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L’Humanité voit son plan de continuation validé après un massif effacement de dettes

9 janvier 2020

Temps de lecture : 2 minutes

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L’Humanité voit son plan de continuation validé après un massif effacement de dettes

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L’Humanité voit son plan de continuation validé après un massif effacement de dettes

9 janvier 2020

Après sa cessation de paiement annoncée au début de l’année 2019, un redressement judiciaire décidé le 7 février suivant, un plan de sauvegarde signé le 12 juin et aboutissant, entre autres, à la suppression de 35 postes, L’Humanité serait en train de sortir de son gouffre, au moins pour un moment.

Dans un juge­ment du 26 décem­bre 2019 que nous nous sommes procurés, le Tri­bunal de com­merce de Bobigny a validé le plan de con­tin­u­a­tion présen­té par le journal.

Un journal en mauvaise santé et gracieusement subventionné

Rap­pelons tout d’abord la sit­u­a­tion exposée en détail par le juge­ment. L’Humanité, jour­nal phare des com­mu­nistes français, est détenu par la “Société nou­velle du jour­nal L’Humanité” (SNJH), suc­cesseur de la “Société human­ité investisse­ments plu­ral­isme”. La SNJH quant à elle, est la pro­priété de per­son­nes physiques à 45,3%, de l’association des Lecteurs du Jour­nal à 20%, de l’association des Dif­fuseurs du Jour­nal à 14,7%, de l’association des Amis du Jour­nal à 10% et de l’association des Per­son­nels du Jour­nal à 10%, soit une mul­ti­tude d’actionnaires de taille plutôt mod­este (dont on ne con­naît pas pour autant les noms).

Con­cer­nant la san­té finan­cière du jour­nal, son chiffre d’affaires baisse con­tin­uelle­ment, pas­sant de 24,9 mil­lions d’euros en 2016 à 23,8 en 2017 et 2018, et 22,5 en 2019 (mal­gré une hausse des recettes réal­isées à la Fête de L’Humanité). Cette baisse est la con­séquence de la diminu­tion des vol­umes de ventes, des recettes pub­lic­i­taires. Elle est accom­pa­g­née de l’augmentation des coûts de pro­duc­tion / dis­tri­b­u­tion et de la struc­ture de charges inadap­tée du jour­nal, entre autres des effec­tifs pléthoriques. En même temps, les dons des par­ti­c­uliers sont aus­si passés de 4 mil­lions en 2016 à 1,9 € en 2018.

Comme d’habitude, c’est en grande par­tie le con­tribuable qui est venu au sec­ours avec 4,2M€ de sub­ven­tions d’aide à la presse en 2018, soit 400K€ de plus par rap­port à 2016. Vu les déc­la­ra­tions de Richard Fer­rand en début d’année 2019, l’augmentation a très prob­a­ble­ment con­tin­ué. Mais comme cela restait insuff­isant, le jour­nal est passé par un plan de con­tin­u­a­tion à l’addition plutôt salée pour ses créanciers.

Un plan surtout possible grâce à un massif abandon de créances

L’Humanité s’est restruc­turée, a fait appel aux dons, mais c’est surtout grâce aux créanciers que ce plan a été validé par le Tribunal.

En effet, à la lec­ture du juge­ment, on apprend que les créanciers, publics comme privés, sont allés jusqu’à faire table rase de 75% des créances dues par le jour­nal, per­me­t­tant d’effacer d’un coup de baguette mag­ique 8 mil­lions d’euros de dettes. Dans la caté­gorie des créanciers privés lui faisant ce beau cadeau, on retrou­ve les prin­ci­paux four­nisseurs du média, Ric­cobono presse investisse­ment (dirigé en par­tie par le groupe de presse autrichien Medi­aprint), Sefal prop­er­ty, Méditer­ranée Off­set Presse, Com­pact, la RATP (?!) et Viparis (pos­sédé à 50% par la CCI d’Ile de France).

Du côté des créances publiques, le con­tribuable fait cadeau de 75% des 1.8 mil­lions dus. On prend les mêmes et on recom­mence, après avoir aban­don­né une créance de 4 mil­lions en 2013, l’État ajoute à ses innom­brables sub­ven­tions, un autre petit cadeau ! Mais après tout, rien de nou­veau sous le soleil, le média com­mu­niste vit depuis longtemps allè­gre­ment de l’argent des autres et de moins en moins de son lectorat.

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