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Médias, russophobie et apocalypse – mode de fabrication

28 avril 2019

Temps de lecture : 7 minutes
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Médias, russophobie et apocalypse – mode de fabrication

Pre­mière dif­fu­sion le 06/03/2019

« Nous sommes désor­mais un empire et nous créons notre pro­pre réal­ité. Et pen­dant que vous étudiez cette réal­ité, judi­cieuse­ment, comme cela vous revient, nous agis­sons à nou­veau et nous créons d’autres réal­ités nou­velles, que vous pou­vez étudi­er égale­ment, et c’est ain­si que les choses se passent. Nous sommes les acteurs de l’his­toire (…). Et vous, vous tous, il ne vous reste qu’à étudi­er ce que nous faisons.”
Karl Rove, con­seiller du prési­dent George W. Bush. Pro­pos recueil­lis par Ron Suskin, édi­to­ri­al­iste du Wall Street Jour­nal et rap­portés par Le Monde du 5 sep­tem­bre 2008

Les États-Unis sont en proie à l’ingérence russe. L’ennemi n’est plus aux portes. Il y a deux ans, il a franchi le pas et les pare-feux. Y compris ceux de la Maison Blanche. Le virus(se) « infecte » désormais la société américaine de l’intérieur. Propagé par les réseaux sociaux, il ravage les esprits d’électeurs indécis et de citoyens « mal informés ».

Les grands médias américains et le Russiagate

C’est en tout cas l’image pro­jetée par les grands médias améri­cains (New York Times, Wash­ing­ton Post, Newsweek, Time Mag­a­zine, MSNBC, CNN etc.) sur toile de fond de l’affaire « Rus­si­a­gate » (depuis mai 2017, l’ancien chef du FBI, Robert Mueller, enquête sur une pré­ten­due col­lu­sion entre Don­ald Trump et la Russie. Aucune preuve n’a été pro­duite à ce jour). Ini­tiée par des acteurs poli­tiques comme prin­ci­pale rai­son de la défaite de Hillary Clin­ton, « Rus­si­a­gate », a été pro­mue, ampli­fiée et instru­men­tal­isée pour devenir ce qu’elle est aujour­d’hui – une para­noïa col­lec­tive d’État.

Comme chaque psy­chose de masse, Rus­si­a­gate se nour­rit de ses pro­pres hyper­boles. Ain­si, selon Kath­leen Park­er, chroniqueuse au Wash­ing­ton Post, les incur­sions du Krem­lin dans les médias soci­aux « ont manip­ulé la pen­sée améri­caine ». Ceci, rajoute-t-elle, est par­ti­c­ulière­ment vrai pour « les per­son­nes plus âgées, non-blanch­es et moins éduquées ». « Les Améri­cains de tout bord poli­tique ont été dupés par Pou­tine », renchérit son col­lègue, Dana Mil­bank. “Pou­tine a pris les citoyens Améri­cains pour des idiots”, « nous [les Améri­cains] sommes pro­fondé­ment stu­pides » con­clut-il. Le rôle néfaste de Pou­tine ne se lim­ite pas au sab­o­tage élec­toral. Tout en pré­parant la 3e guerre mon­di­ale, il serait en train de trans­former la démoc­ra­tie US en klep­to­cratie postso­vié­tique. Ses bom­bardiers nucléaires sil­lon­nent le ciel de l’Alaska, alors que ses hack­ers infil­trent impuné­ment la grille énergé­tique améri­caine, au risque de faire mourir de froid des mil­lions d’Américains.

Alliance néoconservateurs/médias/renseignement

Certes, l’estab­lish­ment médi­a­tique améri­cain n’a jamais été sus­pect d’affinités pro-russ­es. Cepen­dant, même le bref épisode mac­carthyste des années 50 n’était finale­ment qu’un anti­com­mu­nisme de principe d’une minorité répub­li­caine. Con­traire­ment aux cycles antérieurs d’hys­térie anti­so­vié­tique, la rus­so­pho­bie actuelle est un activisme assumé d’une alliance con­tre-nature entre médias démoc­rates, les néo­con­ser­va­teurs et la com­mu­nauté du ren­seigne­ment. Quant aux quelque 200 jour­nal­istes et sites d’information indépen­dants qui ont refusé de s’y align­er, ils ont été listés comme les « porte-paroles de la pro­pa­gande pou­tini­enne ».

