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Cyrille Eldin

Le trublion forcément « décalé »

Né au Chesnay, près de Versailles, en mai 1973, Cyrille Eldin est un acteur et animateur français. Il accède à la célébrité en 2016, lorsqu’il remplace Yann Barthès à la tête du « Petit Journal » sur Canal Plus. L’accueil par les téléspectateurs est plus que froid : des milliers de fans se désabonnent de la page Facebook lorsque sa photo remplace celle de Yann Barthès.

Père de deux enfants, Cyrille Eldin est d’origine corse via ses grands-par­ents mater­nels et espag­nole par sa mère.

Formation

Il n’a pas le bac. Devenu ani­ma­teur au Club Med, puis comé­di­en mon­té à Paris, il a démar­ré par la pub puis par le théâtre. Il a suivi entre 1997 et 1999 le Cours Jean-Lau­rent Cochet et de 1995 à 1996 le Cours Flo­rent.

Parcours professionnel

Il a d’abord été gérant non salarié des sociétés de son père, notam­ment d’un club de ten­nis à Rueil-Mal­mai­son, puis après leur fail­lite en 1997, GO au club Med et enfin comé­di­en. Il appa­raît sur Canal Plus en 2004 dans l’émission « 20h10 pétantes », où il par­o­die Stéphane Bern. Dès 2009, il présente la chronique « Info­man » sur la mati­nale de Canal +. A par­tir de sep­tem­bre 2010, il est chroniqueur dans « tout le monde il est beau, tout le monde il est gen­til », présen­té par Bruce Tou­s­saint. En sep­tem­bre 2012, il rejoint le « Sup­plé­ment », tou­jours sur Canal +, puis entre au « Petit Jour­nal » en 2014, où il fait un entre­tien « décalé » avec une per­son­nal­ité poli­tique, pen­dant cinq min­utes. Il fait par­tie des chroniqueurs du « Grand Jour­nal » de Canal + en 2015.

Par­al­lèle­ment il appa­raît dans de nom­breux télé­films, essen­tielle­ment policiers (Sèvres-Baby­lone police départe­ment en 2001, Com­mis­saire Valence en 2005, Paris enquêtes crim­inelles et P.J en 2007, Alice Nev­ers, le juge est une femme en 2011…). En 2011, tou­jours, il joue le rôle d’Édouard Bal­ladur dans le télé­film Mort d’un prési­dent, con­sacré aux derniers jours du prési­dent Pom­pi­dou. Il joue aus­si dans des pièces de théâtre entre 1999 et 2015. Pour com­pléter ses revenus, il fait de la pub, notam­ment chez Salakis de 2007 à 2012, sur le site Oscaro.com dès 2012 et est la voix des pub­lic­ités de Vin­ci Autoroutes.

Parcours militant

Il n’a jamais été encar­té dans aucun par­ti, ni tit­u­laire d’une carte de presse. Mais il recon­naît avoir tou­jours voté à gauche, même s’il a été ten­té par un vote pour Sarkozy en 2012, avant de chang­er d’avis à cause de la tour­nure droitière de la cam­pagne. Sa femme est en revanche une éco­lo qui s’assume.

Collaborations

  • 2009–2012 : « L’Infoman », chronique quo­ti­di­enne dans « La Mati­nale » de Canal+
  • 2010–2011 : chronique heb­do­madaire dans « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gen­til »
  • été 2011 : présen­ta­teur de « Tout le monde il est beau, tout le monde il est bronzé » de Canal+
  • 2012–2015 : « Eldin Reporter», chronique heb­do­madaire dans l’émission « Le Sup­plé­ment » de Canal+
  • 2014–2015 : «Face à Eldin », chronique dans « Le Petit Jour­nal » de Canal+
  • À par­tir de sep­tem­bre 2015 : Chronique poli­tique du « Grand jour­nal » (Canal +)
  • Ren­trée 2016 : présen­ta­teur du « Petit Jour­nal » (Canal +)

Publications

  • Remanie-moi, recueil de por­traits d’hommes poli­tiques, 2014, 220 pages, édi­tions de l’Aube
  • Macho Politi­co, doc­u­men­taire sur le sex­isme en poli­tique, réal­isé par Stéphane Char­bit, dif­fusé pour la pre­mière fois le 20 jan­vi­er 2016 sur Canal+

Ce qu’il gagne

Non ren­seigné. Cepen­dant le salaire de Yann Barthès pour la présen­ta­tion du Petit Jour­nal était estimé à 30 000 € par mois.

