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Mineurs étrangers : une filière d’immigration en pleine expansion et à bas bruit médiatique

21 août 2018

Temps de lecture : 10 minutes
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Mineurs étrangers : une filière d’immigration en pleine expansion et à bas bruit médiatique

Les arrivées de mineurs étrangers en France n’ont pas pris de vacances. Parmi les incitations à venir dans notre pays, certaines dispositions du code de l’action sociale sont bien placées. L’aide sociale à l’enfance (ASE) prévoit en effet une prise en charge inconditionnelle des « mineurs isolés ». Initialement prévue pour protéger les jeunes en rupture ou sans famille, cette mesure est depuis quelques années détournée de son objectif initial et facilite une immigration clandestine de plus en plus massive. Nous nous sommes attardés sur le traitement médiatique durant l’été de ce phénomène en pleine expansion.

Dans une dis­tri­b­u­tion des rôles con­v­enue, chaque média respecte sa voca­tion : les jour­naux régionaux dis­pensent des infor­ma­tions locales quand les médias nationaux ten­tent d’analyser le phénomène. Dans les arti­cles, le choix des sujets et des mots, le traite­ment des événe­ments et les per­son­nes inter­viewées, sous des apparences de réc­its factuels, ont des par­tis pris implicites.

L’ouverture de structures d’accueil

Le Figaro nous informe le 8 juil­let que « les ser­vices d’aide sociale à l’en­fance ont pris en charge plus de 25 000 enfants migrants en 2017, soit 92 % de plus qu’en 2016 ». La ten­dance en 2018 est tou­jours à la hausse. Les ouver­tures de struc­tures d’accueil pour mineurs isolés sont annon­cées comme autant de bonnes nou­velles et témoignages de l’hospitalité de la France.

Par­mi les récentes annonces, à Lyon, Lyon Mag fait état le 24 juil­let d’« un lieu de répit pour mineurs non-accom­pa­g­nés (qui) ouvre ses portes dans le 1er arrondisse­ment ». Une élue inter­viewée affirme : « il est de notre respon­s­abil­ité morale de met­tre à l’abri ces mineurs et d’or­gan­is­er leur accueil dans les meilleures con­di­tions pos­si­bles ».

Ouest-France annonce l’ouverture à Guérande d’« une struc­ture pour insér­er les mineurs non accom­pa­g­nés. Elle vient en sou­tien à des jeunes étrangers en souf­france, qui ont par­fois, eux aus­si, vécu des sit­u­a­tions de guerre ou d’oppression dans leur pays, qu’ils ont fui. Ils se retrou­vent en France, 500 en Loire-Atlan­tique, et espèrent des jours meilleurs ».

Le quo­ti­di­en région­al con­sacre un arti­cle le 21 juil­let à un autre nou­veau foy­er pour mineurs non accom­pa­g­nés, à Pon­tivy. « Dix-huit jeunes y vivent en atten­dant leur majorité. Ils sont pré­parés à devenir indépen­dants ». « Ils ont entre 15 et 18 ans, vien­nent du Camer­oun, du Mali, de la Guinée, de la Côte d’Ivoire, de l’Albanie et d’Afghanistan », explique Emmanuel Panis, directeur de l’Arass ». « Ces ado­les­cents sont très autonomes car la plu­part vivaient en cham­bre d’hôtels juste avant de rejoin­dre le foy­er. Cha­cun dis­pose de sa pro­pre cham­bre ».

Fran­ce­In­fo relate « la bonne inté­gra­tion des migrants mineurs en zone rurale à St Macaire en Gironde. La sco­lar­i­sa­tion, les appren­tis­sages, les stages sont plus faciles à trou­ver en milieu rur­al pour les jeunes migrants mineurs. La métro­pole bor­de­laise étant sat­urée. A St Macaire, 23 garçons sont accueil­lis depuis le mois de mars dans l’an­ci­enne gen­darmerie. Et déjà bien inté­grés. 890 migrants mineurs sont actuelle­ment accueil­lis en Gironde. Un nom­bre qui a dou­blé en trois ans.».

Rue89 Bor­deaux annonce en mars que dans le départe­ment, « six struc­tures sup­plé­men­taires ont vu le jour ou ver­ront le jour dans les prochaines semaines : à Saint-Macaire, à Mar­tillac, à Parem­puyre, à Méri­gnac, à La Réole (en pro­jet) et dans des tétrodons amé­nagés (petits espaces hab­it­a­bles et mod­u­la­bles) à Bor­deaux (Dar­win) ». L’explication : « Comme Mous­sa, Abdou et Yamous­sa, des cen­taines de mineurs vien­nent chaque année en Gironde. 500 mineurs sup­plé­men­taires ont été con­fiés au départe­ment depuis le 1er jan­vi­er 2017. Le départe­ment en avait en charge 529 au 31 décem­bre 2017 ».

