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Pour Franceinfo : le « nous sommes en guerre » est une bonne nouvelle

4 mars 2021

Temps de lecture : 3 minutes

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Pour Franceinfo : le « nous sommes en guerre » est une bonne nouvelle

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Pour Franceinfo : le « nous sommes en guerre » est une bonne nouvelle

4 mars 2021

Vendredi 26 février 2020, Franceinfo proposait son rendez-vous matinal quotidien consacré à la situation économique en général : « le décryptage éco ». Ce jour-là, l’ambiance était guillerette dans le studio puisqu’il s’agissait de démontrer que la baisse de la natalité française annoncerait des lendemains migratoires qui chantent.

Moins de natalité

L’émission du 26 févri­er, présen­tée par Emmanuel Cugny, por­tait sur le thème suiv­ant : « La natal­ité française a chuté en jan­vi­er ». L’idée ?

« Cer­tains imag­i­naient que le con­fine­ment pour­rait avoir un impact posi­tif sur les nais­sances avec des cou­ples aug­men­tant la fréquence de leurs rap­ports. Non, le baby-boom post-con­fine­ment que cer­tains attendaient na pas eu lieu. LInsee note que les 53 900 bébés nés en jan­vi­er ont bien été conçus pen­dant le pre­mier con­fine­ment instau­ré à la mi-mars 2020, mais le principe de réal­ité a pris le dessus : le con­texte de crise san­i­taire et de forte incer­ti­tude a vis­i­ble­ment découragé les cou­ples de pro­créer… à moins que les pro­jets de parental­ité ne soient reportés. »

Pas de quoi s’inquiéter quant à la façon, pour Fran­ce­in­fo, de con­stater l’inexistence de la France, a pri­ori. Et pour­tant. Le fait est que « La natal­ité en France est en baisse con­stante depuis six ans, mais la chute observée le mois dernier est sans com­mune mesure avec les replis qui ont été observés dans le passé. Il faut remon­ter à la fin du baby-boom en 1975 pour observ­er un phénomène dune telle ampleur. Et si on regarde lensem­ble de 2020 : avec 740 000 bébés qui ont vu le jour, le nom­bre de nais­sances en France a atteint son plus bas depuis la fin de la guerre en 1945. »

De quoi effray­er une majorité d’auditeurs, d’autant que la radio financée par les fonds publics revendique régulière­ment son statut de pre­mière radio d’information en con­tin­ue, en audi­ence, sans jamais pré­cis­er que, puisqu’elle dis­pose des moyens de l’Etat, ses émis­sions sont les seules à être dif­fusées aisé­ment sur tous les points du ter­ri­toire français. Donc, aus­si des audi­teurs peut-être effrayés à l’idée que la natal­ité soit à ce point en chute libre, que les ana­lystes se soient encore trompés (ils prévoy­aient un baby-boom lié au con­fine­ment), et, surtout, que jamais depuis 1945 ce taux de natal­ité n’a été aus­si bas, depuis la guerre. Il est vrai que depuis le print­emps 2020, « nous sommes en guerre », le chef de l’État l’ayant répété à six repris­es lors de l’allocution annonçant le pre­mier confinement.

En filigrane, nous n’aurons pas le choix : l’immigration est nécessaire

Pour­tant, ce n’est pas cela qui devrait inquiéter les audi­teurs, surtout s’ils sont férus d’histoire con­tem­po­raine et qu’ils font le lien avec la suite de l’émission, une suite que nous allons évo­quer. Mais d’abord : quelle est la véri­ta­ble inquié­tude sous-jacente à une telle infor­ma­tion ? La répéti­tion prob­a­ble d’un phénomène : si la France con­naît une telle chute de son taux de natal­ité, chute digne des lende­mains de la pire des guer­res que l’humanité a con­nue, alors ce que tous les enfants de France appren­nent à l’école devra bien avoir lieu une fois de plus. Il fau­dra sauver, relever le pays. Trou­ver des forces vives, des forces aux­quelles la France ne donne pas nais­sance. Où ses forces vives se trou­vent-elles ? En Afrique, sans doute. Et en sus, ce sera de nou­veau « une bonne action » du « camp du Bien ». Fran­ce­in­fo ne fait rien de moins que pré­par­er les con­sciences aux futures vagues migra­toires mas­sives que con­naitront la France et le con­ti­nent européen dans les années qui viennent.

« Pas le choix »

D’autant que, d’après Fran­ce­in­fo, nous n’aurons pas le choix, même si l’émission n’évoque évidem­ment pas directe­ment le sujet de l’immigration, sinon au détour d’une phrase rapi­de. Nous n’aurons pas le choix car sinon : les retraites ne seront plus financées, le PIB sera plus faible, entraî­nant une chute de la con­som­ma­tion, de la pro­duc­tion et donc de la crois­sance économique. Un cer­cle vicieux con­duisant à une baisse du niveau de vie. C’est l’analyse pro­posée par Emmanuel Cugny, lequel n’évoque à aucun moment la fais­abil­ité d’une poli­tique famil­iale volon­tariste remé­di­ant à cette problématique.

Au bout du compte ? Aucun gou­verne­ment ne peut faire face, ni à l’échelle de la France ni à l’échelle de l’Union Européenne. C’est ce que la voix de son Maître, Fran­ce­in­fo, instille tran­quille­ment dans notre temps de cerveau disponible.

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