Ojim.fr
Veille médias
Dossiers
Portraits
Infographies
Vidéos
Faire un don
Olivier Le Cour Grandmaison : symbole d’une dérive médiatique islamo-gauchiste

6 novembre 2019

Temps de lecture : 5 minutes
Accueil | Veille médias | Olivier Le Cour Grandmaison : symbole d’une dérive médiatique islamo-gauchiste

Olivier Le Cour Grandmaison : symbole d’une dérive médiatique islamo-gauchiste

6 novembre 2019

Temps de lecture : 5 minutes

Ce contenu est gratuit. L’Ojim vous informe sur ceux qui vous informent. Son indépendance repose sur les dons de ses lecteurs. Nous avons besoin de 10.000 € pour boucler la fin de l’année. Après déduction fiscale, un don de 50 € revient à 17 €.

Le statut d’«expert » est fort enviable. Invité sur les ondes et dans la presse écrite, consulté, convoité, cajolé l’expert (ou supposé tel) voit sa réputation auto-entretenue. Même si celle-ci est créée de toutes pièces, confortée par une camarilla de copains, tous sur la même longueur d’ondes. Exemple avec un « expert » qui porte un très beau nom Olivier Le Cour Grandmaison, ci-devant réputé spécialiste en islamophobie.

Mortels ennemis

Se voy­ant régulière­ment ouvrir les colonnes de la presse de gauche et d’extrême-gauche, qu’il s’agisse du Monde, de L’Humanité où il y est présen­té comme un expert, poli­to­logue et spé­cial­isé sur l’histoire colo­niale, Olivi­er Le Cour Grand­Mai­son, mérite qu’on s’intéresse à lui. Il vient en effet de pub­li­er un nou­v­el ouvrage, inti­t­ulé Enne­mis mor­tels, visant à trou­ver la source d’une pré­ten­due islam­o­pho­bie française dans son his­toire colo­niale. Cet ouvrage béné­fi­cie d’une cam­pagne pro­mo­tion­nelle avec l’appui de RFI, des Inrocks et de Médi­a­part, autant de médias qui se répan­dent en inter­views du pré­ten­du spé­cial­iste qui en est l’auteur.

Une analyse qui se retourne contre son auteur

Pour jauger du sérieux et de la crédi­bil­ité de ce per­son­nage, il con­vient de remon­ter à un arti­cle à charge con­tre Claude Guéant, qu’il pub­lie sur Inter­net en avril 2011 et dans lequel, non sans vir­u­lence, il dénonce ceux qui excipent, sur les ques­tions migra­toires, du risque de l’arrivée de cen­taines de mil­liers de migrants en Europe et de l’émergence d’une men­ace ter­ror­iste. Est-il néces­saire de rap­pel­er que, depuis cet arti­cle, ce ne sont pas des cen­taines de mil­liers, mais des mil­lions de migrants qui ont défer­lé en Europe, et que la France, avec 252 morts dus au ter­ror­isme islamique, a, depuis 2011, été le pays occi­den­tal le plus dure­ment frap­pé sur son sol par cette menace ?

« Tromperies de bon­i­menteur » s’exclame dans cet arti­cle Olivi­er Le Cour Grand­mai­son, à l’encontre de Claude Guéant ! Rarement, sans doute, quelqu’un aura‑t’il qual­i­fié de manière si per­ti­nente ses pro­pres propos …

Touche-à-tout

En effet, si Olivi­er Le Cour Grand­mai­son (alias OLCG) touche un peu à tout, tout indique qu’il ne maîtrise pas grand-chose, à com­mencer par la plu­part des sujets sur lesquels il s’exprime publique­ment. Après avoir enseigné le droit pub­lic et don­né des cours de soci­olo­gie et de philoso­phie à l’université du Maine, il est devenu respon­s­able du Deug de droit à l’université d’Evry-Val d’Essone. Dans cette uni­ver­sité très mar­quée par le mil­i­tan­tisme com­mu­nau­tariste, auquel nous ver­rons qu’OLCG ne manque pas de fournir l’appui de ses quelques con­nais­sances acquis­es en sci­ences poli­tiques, il dirige actuelle­ment un mas­ter inti­t­ulé « Coopéra­tion et sol­i­dar­ité inter­na­tionales . Vaste programme.

