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[Assange arrêté] L’islandais Kristinn Hrafnsson nouveau chef de Wikileaks

11 avril 2019

Temps de lecture : 3 minutes
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[Assange arrêté] L’islandais Kristinn Hrafnsson nouveau chef de Wikileaks

11 avril 2019

Temps de lecture : 3 minutes

Le site francophone Le Grand soir a publié un entretien avec le nouveau rédacteur en chef de Wikileaks, Kristinn Hrafnsson, qui a succédé à Julian Assange, nous en publions quelques extraits. CET ARTICLE A ÉTÉ RÉDIGÉ AVANT L’ARRESTATION DE JULIAN ASSANGE SURVENUE LE 11 AVRIL À LONDRES.

Kristinn Hrafnsson

Le nou­veau respon­s­able est né en 1962 et a com­mencé sa car­rière comme jour­nal­iste indépen­dant puis à la télévi­sion publique RUV. Tra­vail­lant en 2009 pour la chaine islandaise privée Stöö2, il en est licen­cié pour avoir enquêté d’un peu trop près sur les activ­ités fraud­uleuses des ban­ques islandais­es. Il retourne briève­ment à la RUV pour un an mais son con­trat n’est pas renou­velé et il rede­vient indépen­dant. Il a reçu par trois fois le titre de « Jour­nal­iste islandais de l’année ». Il a été porte parole de Wik­ileaks de 2010 à 2017 et a suc­cédé à Assange tou­jours empris­on­né, en sep­tem­bre 2018.

L’importance de Wikileaks

« Dans le jour­nal­isme, Wik­ileaks a fait deux choses. Tout d’abord, il a mon­tré la puis­sance des fuites mas­sives, et que l’on peut vrai­ment faire bouger les choses en exposant de nom­breux aspects de la cor­rup­tion et des crimes de guerre. Deux­ième­ment, nous avons mis en com­mun les ressources des médias grand pub­lic. Nous avons exigé que les gens tra­vail­lent ensem­ble, ce qui était sou­vent dif­fi­cile. L’organisation a créé une alliance médi­a­tique avec des cen­taines de points de vente dans le monde entier. Elle a jeté les bases de la coopéra­tion [du Con­sor­tium inter­na­tion­al des jour­nal­istes d’investigation (ICIJ)] sur les Pana­ma Papers, par exem­ple. Cela a égale­ment inspiré d’autres lanceurs d’alerte. Edward Snow­den a con­fir­mé que sans ces fuites en 2010, il n’y aurait pas eu les siennes plus tard ».

L’éthique de Wikileaks

« Tout devrait être dans le domaine pub­lic sauf les infor­ma­tions per­son­nelles sen­si­bles. La trans­parence devrait être la norme, et les excep­tions à la trans­parence devraient être très rares et jus­ti­fiées » et d’ajouter « toutes les lois sur l’accès à l’information étaient fondées sur ce principe, mais pour une rai­son quel­conque, les gens ne com­pren­nent pas. Nous sommes tou­jours en train de men­er cette guerre sans fin con­tre le secret ».

Par­lant des élec­tions améri­caines de 2016 Kristinn souligne « ce que les gens ne com­pren­nent pas, c’est le principe de base, dit Kristinn. Que les jour­nal­istes sont cen­sés pub­li­er des doc­u­ments sur les politi­ciens, et en par­ti­c­uli­er sur les can­di­dats avant les élec­tions. C’est le rôle des jour­nal­istes. Et c’est pourquoi on l’appelle le qua­trième pou­voir. C’est incroy­able que même les jour­nal­istes me dis­ent : ’Vous n’auriez pas dû pub­li­er [les cour­riels] avant les élec­tions. Ne sommes-nous pas cen­sés informer l’électorat sur les can­di­dats ? Ce n’est pas notre boulot ? Si vous avez des ren­seigne­ments internes sur un can­di­dat ou un par­ti, c’est votre devoir. Ce serait un crime jour­nal­is­tique de ne pas en par­ler. Puis j’ai enten­du : tu aurais dû atten­dre d’avoir quelque chose sur Trump pour être équili­bré ». « Mais ce n’est pas comme ça que ça marche ». 

Les cour­riels du DNC con­te­naient de l’information digne d’intérêt qui aurait dû être pub­liée avant les élec­tions, point final. Peu importe d’où elle vient. Ce n’est pas le rôle du jour­nal­iste que d’ignorer une infor­ma­tion parce qu’elle proviendrait d’une source qui pour­rait avoir des objec­tifs per­son­nels. Vous devez tou­jours éval­uer l’information qui se trou­ve devant vous. Est-il dans l’intérêt pub­lic de le pub­li­er ? Ce n’est pas com­pliqué : soit ça l’est, soit il ne l’est pas ».

L’avenir du Journalisme

« Il y a une épidémie silen­cieuse qui fait par­tie de ce que j’appelle le néo-McCarthysme,. Il est prob­a­ble que la guerre con­tre le jour­nal­isme s’intensifiera. Je ne m’attends pas vrai­ment à ce que la com­mu­nauté jour­nal­is­tique dom­i­nante perçoive le dan­ger qui se pro­file et com­prenne pourquoi il est absol­u­ment néces­saire de se réveiller main­tenant et de soutenir Julian Assange, Wik­ileaks et Chelsea Man­ning. Les choses vont prob­a­ble­ment empir­er avant de s’améliorer. Mais j’essaie d’être opti­miste. Il a fal­lu plusieurs années avant que les médias grand pub­lic acceptent le fait qu’on nous ait men­ti sur les raisons de l’invasion de l’Irak ».

« Les gens doivent sim­ple­ment être plus cri­tiques dit Kristinn. Ils doivent appren­dre à faire con­fi­ance à cer­tains organes d’information, mais jamais com­plète­ment. Il faut lire les jour­naux avec un esprit cri­tique. Tenir compte de l’influence qui pour­rait être à l’origine de l’article. Faites-vous con­fi­ance à la BBC lorsqu’elle fait des reportages sur la com­mu­nauté du ren­seigne­ment bri­tan­nique ?. Ou à Rus­sia Today quand ils font un reportage sur Pou­tine ?. Faites-vous con­fi­ance à Al Jazeera quand ils font un reportage sur le Qatar ?. Il faut tout pren­dre avec du recul et appren­dre à replac­er les pièces d’un puz­zle quelque peu désor­don­né de ce qui se passe dans le monde. Il faut aus­si exiger des preuves et dire ’mon­trez-moi les doc­u­ments’. Exiger les preuves. Exiger la trans­parence ».

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