Sa nébuleuse

  • Lau­rent Bon, pro­duc­teur du « Petit Jour­nal » et du « Sup­plé­ment », jusqu’en été 2016.
  • Yann Barthès, son prédécesseur au « Petit Jour­nal ».
  • Bruce Tou­s­saint, présen­ta­teur de « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gen­til », en 2010–2011.
  • Vin­cent Bol­loré, qui souhaitait depuis longtemps qu’il ait une émis­sion et lui a pro­posé d’être présen­ta­teur du « Petit Jour­nal » dès le départ de Yann Barthès.

Il l’a dit

« Au-delà du par­adis que l’on con­naît tous, il y a quelque chose de génial qui me séduit pro­fondé­ment chez le peu­ple corse. Ils savent vivre l’instant. A Paris, les gens sont fausse­ment non­cha­lants et stressés. Ici, la non­cha­lance est un art de vie qui, con­traire­ment aux préjugés, se marie par­faite­ment à une activ­ité débor­dante. Ils par­lent peu par­fois et je trou­ve que ça incite à leur faire d’autant plus con­fi­ance. A Paris je suis matéri­al­iste, j’aime les gad­gets inutiles… Ici je m’intéresse aux gens, à la nature… C’est bien plus reposant ! », l’Arbre à Pal­abres, 30 juil­let 2010.

« Je suis tou­jours comé­di­en, même si je joue au jour­nal­iste à la télévi­sion. J’ai fait des petits rôles au ciné­ma et à la télévi­sion, de la pub­lic­ité, plus de dix ans de théâtre », Le Mauricien, 10 août 2014

« Tout ce que je fais, je ne le prévois pas. Je n’ai pas spé­ciale­ment de l’ambition. Je n’avais pas celle d’interviewer les poli­tiques non plus au départ. J’ai fait du théâtre, du ciné­ma et de la télévi­sion dans de petits rôles et j’ai été lancé par une pub­lic­ité télévisée. Elle devait lancer une banque hol­landaise en France et était réal­isée par Éti­enne Chatil­liez, réal­isa­teur, entre autres, de La vie est un long fleuve tran­quille, Tatie Danielle et Le bon­heur est dans le pré. Il fait un cast­ing de plus d’un mois et a vu 900 per­son­nes pour un rôle. J’étais déjà con­tent d’avoir été retenu pour le cast­ing. Imag­ine ce que j’ai ressen­ti quand j’ai été choisi pour le rôle », ibid.

« Je ne savais pas très bien ce que je voulais faire. J’étais dans la merde. J’avais un père qui en mourant m’avait lais­sé beau­coup de dettes parce que sur le papi­er j’étais gérant de ses entre­pris­es. En fait, je suis allé au Club Med pour être nour­ri et logé, et j’avais peur qu’on me prenne le peu d’argent que je gag­nais. Je n’avais pas de diplôme. J’étais gérant non salarié d’un père insou­ciant. J’avais envie d’être comé­di­en depuis tou­jours, lui ne voulait pas. Je me suis lais­sé porter par les choses. J’ai une devise dans la vie qui me porte chance et me per­met de sur­mon­ter beau­coup de choses sans me pren­dre au sérieux. C’est “j’écris pas ma vie, je regarde ce qu’elle m’écrit”. Je n’ai pas une idée de ce que je veux », ibid.