S’appuyant sur cet appar­ent éclec­tisme académique, l’ami Olivi­er tente de se faire pass­er pour un his­to­rien spé­cial­isé sur les ques­tions colo­niales, avec la com­plai­sance de cer­tains médias vis-à-vis de ses pub­li­ca­tions sur la ques­tion. Or, l’intéressé ne béné­fi­cie ni de la légitim­ité académique ni de la recon­nais­sance des vrais his­to­riens spé­cial­isés sur ces ques­tions pour se pré­ten­dre expert dans ce domaine.

Tit­u­laire d’une maîtrise d’histoire, après avoir réal­isé un mémoire por­tant sur la révo­lu­tion française, qu’il a pub­lié en 1992 sous le titre Les Citoyen­netés en Révo­lu­tion (1789–1794), il quitte la dis­ci­pline his­torique pour se con­sacr­er à la philoso­phie et aux sci­ences poli­tiques, domaines dans lesquels il passe un DEA. Après une sec­onde pub­li­ca­tion, Les Con­sti­tu­tions français­es aux édi­tions de La Décou­verte, dans le domaine du droit pub­lic qui touche à son champ de com­pé­tences, OLCG se lance sur un thème où il pos­sède encore un peu de légitim­ité, compte-tenu de son DEA, mais dont le titre résume sans doute le moteur intel­lectuel de ses com­bats ultérieurs : Haine(s) : Philoso­phie et poli­tique. Dernier ouvrage avant de par­tir en roue libre.

« Sottisier » et « entreprise frauduleuse »

C’est en effet à par­tir de ce moment que, prenant sans doute un peu d’assurance au terme de ces trois pub­li­ca­tions, Olivi­er Le Cour Grand­mai­son s’invente des capac­ités d’historien sur le thème de la coloni­sa­tion, en pub­liant, chez Fayard, en 2005, Colonis­er, exter­min­er. Sur la guerre et l’État colo­nial ! Édité en arabe, en 2007, en Algérie. Une manière, sans doute, pour l’auteur, de con­tribuer à la « coopéra­tion et sol­i­dar­ités inter­na­tionales » entre la France et l’Algérie. Sauf que… Pata­tras ! Tous les his­to­riens experts de ces ques­tions lui tombent dessus, soulig­nant l’absence de rigueur his­torique de son tra­vail : Jean-Guil­laume Lanuque qual­i­fie de « hors sol » son étude des dis­cours de l’époque, tan­dis qu’Emmanuelle Saa­da con­sid­ère que l’ouvrage « s’ancre dans un refus de l’histoire ».

Les his­to­riens Gilbert Meynier et Pierre Vidal-Naquet, pour­tant peu soupçonnables de malveil­lance à l’égard des entre­pris­es idéologiques venant de la gauche ou de l’extrême-gauche, se sen­tent même oblig­és de déclar­er au sujet de son ouvrage, dans un arti­cle pub­lié dans Esprit et con­sid­éré par l’historien Claude Liauzu comme une « cri­tique rigoureuse » : « à le lire, on ne peut s’empêcher de pos­er la ques­tion : un sot­tisi­er peut-il tenir lieu d’œuvre de réflex­ion et de syn­thèse his­torique ?... Assim­i­l­er peu ou prou le sys­tème colo­nial à une antic­i­pa­tion du 3ème Reich, voire à un « précé­dent inquié­tant » d’Auschwitz, est une entre­prise idéologique fraud­uleuse. »

Mal­gré ce tir de bar­rage unanime de la com­mu­nauté des his­to­riens, qui aurait dû encour­ager notre ami à cess­er de par­ler d’histoire colo­niale pour revenir à sa zone de con­fort, l’« entre­prise idéologique fraud­uleuse » ne s’est pas arrêtée là et l’intéressé a, depuis, mul­ti­plié sur ce thème les sot­tisiers… La République impéri­ale : poli­tique et racisme d’Etat en 2009, De l’indigénat. Anatomie d’un « mon­stre » juridique : le droit colo­nial en Algérie et dans l’empire français en 2010, L’Empire des hygiénistes. Vivre aux colonies en 2014, et l’actuel Enne­mis mor­tels. Autant d’ouvrages salués de même manière tout aus­si cri­tique, par les his­to­riens, que la pre­mière pub­li­ca­tion par laque­lle cet auteur a ini­tié sa longue dérive visant à exprimer, sous cou­vert d’une pré­ten­due exper­tise qui relève de l’imposture, sa haine poli­tique et philosophique con­tre la France et son histoire.

