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OSINT, le journalisme de renseignement

2 octobre 2022

Temps de lecture : 3 minutes
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OSINT, le journalisme de renseignement

2 octobre 2022

Temps de lecture : 3 minutes

Il y a le journalisme de paresse (qui recopie l’AFP), le journalisme de complaisance (qui renvoie l’ascenseur), le journalisme de censure (qui surveille le politiquement incorrect), il y a maintenant le journalisme des services de renseignement, sujet de notre dernière brochure numérique dont nous vous livrons un large extrait.

OSINT ? Qu’y a‑t-il derrière ?

Cinq let­tres d’un acronyme anglo-sax­on que peu con­nais­sent mais qui nous con­cer­nent tous. OSINT, pour Open Source Intel­li­gence, Ren­seigne­ment en sources ouvertes. En français, on par­le aus­si de ROSO, pour Ren­seigne­ment d’origine source ouverte. Son util­i­sa­tion ne date pas d’hier mais elle a été décu­plée par l’arrivée d’internet, des réseaux soci­aux et la numéri­sa­tion de l’information. L’OSINT doit sa pop­u­lar­ité au con­flit rus­so-ukrainien déclenché en févri­er 2022, date à laque­lle il est devenu une pra­tique de tous les instants, sys­té­ma­tique et per­ma­nente. Son champ d’application est large et ses out­ils ont des impli­ca­tions dans tous les domaines des activ­ités humaines. Pour faire court : il con­siste en la récolte et en l’exploitation de toutes les infor­ma­tions non-clas­si­fiées, dit vul­gaire­ment de tout ce qui n’est pas secret.

Le rapport à l’information transformé

D’aucuns le vendent comme la pos­si­bil­ité pour tous de « devenir un espi­on », les « détec­tives Twit­ter » se mul­ti­plient et les canaux Telegram foi­son­nent, les rédac­tions des grands jour­naux y con­sacrent des équipes entières, les entre­pris­es s’en ser­vent dans la con­duite de leurs affaires, la jus­tice y voit un vivi­er d’éléments de preuves, les ser­vices de ren­seigne­ment met­tent le paquet dans ce domaine et ont des liens à peine voilés avec des sites de jour­nal­isme d’investigation spé­cial­isés dans l’OSINT. Le ren­seigne­ment en sources ouvertes inonde notre quo­ti­di­en. Sa présence est mas­sive et inter­roge des sujets fon­da­men­taux : la nature du jour­nal­isme, la pro­tec­tion de la vie privée dans une société de sur­veil­lance numérique, ain­si que la fia­bil­ité d’une infor­ma­tion et les manip­u­la­tions dont cette dernière peut faire l’objet. Plongée dans une notion qui n’en a pas fini de pro­fondé­ment révo­lu­tion­ner notre rap­port à l’information.

Les origines de l’OSINT

Il est d’usage de dater les débuts offi­ciels de l’OSINT à la Sec­onde guerre mon­di­ale. À la veille du con­flit, les Anglais s’organisent et créent une divi­sion au sein de la BBC chargée de suiv­re les con­tenus médi­a­tiques étrangers et d’en pro­duire des rap­ports. La BBC Mon­i­tor­ing naît le 26 août 1939. Elle existe tou­jours et dis­pose de bureaux dans des villes-clés telles que Kiev, Tbilis­si, Jerusalem, Ramal­lah ou encore Istan­bul et Le Caire, tout en sachant qu’elle suit des médias d’environ 150 pays dans une cen­taine de langues.

Le 26 févri­er 1941, Wash­ing­ton en fera autant en lançant le Ser­vice d’information des dif­fu­sions étrangères (FBIS — For­eign Broad­cast Infor­ma­tion Ser­vice), placé d’abord sous la houlette de la Com­mis­sion fédérale des com­mu­ni­ca­tions (FCC — Fed­er­al Com­mu­ni­ca­tions Com­mis­sion) puis sous la CIA après sa créa­tion en 1947. Le FBIS a dis­paru en 2005 pour devenir le Cen­tre des sources ouvertes (OSC — Open Source Cen­ter), une nou­velle struc­ture dont les jalons ont été posés au sein de la com­mu­nauté du ren­seigne­ment améri­cain dans le cadre des travaux de la Com­mis­sion Aspin-Brown en 1996, de la Com­mis­sion 9/11 en 2004 et de la Com­mis­sion Irak en 2005.

L’exemple le plus cité pour évo­quer l’OSINT à ses débuts est celui des Améri­cains dans les  années quar­ante, se ren­seignant sur le prix des oranges à Paris après un raid aérien sur un pont. Si ce prix mon­tait brusque­ment, cela voulait fort prob­a­ble­ment dire que le bom­barde­ment d’un pont fer­rovi­aire avait réus­si. Un temps bien révolu !

L’OSINT, un nouveau paradigme problématique

OSINT, le journalisme de renseignementAujourd’hui tous les ser­vices de ren­seigne­ments civils et mil­i­taires dis­posent de divi­sions OSINT, et l’on con­sid­ère que 80 à 90 % des ren­seigne­ments traités par les pro­fes­sion­nels du ren­seigne­ment provi­en­nent de sources ouvertes. Les évo­lu­tions tech­nologiques ont débouché sur un nou­veau par­a­digme du ren­seigne­ment : le citoyen lamb­da a poten­tielle­ment à sa dis­po­si­tion « une quan­tité faramineuse de don­nées et une manne d’informations presque sans limites ». (…)

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