« Le principe est d’emmerder les puis­sants, de leur faire tomber de leur piédestal. Mais en même temps, il faut le faire avec un cer­tain équili­bre. Car il ne faut pas être prévis­i­ble. Je ne dois pas être le clown de ser­vice qui fait rire en étant sym­pa. Je dois être un tout petit peu décalé, pour sur­pren­dre, sus­citer une réac­tion », ibid.

« Aujourd’hui les poli­tiques ne sont plus crédi­bles, ils se foutent de la gueule des gens ouverte­ment. Ils s’asseyent vis-à-vis de quelqu’un, lui dis­ent que c’est lui et lui seul qui compte, et aus­sitôt qu’un autre se présente ils lui dis­ent la même chose. Quand on prend un peu de recul pour regarder la poli­tique française, il y a de quoi péter un plomb », ibid.

« Au départ j’étais ter­ror­isé par les jour­nal­istes experts qui avaient un avis sur tout, alors que moi je n’avais d’avis sur rien. Puis, j’ai com­pris que comme les son­deurs, les experts pou­vaient se tromper, comme moi. À la dernière prési­den­tielle, les experts avaient expliqué que Hol­lande gag­n­erait par 55% et il n’a gag­né que par un peu plus de 51%. Le fait de s’être trompé n’a pas dérangé les son­deurs experts. Plus ils se trompent plus ils sont experts. Avec les jour­nal­istes ça s’est très mal passé au début, mais le culot, le mien, a fini par l’emporter », ibid.

« J’ai une alerte remaniement sur mon télé­phone, je vous dépose ? Vous habitez dans quel quarti­er ? », lancé à Jean-Marc Ayrault au salon de l’Agriculture, en mars 2014.

« Je suis curieux de ce qui se passe dans l’actualité. Je ne me demande pas si je suis jour­nal­iste ou comé­di­en, ou s’il y a un mélange des gen­res. Je tends mon micro à des poli­tiques, je leur pose des ques­tions et le mieux est d’être un min­i­mum infor­mé », L’Instant M, France Inter, 22 avril 2015

« Je ne suis pas là pour régler les prob­lèmes, je suis là pour con­stater les choses, pour leur mon­tr­er [aux hommes poli­tiques, NDLR] qu’on n’est pas dupe de leurs dis­cours. Certes, ça les décrédi­bilise, mais en même temps, c’est bien de soutenir un petit peu la dimen­sion humaine pour se dire qu’il y a un équili­bre », ibid.

« Yann Barthès a tou­jours eu du style, de la finesse, de l’humour mais ça pou­vait devenir avec le temps un poil moral­isa­teur […] On était, dans Le Petit Jour­nal, dans quelque chose où l’on pou­vait stig­ma­tis­er, tourn­er en ridicule les uns, tenir à dis­tance les autres. Mais si on veut être plus proche des gens, il faut écouter davan­tage tout le monde, les mil­i­tants du Front de gauche, du Front nation­al (FN), essay­er de com­pren­dre…[…] Mon truc, c’est le ter­rain plutôt que de recevoir les gens depuis un fau­teuil dans une sit­u­a­tion con­fort­able. Je cherche quelque chose d’un peu plus vrai, d’un peu plus trans­par­ent. Qui tourne un peu moins autour du mon­tage », entre­tien au Monde, 5 sep­tem­bre 2016

On l’a dit à son sujet

Il est « le poil à grat­ter le plus culot­té du PAF », selon la direc­tion du groupe Canal Plus (fin août 2016).

«  ”L’emmerdeur des poli­tiques” trou­ve son style avec une chronique dans « La Mati­nale » en 2009. Il explose par la suite avec “Eldin Reporter”, pastille inso­lente du “Sup­plé­ment”. Bol­loré souhaitait qu’il ait sa pro­pre émis­sion. C’est fait », Le Monde, 26 août 2016.