On peut penser qu’avec la dis­pari­tion de l’URSS a dis­paru aus­si la jus­ti­fi­ca­tion idéologique pour dén­i­gr­er la Russie. Et pour­tant l’animosité des médias à son égard n’a jamais été aus­si forte. Les nou­veaux maîtres du dis­cours ont sim­ple­ment sub­sti­tué à l’anticommunisme d’antan, la dia­boli­sa­tion de Pou­tine et la per­fi­die con­géni­tale russe.

Vladimir Poutine, le retour du diable

Sans sur­prise, Pou­tine est qual­i­fié par défaut de tyran, impéri­al­iste, raciste, anti­sémite et assas­sin de ses enne­mis poli­tiques. De telles accu­sa­tions sont presque tou­jours axioma­tiques. Aucune preuve n’est jamais apportée, ni même con­sid­érée néces­saire.

D’ailleurs, Pou­tine ne serait qu’un symp­tôme. L’Occident « n’a pas un prob­lème Pou­tine », con­state un haut fonc­tion­naire améri­cain. « En fait, il a un prob­lème avec la Russie ». À y bien réfléchir, d’autres nations, tout aus­si « excep­tion­nelles et indis­pens­ables» ont eu déjà le même prob­lème. À l’heure où le poli­tique­ment cor­rect règne sans partage dans les médias offi­ciels, les Russ­es y sont décrits comme géné­tique­ment défi­cients, ineptes à con­cevoir et à faire marcher une société nor­male. Cor­rompre, c’est dans l’ADN russe a écrit récem­ment le New York Times. Portée par cette défer­lante de rus­so­pho­bie, l’ex ambas­sadrice Nik­ki Haley a déclaré depuis la tri­bune de l’ONU que « le men­songe, la tricherie et les com­porte­ments voy­ou s» sont une « norme de la cul­ture russe ».

Arriérés et dys­fonc­tion­nels, les Russ­es n’en sont pas moins des « maîtres – mar­i­on­net­tistes », capa­bles d’orienter le résul­tat de n’importe quelle élec­tion. Lors d’une inter­view avec la chaîne MSNBC le 28 mai 2017, James Clap­per, un ancien directeur du ren­seigne­ment améri­cain, s’est dit con­va­in­cu « que les Russ­es (…) sont presque géné­tique­ment dis­posés à coopter, à infil­tr­er, à gag­n­er des faveurs (…) c’est une tech­nique typ­ique de la Russie ».

Or, le dis­cours médi­a­tique dom­i­nant a dépassé le stade des invec­tives puériles. Le ton est désor­mais ouverte­ment bel­li­ciste. Sans qu’elle soit jamais établie par aucun fait sérieux, la pré­ten­due « ingérence» du Krem­lin est assim­ilée à «une attaque con­tre la démoc­ra­tie améri­caine» et à un acte de guerre com­pa­ra­ble à Pearl Har­bour et au 11 sep­tem­bre. Bien que absurde, cette pos­ture vic­ti­maire sem­ble rem­plir son objec­tif : réduire à néant toute ten­ta­tive de cri­tique et jus­ti­fi­er d’éventuelles « repré­sailles » à l’encontre de l’oppresseur pré­sumé. Exhort­er son audi­ence à “traiter la Russie comme le ter­ror­iste qu’il est” ou à bom­barder la Crimée, n’est plus une posi­tion mar­ginale. Des décideurs et hauts respon­s­ables améri­cains ont récem­ment agité des men­aces sans précé­dent con­tre Moscou. Ain­si, Kay Bai­ley Hutchi­son, l’am­bas­sadrice des États-Unis auprès de l’OTAN a pro­posé de “détru­ire” tout mis­sile russe qui, selon elle, vio­l­erait un traité de 1987. De même, en Sep­tem­bre dernier, le Secré­taire améri­cain de l’In­térieur Ryan Zynke a men­acé la Russie de « blo­cus naval ».

Cette stratégie a été payante. Selon le dernier sondage Gallup, la puis­sance mil­i­taire russe est con­sid­érée comme une men­ace cri­tique par 52% des Améri­cains. Soit une pro­gres­sion de 39% par rap­port au même sondage de 2016. Aujourd’hui, la Russie est perçue comme “le plus grand enne­mi” des États-Unis par 32% des Améri­cains. Loin devant la Chine (21%), Corée du Nord (14%) et l’Iran (9%).