L’Est Répub­li­cain annonce le 20 juil­let que « 74 mineurs isolés seront accueil­lis en deux temps sur l’ex cam­pus de l’ONF d’ici l’automne » à Velaine. « Le con­seil munic­i­pal de Velaine a couché sur papi­er sa dés­ap­pro­ba­tion face à cette nou­velle déci­sion. Prin­ci­pale­ment orig­i­naires de Guinée, Côte d’Ivoire et Mali, les jeunes, âgés de 16 à 17 ans, seront hébergés dans deux bâti­ments dis­tincts d’une capac­ité de 37 places cha­cun. Ils étaient 20 en 2012 et 600 l’an dernier. D’où la déci­sion du préfet de met­tre à dis­po­si­tion de la col­lec­tiv­ité ses locaux ».

Ce qui est passé sous silence

Les arti­cles ont plusieurs points com­muns :

  • Les jeunes étrangers sont présen­tés comme souhai­tant s’insérer. Ils sont de plus en plus nom­breux mais le prob­lème relevé par la majorité des titres régionaux est le manque de places dans des struc­tures qui – pour­tant – ne cessent de s’ouvrir. La Char­ente Libre le résume de la façon suiv­ante : « Accueil des enfants migrants: la Char­ente débor­dée, les moyens ne suiv­ent pas ».
  • Le coût pour le con­tribuable est par con­tre très sou­vent passé sous silence. Un coût annuel estimé en avril à 1,9 mil­liard selon le Prési­dent du Con­seil départe­men­tal de Seine-et-Marne dans Le Figaro.
  • Le fait que nom­bre de ces jeunes vien­nent de pays dits sûrs n’est jamais évo­qué.
  • Les per­son­nes inter­viewées sont les jeunes, les encad­rants asso­ci­at­ifs ou des élus et fonc­tion­naires des Con­seils départe­men­taux. L’avis de la pop­u­la­tion, des voisins de ces cen­tres et des élus hos­tiles à cet accueil n’est pra­tique­ment jamais demandé. L’ouverture inces­sante de nou­veaux cen­tres accueil­lant qua­si- exclu­sive­ment des étrangers ne fait pas débat.

Occupations illégales

Les occu­pa­tions illé­gales par des jeunes clan­des­tins se mul­ti­plient sur le ter­ri­toire : à Cler­mont-Fer­rand, La Mon­tagne évoque le squat de La Par­dieu à Cler­mont-Fer­rand. Dans deux maisons « vivent depuis sep­tem­bre dernier plusieurs dizaines de mineurs non accom­pa­g­nés ».

Le 27 juil­let, La Nou­velle République nous informe que « 25 mineurs sont accueil­lis dans un campe­ment de for­tune, à Saint-Pierre-des-Corps. Une occu­pa­tion des lieux sans autori­sa­tion ».

Selon Le Pro­grès, le squat du Pen­nes­suy compte plusieurs mineurs, essen­tielle­ment venus des Balka­ns. « Il s’organise ». A Lille, ils sont une cen­taine qui « sur­vivent dans un squat «5 étoiles sans eau potable depuis des mois » selon La Voix du Nord. A Angers, Ouest-France nous apprend que « 14 jeunes se déclarant mineurs non isolés, mais non recon­nus comme tels par le Départe­ment occu­pent un squat de la Ven­dan­ge, à Saint-Barthélemy‑d’Anjou ». On apprend qu’ils sont défendus par plusieurs asso­ci­a­tions. Street­press fait état d’un squat dans le 12e arrondisse­ment de Paris. Les 16 mineurs sans papiers y « repren­nent goût à la vie ».

A Nantes, selon Breizh-Info, « des ouvreurs de squat proches de la mou­vance d’extrême-gauche pro-migrants ont instal­lé sept mineurs isolés étrangers – ou du moins qui se dis­ent comme tels – dans les anciens locaux du Sec­ours Pop­u­laire, rue Émile Zola à Rezé. Ils sont orig­i­naires d’Afrique de l’Ouest – de l’immigration pure­ment économique donc ».