« Le pré­ten­du trublion Cyrille Eldin ne brille pas vrai­ment par son imper­ti­nence, dans la pastille Eldin rap­por­teur dif­fusée cette sai­son dans le cat­a­strophique “Grand jour­nal” de Maïte­na Biraben. Accueil­li à bras ouverts par beau­coup de poli­tiques, Eldin voue toute son inso­lence à les ren­dre sym­pa­thiques, englué dans une con­nivence irri­tante. Plus clown en quête de petites phras­es qu’intervieweur acharné. Plus gaz hila­rant (et encore…) que poil à grat­ter » Téléra­ma, 17 juin 2016.

« Tu attends quelqu’un pour pou­voir l’interroger sur le fond, lui débar­que de nulle part, pose une ques­tion absurde et bousille ton tra­vail », une salariée d’une radio nationale citée par Téléra­ma, 26 octo­bre 2015.

« Pour les poli­tiques qui ont un peu de repar­tie, crois­er Cyrille ­Eldin est un moment de détente asso­cié à une oppor­tu­nité de com­mu­ni­quer pos­i­tive­ment », selon un respon­s­able des rela­tions presse d’un min­istre en exer­ci­ce, op. cit.

« Dans “Le Sup­plé­ment ou “Le Petit Jour­nal, Cyrille Eldin fait trem­bler les poli­tiques avec son indé­ni­able culot, ses ques­tions inat­ten­dues et ses vannes impa­ra­bles. Il est à la fois leur bête noire et leur meilleur ami. Bête noire, car il n’hésite pas à met­tre les pieds dans le plat avec ses ques­tions. Meilleur ami, car à son micro et devant les caméras, les hommes poli­tiques peu­vent mon­tr­er un tout autre vis­age », Le Figaro, 22 avril 2015

« Chaque époque a son fou du roi, chargé de moquer ceux qui nous gou­ver­nent, tout en sachant ne pas aller trop loin dans la satire. Le bouf­fon du moment s’appelle Cyrille Eldin. Ce comé­di­en de 41 ans est désor­mais un per­son­nage à part entière du micro­cosme. Tous les acteurs poli­tiques du pays, de droite ou de gauche, jouent au chat et à la souris avec ce faux can­dide », L’Opinion, 15 févri­er 2015.

« Sa dra­maturgie à lui repose sur le choc entre deux mon­des, celui de l’absurde et celui du pou­voir. Un choc qui tourne tou­jours à l’avantage du pre­mier. « Il cherche tou­jours la raideur chez l’homme poli­tique, observe un pro­fes­sion­nel de la com­mu­ni­ca­tion. Il la cherche et s’en nour­rit. » « Son rôle, c’est de créer des échanges, des inci­dents », résume Lau­rent Bon, pro­duc­teur du “Petit Jour­nal” et du “Sup­plé­ment”, qui l’a poussé dans cette veine. », ibid.

«  Je l’adore, il est drôle et joyeux. En plus, il danse et il chante bien, et il aime bien picol­er. Mais il devrait être inter­dit de déplace­ment min­istériel.  Quand j’étais min­istre de la For­ma­tion pro­fes­sion­nelle, j’avais vis­ité un ate­lier chez Lenôtre. Il s’était mis du choco­lat partout et se bal­adait à côté de moi. Ce n’est pas nor­mal. C’est comme si moi, j’allais voir le patron de Canal + dans son bureau, et me foutais de lui. Très sou­vent, je l’ai mis dehors. Ce sont des gens qui ne devraient pas être là », Nadine Mora­no au sujet de Cyrille Eldin, ibid.

« Cyrille est un clown : exubérant, vol­canique, épuisant, heureux et dés­espéré. Je suis souf­flée par ce qu’il ose faire. Met­tez quelqu’un d’autre à sa place, ça paraî­trait déplacé, méchant, mal élevé. Avec lui, ça passe. Tou­jours », Maïte­na Biraben à son sujet, Le Nou­v­el Obs, 5 décem­bre 2014

« Il con­tin­ue de mon­ter sur les planch­es et n’a pas de carte de presse », Les Inrocks, 11 mai 2014

Ce portrait a été financé par les donateurs de l’OJIM

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