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Ouverture du procès de Julian Assange

2 mars 2020

Temps de lecture : 2 minutes

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Ouverture du procès de Julian Assange

Ouverture du procès de Julian Assange

Enfermé dans une prison londonienne depuis son arrestation en avril 2019, Julian Assange était placé depuis de longs mois en isolement et privé de tout contact extérieur, sans lumière et avec peu de soins médicaux, aggravant ainsi son état de santé déjà particulièrement fragilisé par sept années d’enfermement au sein de l’ambassade d’Équateur à Londres.

Désor­mais sor­ti de son con­fine­ment, le fon­da­teur de Wik­ileaks est devant le tri­bunal depuis le lun­di 24 févri­er 2020 afin de se défendre con­tre une demande d’extradition aux États-Unis, où il risque jusqu’à 175 ans de détention.

La liberté d’informer mobilise les organisations

La sit­u­a­tion par­ti­c­ulière­ment inquié­tante de Julian Assange a entraîné une grande vague de mobil­i­sa­tion en sa faveur par des organ­i­sa­tions impor­tantes du monde journalistique.

Dès le début du mois de décem­bre 2019, un appel de jour­nal­istes du monde entier que nous avions relayé avait émergé avec le mot d’ordre #Jour­nal­istsS­peakUp­ForAs­sange. Plus de 1300 jour­nal­istes d’une cen­taine de pays ont ain­si lancé une péti­tion et dif­fusé une vidéo de sou­tien à partager au maximum.

De son côté, Reporters sans fron­tières a égale­ment organ­isé une péti­tion con­tre l’extradition d’Assange qui a dépassé son objec­tif de 50 000 sig­na­tures. Cette péti­tion qui vise à soutenir la lib­erté d’expression s’indigne du traite­ment réservé au lanceur d’alerte, assim­ilé à de la tor­ture par un expert de l’ONU, et met égale­ment en avant que « la con­tri­bu­tion d’Assange au jour­nal­isme est indispensable ».

En France le Syn­di­cat Nation­al des Jour­nal­istes a rédigé un com­mu­niqué appelant à la mobil­i­sa­tion des médias français pour « faire toute l’information néces­saire sur le procès », dénonçant au pas­sage le « silence gênant qui élude cette actu­al­ité en France ».

Cette affaire souf­fre d’une étrange retenue de la part d’une par­tie de la classe médi­a­tique française qui sem­ble vis­i­ble­ment gênée par la per­son­nal­ité inclass­able de Julian Assange.

Sou­vent présen­té comme un « activiste » dont la qual­ité de jour­nal­iste se trou­ve ain­si régulière­ment con­testée, Assange s’est vu récem­ment qual­i­fié de « héros trou­ble » par Ouest-France ou encore d’« icône con­tro­ver­sée » par Le Monde.

Bien que le lanceur d’alerte aus­tralien soit soutenu par de nom­breux jour­nal­istes soucieux de la lib­erté d’informer, les médias de grand chemin n’ont de cesse de le présen­ter comme un per­son­nage ambigu, revenant régulière­ment sur son impli­ca­tion dans la défaite d’Hillary Clin­ton aux élec­tions prési­den­tielles améri­caines de 2016 et insis­tant sur sa col­lab­o­ra­tion passée avec Rus­sia Today.

Un procès volontairement dissimulé aux médias ?

Depuis lun­di 24 févri­er s’est donc ouvert le procès de Julian Assange au sein d’un tri­bunal dépen­dant de la prison de Bel­marsh, l’établissement de haute sécu­rité au sein duquel ce dernier est détenu. Situé dans un quarti­er isolé au sud de la cap­i­tale bri­tan­nique, ce tri­bunal est doté de salles exiguës, lim­i­tant ain­si très forte­ment la présence du pub­lic et des médias.

Par ailleurs, même si une salle de visio­con­férence a été ouverte afin de suiv­re les débats, la taille de celle-ci et la piètre qual­ité tech­nique de la retrans­mis­sion ne per­me­t­tent pas aux jour­nal­istes présents de suiv­re l’audience cor­recte­ment, empêchant ain­si de faire cir­culer les infor­ma­tions sur ce procès pour­tant hors-normes.

Au final, les débats con­cer­nant la procé­dure d’extradition doivent dur­er qua­tre mois. La pre­mière par­tie devait se tenir jusqu’au ven­dre­di 28 févri­er mais s’est finale­ment achevée avec un jour d’avance sur le cal­en­dri­er prévu et repren­dra pour trois semaines à compter du 18 mai, avant que la déci­sion ne soit ren­due dans le courant du mois de juin 2020.

D’ici là, la mobil­i­sa­tion ne devrait pas faib­lir pour que ce procès exem­plaire à forte con­no­ta­tion poli­tique ne soit pas celui de la lib­erté d’expression dans son ensemble.

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