Selon Rue89 Bor­deaux, « le squat pour ados exilés La Ruche ne « lâchera rien ». « En pre­mière instance, 80 % de ces derniers sont recon­nus comme majeurs. Après un recours, 80 % de ces mêmes jeunes sont éval­ués mineurs ». » D’après le départe­ment, en charge de l’aide à l’enfance, env­i­ron un mil­li­er de jeunes mineurs isolés sont arrivés en Gironde en 2017 ».

On pour­rait mul­ti­pli­er les exem­ples. Il est vrai qu’à Nantes, un sig­nal fort a été don­né : une mai­son de retraite désaf­fec­tée, a selon 20 Min­utes été « trans­for­mée en squat puis en cen­tre d’héberge­ment d’ur­gence depuis début mars ».

Les capac­ités d’accueil des con­seils départe­men­taux sont com­plète­ment sat­urées, comme en témoignait déjà l’été dernier le Prési­dent du départe­ment du Nord. Il affir­mait au micro de RMC ne plus avoir les moyens d’accueillir de jeunes nordistes « car pri­or­ité est don­née aux mineurs non accom­pa­g­nés étrangers », « qui arrivent à rai­son de 100 par semaine ». Pas de quoi ébran­ler les cer­ti­tudes d’associations qui se mobilisent comme à Angers pour que le départe­ment prenne en charge des jeunes squat­ters étrangers…non recon­nus mineurs !

Les articles dans les médias nationaux

Par­mi les arti­cles sur les mineurs étrangers non accom­pa­g­nés (MNA), on trou­ve d’une part ceux qui con­sid­èrent essen­tielle­ment les jeunes comme des vic­times. D’autres, moins nom­breux, écar­tent une vic­tim­i­sa­tion sys­té­ma­tique et démon­trent que les MNA ont des straté­gies et des objec­tifs, et qu’ils s’en don­nent les moyens.

Le mineur étranger comme victime

Le men­su­el Car­to, « l’actualité inter­na­tionale grâce aux cartes », con­sacre dans son numéro de mars 2018 un arti­cle aux « migrants et mineurs ». On y apprend qu’en matière d’aide sociale à l’enfance, « l’Allemagne et la France sont plus réac­tives que l’Italie et la Grèce ». Par ailleurs, « 60% des deman­deurs se font recaler par les départe­ments ». Ne serait-il donc pas plus adéquat de par­ler de jeunes clan­des­tins ? Des cartes illus­trent l’origine et la local­i­sa­tion des mineurs étrangers en France. L’article ne traite le sujet que sous l’angle des droits des mineurs étrangers, qui ne seraient pas tou­jours respec­tés.

Même tonal­ité avec le site Infomi­grants : « de plus en plus de mineurs isolés étrangers arrivent en Europe et en France à la recherche d’une pro­tec­tion mais ils ne con­nais­sent rien à la lég­is­la­tion française ». Pour remédi­er à cela, le site cofi­nancé par le ser­vice pub­lic fait le point sur la procé­dure à suiv­re pour faire recon­naître sa minorité sur le sol français. Et nous rap­pelle qu’en ver­tu des lois européennes et de la Con­ven­tion inter­na­tionale des droits de l’en­fant, un mineur est un enfant avant d’être un migrant. « À ce titre, il a le droit d’en­tr­er dans le dis­posi­tif français de pro­tec­tion de l’enfance ». La Croix s’interroge : « quelle solu­tion pour les mineurs migrants ? ». La ques­tion qui sem­ble essen­tielle en mars 2018 est… qui doit pren­dre en charge la phase d’évaluation des jeunes étrangers ?

Médi­a­part dédie un blog aux « jeunes étrangers isolés ». Les arti­cles sont une longue litanie des droits revendiqués par les étrangers et les asso­ci­a­tions les défen­dant.

Pour le site Slate, la ques­tion est : « Les migrants mineurs sont-ils mieux traités en France qu’aux États-Unis ? ». « Sans aller jusqu’à sépar­er les familles, la France place tou­jours plus d’enfants en réten­tion, y com­pris des mineurs isolés étrangers, nor­male­ment pro­tégés ». « Les procé­dures qui per­me­t­tent de véri­fi­er l’âge des mineurs isolés étrangers sont cri­tiquées par plusieurs asso­ci­a­tions ». «L’évaluation de la minorité doit être revue», selon Corinne Torre, cheffe de mis­sion France pour Médecins sans fron­tières. Plusieurs arti­cles relaient les accu­sa­tions d’associations de défense des migrants selon lesquelles l’évaluation de l’âge des migrants serait défi­ciente : Le Figaro donne la parole le 8 juil­let à Human Rights Watch, tout comme 20 Min­utes, L’Obs, 37degrés.mag, etc..