Choix militants

Sans sur­prise, cette dérive idéologique s’est aus­si man­i­festée dans les choix mil­i­tants de ce pré­ten­du expert. Ain­si, l’intéressé, qui tombait dans son arti­cle de 2011 à bras rac­cour­cis sur les jour­nal­istes qui, selon lui, ne véri­fi­aient pas les faits avant d’interviewer Claude Guéant – on ne peut que le rejoin­dre sur cette lacune jour­nal­is­tique au vu de la bien­veil­lance avec laque­lle Le Cour Grand­mai­son est présen­té par les jour­nal­istes qui l’interviewent – aime aus­si expli­quer à la jus­tice com­ment elle doit fonctionner.

En effet, pour lui, le dis­cours cri­tique sur l’islam pronon­cé par Eric Zem­mour lors de la Con­ven­tion de la droite doit le con­duire devant les tri­bunaux, tan­dis que Tariq Ramadan, aujourd’hui mis en exa­m­en à la suite de cinq dépôts de plainte pour viol, ne devait pas être main­tenu en prison pour éviter les pres­sions sur les pre­mières plaig­nantes, pour­tant visées par des men­aces de mort. Olivi­er Le Cour Grand­mai­son avait même don­né sa sig­na­ture à une tri­bune pub­liée dans Medi­a­part pour réclamer la libéra­tion du prédi­ca­teur proche des frères musul­mans. Ce dernier, s’il n’a pas recon­nu les vio­ls dont il est accusé, a toute­fois fini par recon­naître des rela­tions sex­uelles vio­lentes et « adultères », ce qui reste inquié­tant pour celles qu’il qual­i­fie ain­si de parte­naires sex­uelles, compte-tenu du châ­ti­ment de lap­i­da­tion promis par les islamistes et auquel Tariq Ramadan n’entendait pro­pos­er qu’un sim­ple mora­toire, le temps, peut-être, qu’il remette sa sit­u­a­tion per­son­nelle en ordre sur ce sujet !

Toutes sortes de choses qui n’indisposent pas OLCG qui préfère militer pour la régu­lar­i­sa­tion mas­sive des clan­des­tins et par­ticiper, à l’université d’Évry où il sévit désor­mais, à des col­lo­ques com­mu­nau­taristes, organ­isés par le « cen­tre Mal­com X » et dans lesquels la dénon­ci­a­tion de la mon­tée de l’antisémitisme dans cer­taines ban­lieues est qual­i­fiée « d’islamophobe ».

Ses pris­es de posi­tions sur le média com­mu­nau­tariste Oumma.TV, à la ligne édi­to­ri­ale proche des frères musul­mans, prêteraient à rire aux éclats si elles ne s’inscrivaient pas dans un con­texte où de tels pro­pos, comme l’ensemble des travaux d’Olivier Le Cour Grand­mai­son, n’avaient, sinon pour but, pour effet cer­tain d’attiser la haine anti-française de com­mu­nautés qui s’organisent sur leur sol d’accueil. Sans sourire, il ose en effet affirmer que la France serait le seul pays au monde qui porterait un regard bien­veil­lant sur son his­toire colo­niale (ce qui reste à démon­tr­er) en s’exprimant sur une webTV qui sert de vecteur d’influence à l’idéologie « frériste » visant, pré­cisé­ment, à pro­pos­er un regard bien­veil­lant sur l’impérialisme arabo-musul­man qui reste, avant tout… une his­toire coloniale !

Voir aussi

Cet article GRATUIT vous a plu ?

Il a pourtant un coût : 50 € en moyenne. Il faut compter 100 € pour un portrait, 400 € pour une infographie, 600 € pour une vidéo. Nous dépendons de nos lecteurs, soutenez-nous !

Vidéos à la une

Derniers portraits ajoutés