La fabrication du consentement

Dans leur ouvrage clas­sique « La fab­ri­ca­tion du con­sen­te­ment » (Man­u­fac­tur­ing Con­sent: The Polit­i­cal Econ­o­my of the Mass Media, Noam Chom­sky & Edward S. Her­man Pub­lish­er Pan­theon Books 1988) Noam Chom­sky et Edward Her­man ont détru­it un des grands mythes améri­cains: en démoc­ra­tie, des médias indépen­dants et con­cur­rents, infor­ment de façon objec­tive des citoyens libres et éclairés. Chiffres, exem­ples, analy­ses et tableaux com­para­t­ifs à l’appui, les deux chercheurs ont démon­tré qu’il n’existe pas d’ « infor­ma­tion » à pro­pre­ment par­ler. Il n’y a que des mod­èles de pro­pa­gande.

Les médias de masse améri­cains, con­cen­trés dans un nom­bre tou­jours décrois­sant de grandes sociétés, con­stituent un sys­tème qui sert à com­mu­ni­quer des mes­sages et des sym­bol­es à la pop­u­la­tion. «The  news » n’est qu’un instru­ment de com­mu­ni­ca­tion idéologique pour légitimer le pou­voir et les poli­tiques d’une élite dom­i­nante.

Les con­clu­sions de cette étude parue en 1988, ont passé l’épreuve du temps. Les mécan­ismes pour « fab­ri­quer du con­sen­te­ment » sont les mêmes qu’il y a 30 ans. L’internet a sans doute démul­ti­plié leur effi­cac­ité. Mais il les a ren­dus aus­si plus évi­dents. Deux exem­ples illus­trent bien ce con­stat.

L’Homme de Poutine en Alabama

Lors de l’élec­tion séna­to­ri­ale en Alaba­ma de 2017, la société New Knowl­edge (une entre­prise de cyber­sécu­rité et d’in­tel­li­gence privée liée au Par­ti Démoc­rate), a orchestré une cam­pagne sous faux dra­peau, visant à dis­créditer le répub­li­cain Roy Moore comme « can­di­dat du Krem­lin ».

L’opération con­sis­tait à ouvrir des faux comptes de « bots russ­es » sur Face­book et Twit­ter. Du jour au lende­main, la can­di­da­ture de Moore a reçu le « sou­tien» des mil­liers de « russ­es », dont les pro­fils soci­aux venaient d’être créés par New Knowl­edge. Les démoc­rates n’ont pas tardé à désign­er Moore come « l’homme de Pou­tine » dans la course élec­torale. Or, bien qu’il par­tait favori, Moore, a finale­ment per­du avec une marge de 1,5 %.

Une turpi­tude n’étant jamais com­plète que si l’on peut s’en pré­val­oir, les deux fon­da­teurs de New Knowl­edge, Ryan Fox et Jonathan Mor­gan s’en sont félic­ités dans un memo interne. Comble de la dés­in­for­ma­tion, les mani­ganceurs ont coécrit un arti­cle dans le New York Times dénonçant « la guerre de pro­pa­gande con­tre les Améri­cains » et l’omniprésence de “comptes de médias soci­aux liés à la Russie”. Le même arti­cle esti­mait qu’“au moins des cen­taines de mil­liers, et peut-être même des mil­lions” de citoyens améri­cains se sont fait bern­er par les bots russ­es. On peut se deman­der si ce chiffre inclut les bots russ­es créés par les deux auteurs ? Dans le même élan, New Knowl­edge a rédigé un rap­port à l’intention du Sénat sur les pré­ten­dues ten­ta­tives de la Russie de sabot­er la démoc­ra­tie améri­caine.

Lorsque l’affaire a été révélée, le CEO de New Knowl­edge a pré­ten­du qu’il ne s’agissait que d’une “petite expéri­ence” conçue pour imiter et tester “la tac­tique russe”. L’argent pour cette expéri­ence prove­nait de Reid Hoff­man (cofon­da­teur mil­liar­daire de LinkedIn), qui a ver­sé 100.000$ pour l’opération. Hoff­man a présen­té ses excus­es publiques, en pré­cisant qu’il igno­rait com­ment l’argent avait été util­isé. Le résul­tat du vote en Alaba­ma n’a pas été invalidé pour autant. Ain­si va l’ingérence russe.

Integrity Initiative

L’existence de l’opération « Integri­ty Ini­tia­tive » (« I.I. ») a été dévoilée lorsque les serveurs d’un obscur think tank anglo-sax­on, « Insti­tute for State­craft » ont été piratés en Novem­bre 2018. Les doc­u­ments fuités ont mis au grand jour un organ­isme de pro­pa­gande dis­cret, financé à la hau­teur de £ 2.000.000 (env­i­ron 2,3 mil­lions d’euros) par le For­eign Office et géré par des officiers du ren­seigne­ment mil­i­taire bri­tan­nique. Sous l’apparence d’une ONG, I.I. a mené une guerre de l’information visant à influ­encer l’opinion et les poli­tiques publiques à l’égard de la Russie.