Le mineur étranger vu comme acteur d’une stratégie

Cer­tains arti­cles com­por­tent des infor­ma­tions accrédi­tant l’idée que les jeunes étrangers peu­vent avoir une stratégie plus ou moins élaborée visant à s’installer en France.

Sur les ondes de RMC, le Prési­dent du Con­seil départe­men­tal du Nord indique : « ils ne vien­nent pas de boat peo­ple. Ils arrivent par Rois­sy. Ils ont per­du leurs papiers d’identité ou ils en achè­tent à Lille pour démon­tr­er qu’ils ont 16 ans même quand ils en ont 25 ».

Même stratégie dans les Lan­des selon France Bleu : « à chaque fois, le scé­nario est le même. Les jeunes, pour la plu­part orig­i­naire d’Afrique de l’Ouest, de Guinée Conakry ou du Mali, arrivent en train sans papiers, se présen­tent d’eux-mêmes au com­mis­sari­at de Dax ou de Mont-de-Marsan. Ils racon­tent être nés au début des années 2000, et donc, être mineurs ».

Dans une inter­view accordée au Figaro le 16 sep­tem­bre 2017, le Prési­dent de l’Assemblée des départe­ments de France indi­quait avoir noté que « ces jeunes arrivent en France via des réseaux de passeurs. Ils se présen­tent avec des fich­es plas­ti­fiées déjà prêtes, con­tenant les noms et les numéros de télé­phone de nos tra­vailleurs soci­aux ». Ouest-France nous apprend en août 2017 qu’à Laval, on con­state « un afflux de mineurs étrangers ». « Ceux qui les envoient leur dis­ent de venir à Laval car il y a déjà une com­mu­nauté », selon le Prési­dent du Con­seil départe­men­tal. Le sce­nario se répète : « Ils arrivent à la gare, sou­vent sans bil­let, et vien­nent directe­ment au con­seil départe­men­tal ou sont récupérés par la police et le 115. Le loge­ment relève ensuite de notre respon­s­abil­ité, car ils sont mineurs ». « Cer­tains hôtels ont été sol­lic­ités ». Le men­su­el Causeur souligne que la récente crois­sance économique des pays sub­sa­hariens accélère les départs, « des par­en­tèles africaines se coti­sant pour financer les départs ». « L’émigration est con­sid­érée comme une fil­ière économique à part entière ».

Faux mineurs, vrais clandestins

Le statut de mineur per­met une prise en charge incon­di­tion­nelle en France. Cela n’est pas sans effet : Le Figaro Mag­a­zine estime le 7 juil­let que « le sys­tème de pro­tec­tion des mineurs est mas­sive­ment détourné par des adultes ». « Un rap­port séna­to­r­i­al pub­lié en juin 2017 éval­ue à 40% au mieux la pro­por­tion d’individus vrai­ment mineurs et vrai­ment isolés ».

Le men­su­el Causeur con­sacre fin 2017 un arti­cle sur le thème : « Com­ment les migrants adultes se font pass­er pour des mineurs isolés ? ». « En deux ans, le nom­bre de clan­des­tins mineurs non accom­pa­g­nés, donc inex­pulsables, a dou­blé en France. Leur prise en charge absorbe autour d’un mil­liard d’euro. Une tâche que l’État et les départe­ments vont sous-traiter au secteur asso­ci­atif, mal­gré les risque de dérives finan­cières ».

État des lieux juridique et détourne­ment de l’aide à l’enfance

Les mis­es en per­spec­tive européenne et juridique de l’accueil des mineurs étrangers sont assez rares. Deux arti­cles font un état des lieux assez intéres­sants à ce sujet :

Le Monde tente en octo­bre 2017 de répon­dre à la ques­tion : « Com­ment sont pris en charge les mineurs isolés étrangers en France ? ». « Si l’arrivée de migrants mineurs est un phénomène con­staté depuis la fin des années 1990, elle a pris une ampleur con­sid­érable ces dernières années ». « Selon l’association France terre d’asile,  la par­tic­u­lar­ité française est de con­sid­ér­er ces jeunes comme des mineurs avant de les con­sid­ér­er comme des migrants ». « Au Roy­aume-Uni, à l’inverse, les mineurs ont oblig­a­tion de dépos­er une demande d’asile pour être pris en charge ». Une infor­ma­tion impor­tante qui n’engage pour­tant aucune réflex­ion en France.

