Accueil | Actualités | Médias | L’Obs et les ex-musulmans d’extrême droite
Pub­lié le 2 décembre 2019 | Éti­quettes : , ,

L’Obs et les ex-musulmans d’extrême droite

Il est parfois difficile d’être un journaliste du camp du bien. L’Obs vient d’en faire l’expérience. Quand ce ne sont plus les convictions qui vous animent mais la foi, entendre ce que l’on vous dit est une gageure. Au point d’en arriver à déformer les propos que l’on vous tient. Une affaire récente le montre à l’évidence.

Apostasie et flirt

L’Obs a consacré le 24 novembre 2019 un article en ligne à des ex-musulmans vivant en France intitulé « ces ex- musulmans qui fustigent l’islam ». Un sujet intéressant. L’apostasie, qui consiste à renier sa foi en l’islam, est une démarche difficile, qui n’est pas reconnue par le Coran. Elle fait de vous un mécréant. Outre le fait de placer l’intéressé au ban de sa communauté, elle peut entrainer dans des pays musulmans des sanctions civiles.

Mais ce n’est pas ce qui intéresse les journalistes de LObs. Ce qui les intéresse, c’est le « flirt » que certains ex-musulmans entretiennent avec « l’extrême droite ». Comme les ex-musulmans ne sont pas considérés comme éclairés par les journalistes de L’Obs, cela n’est pas un choix. Ils sont « récupérés » par l’extrême droite. Le magazine s’est intéressé plus particulièrement à Zineb El Rhazoui, Waleed Al Husseini et Majid Oukacha.

Parcours spirituel ? Non, camp du mal

Le fondateur du conseil des ex musulmans de France, Waleed Al Husseini, a fui la Palestine après un séjour en prison, son apostasie y devenant trop difficile à vivre. Il a écrit un livre sur son itinéraire spirituel et géographique qui l’a amené en France. Ce qui retient l’attention de l’Obs, ce n’est pas son parcours difficile et l’intolérance auquel il a fait face. Non, ce qui est important, c’est la récupération par la « fachosphère », sous-entendu le camp du mal.

Propos déformés

L’essayiste Majid Oukacha a été interviewé par les deux journalistes de l’Obs et également auteurs de l’article. Il a eu la présence d’esprit d’enregistrer l’interview. Ses propos ont été pour le moins curieusement déformés. Alors qu’il a affirmé que « la plupart des musulmans se sentent plus proches des musulmans que des non musulmans », les journalistes de l’Obs lui font dire « « les musulmans se sentent plus proches des islamistes que des non musulmans ». A défaut d’entendre ce que l’on veut, on écrit ce que l’on veut entendre.

Probablement sous l’effet du buzz créé par cette erreur (soyons généreux) ou cette manipulation (soyons réalistes), L’Obs a ensuite modifié les propos de Majid Oukacha sur l’article en ligne. Par charité nous tairons les noms des deux journalistes incriminés. Pour l’amusement des petits enfants, une des deux journalistes incriminées se défend en expliquant que, en effet M Oukacha «n’a pas prononcé textuellement la citation retenue dans notre article, il s’agit d’une synthèse ». Tout l’art de la synthèse…

Mais le fond de l’affaire demeure. Nos ex-musulmans croyaient avoir trouvé la liberté de penser et d’expression en France. Ils sont confrontés à des petits inquisiteurs partis à la recherche de pensées déviantes. Zineb El Rhazoui et Waleed Al Husseini vivent sous protection policière permanente. Majid Oukacha affirme être copieusement insulté et menacé sur twitter. On est loin de l’âge tendre et du flirt dont nous parlent les journalistes de grand chemin de L’Obs.

Tant que vous êtes ici...

Ce contenu a été financé par les donateurs de l'OJIM

L’Ojim est là pour vous aider à vous guider dans le monde opaque et souvent univoque des médias.

Contrairement à beaucoup, nous avons choisi une formule gratuite qui permet de mettre nos informations à la disposition de tous, indépendamment de leurs moyens. L’Observatoire est totalement indépendant, libre de toute publicité, de toute subvention, de tous actionnaires. Ce qui nous permet de donner une voix à ceux qui sont rarement entendus. Ce qui nous différencie de nombreux médias à un moment où la loyauté de l’information devient cruciale. Votre contribution, modeste ou importante, sert directement à régler la partie technique du site et à rémunérer nos rédacteurs. Chaque don bénéficie d’un reçu fiscal de 66%. Un don de 100 € ne vous coûtera que 33 €. Merci de votre soutien.

Share This