Véri­ta­ble « réseau de réseaux », I.I. opère par «clus­ters» (fais­ceaux ou grappes) présents dans plusieurs pays*. Ses agences locales met­tent en rela­tions des jour­nal­istes, mil­i­taires, uni­ver­si­taires et lob­by­istes « de con­fi­ance ». En tant qu’affiliés I.I., ceux-ci reçoivent des alertes via les médias soci­aux, les invi­tant à agir lorsque le cen­tre bri­tan­nique en perçoit la néces­sité. Les faisceaux/grappes ont en out­re pour voca­tion à plac­er des arti­cles « de jour­nal­istes indépen­dants », sur la base des infor­ma­tions fournies anonymement par le réseau. Par­mi les édi­tions désignées comme « hôtes ami­caux » fig­urent Buz­zfeed et El Pais espag­nol (entre autres). Les dossiers (encore incom­plets) mis en ligne par le groupe Anony­mous révè­lent égale­ment les noms de con­trac­tants rémunérés pour plac­er de la dés­in­for­ma­tion antirusse dans Newsweek et The Guardian.

Il est à not­er que par­mi les prin­ci­paux spon­sors privés d’I.I. fig­ure le Ren­don Group. Il s’agit d’une agence de rela­tions publiques, sous-con­trac­tant de longue date de la CIA et d’autres agences de ren­seigne­ment améri­caines. John Ran­don, son fon­da­teur, est tris­te­ment célèbre pour avoir mon­té de toutes pièces le Con­grès nation­al irakien (coali­tion bidon de par­tis dis­si­dents irakiens). Le Ren­don Group a été payé 100 mil­lions de dol­lars par le Pen­tagone pour implanter de la dés­in­for­ma­tion et des fauss­es his­toires sur les Armes de Destruc­tion Mas­sives de Sad­dam Hus­sein, afin de façon­ner l’opin­ion publique et « ven­dre » l’in­ter­ven­tion améri­caine en Irak.

L’efficacité orweli­enne d’I.I. a été véri­fiée lorsque le 7 juin 2018, il n’a fal­lu que quelques heures au fais­ceau espag­nol pour faire dérailler la nom­i­na­tion de Per­to Banos au poste de Directeur du Départe­ment de la Sécu­rité Nationale en Espagne. Le groupe a déter­miné que Banos avait une vision trop pos­i­tive de la Russie. Le fais­ceau a alors lancé une cam­pagne coor­don­née de diffama­tion con­tre lui sur les médias soci­aux.

La fabrication de la réalité

Karl Rove nous avait prévenus. « Fab­ri­quer du con­sen­te­ment » ne suf­fit plus. L’Empire se définit désor­mais par la capac­ité de ses gou­ver­nants à génér­er la réal­ité des gou­vernés. Ceci, bien enten­du, n’est pas nou­veau. Ce qui est inédit c’est la bru­tal­ité de l’aveu.

Main­tenant on sait, les guer­res en Irak, en Lybie, en Syrie (par­mi tant d’autres) ont été basées sur des nar­ra­tions truquées. Pris en fla­grant délit de con­nivence poli­tique, les medias améri­cains n’ont pas eu à subir les con­séquences de leur manip­u­la­tion. Ces mêmes médias attisent aujourd’hui une rus­so­pho­bie hys­térique et belliqueuse. Le risque que celle-ci soit prélude à une guerre annon­cée est bien réel. Ain­si, l’empire aura-t-il pro­duit une dernière réal­ité : un monde d’après-guerre ther­monu­cléaire. Y a‑t-il encore une rai­son d’espérer que les médias améri­cains arrêteraient cette course vers l’annihilation ? Peut-être. Après l’apocalypse atom­ique, il ne resterait per­son­ne à qui men­tir.

Note

*Des doc­u­ments citent comme étant opéra­tionnels les clus­ters en Espagne, France, Alle­magne, Grèce, Pays-Bas, Litu­anie et Norvège. La mise en place de nou­veaux clus­ters est envis­agée en Arménie, Mol­davie, Géorgie, Suède, au Mon­téné­gro, à Malte, aux États-Unis et au Cana­da, ain­si qu’en Estonie, Pologne, Slo­vaquie, Roumanie, Bul­gar­ie, et Autriche.

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