Localtis, le jour­nal de la Caisse Dépôts, indique le 28 octo­bre 2017 à l’occasion de la présen­ta­tion d’une étude de France Terre d’Asile inti­t­ulée “L’ac­cueil et la prise en charge des mineurs non accom­pa­g­nés dans huit pays de l’U­nion européenne” que « la lég­is­la­tion de qua­tre pays (Grèce, Hon­grie, Grande-Bre­tagne et Suède) fait qu’il existe une pos­si­bil­ité d’ir­régu­lar­ité du séjour d’un mineur isolé (…). En France, par exem­ple, leur prise en charge par les ser­vices de pro­tec­tion de l’en­fance rend automa­tique­ment réguli­er le séjour des mineurs non accom­pa­g­nés. (…) ». Dans Le Figaro du 1er juin, le délégué général de l’In­sti­tut Thomas-More démon­tre que les migrants font effec­tive­ment du « bench­mark­ing » (com­para­i­son des lég­is­la­tions en vigueur). Une thèse que les flux d’entrées en France sem­blent accréditer.

La Loi Asile et immigration : « soyons désinvoltes, n’ayons l’air de rien »

Tous ces élé­ments, qui con­tribuent au choix de des­ti­na­tion des jeunes étrangers, étaient con­nus au moment du débat sur la Loi Asile et immi­gra­tion, adop­tée en dernière lec­ture fin juil­let. Des infor­ma­tions étayées par un rap­port sur les MNA réal­isé par plusieurs admin­is­tra­tions et ren­du pub­lic en févri­er 2018. Un con­tribu­teur du site Polemia le résume de la façon suiv­ante « le dis­posi­tif est organ­isé pour attir­er et accueil­lir de plus en plus de Mineurs Isolés Etrangers (…) lorsque cer­tains en vien­nent à crain­dre un flux de 100 000 entrées, cela n’a rien de déraisonnable ».

Que nous disent les médias sur les conclusions qu’en ont tirées les parlementaires ?

Le sujet de crispa­tion a été selon France­soir, non pas le détourne­ment de sa voca­tion de l’aide sociale à l’enfance, mais…la réten­tion des mineurs. Un sujet abon­dam­ment traité par Libéra­tion, Le Monde, France Info, Le Parisien, etc. La seule mesure un tant soit peu restric­tive dans la Loi con­cer­nant les MNA sera la créa­tion d’un fichi­er nation­al des éval­u­a­tions de minorité, évo­qué furtive­ment par La Dépêche. Une mesure des­tinée à éviter qu’un mineur se fasse éval­uer par plusieurs départe­ments jusqu’à obtenir un avis de minorité.

Que ressort-il de cette revue de presse ?

Les nom­breuses ouver­tures de cen­tres d’accueil, essen­tielle­ment dédiés aux jeunes étrangers, sont présen­tées dans la presse régionale comme autant de bonnes nou­velles. Quand des indices accrédi­tent l’existence de fil­ières d’immigration illé­gales, le bien-fondé de l’aide sociale à l’enfance en sa forme actuelle, qui agit comme un véri­ta­ble appel d’air, n’est pas ques­tion­né dans les médias. Le fait que les col­lec­tiv­ités soient pris­es en étau entre des dota­tions en baisse et des dépens­es sociales pour les MNA qui explosent n’est évo­qué que par les élus eux-mêmes.

La « gauche castafiore », qui donne de la voix avec une hégé­monie médi­a­tique impa­ra­ble, dis­tribue les sujets qu’il faut traiter : à l’occasion du débat sur la loi Asile et immi­gra­tion, le sujet de la réten­tion des mineurs a occupé les tri­bunes. Pas un mot n’a été dit dans les médias main­stream sur le détourne­ment de l’aide sociale à l’enfance. Dans ce con­texte, le site Boule­vard Voltaire s’interroge dans une tri­bune rafraichissante : « Sauf à être inhu­main, on ne peut ren­voy­er les mineurs isolés à la rue. Mais pourquoi les garder chez nous ? Et de quel droit séque­strons-nous des ressor­tis­sants mineurs d’autres États ? Il s’agit d’une vio­la­tion des lois inter­na­tionales, car nous devri­ons en principe les rap­a­tri­er ». On attend avec impa­tience la réponse…

Crédit pho­to : doubichlou14 via Flickr (cc)

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