér­er que ces paroles étaient un appel au meurtre.

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