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Les petits Blancs existent : L’Express les a rencontrés !

3 mars 2019

Temps de lecture : 3 minutes
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Les petits Blancs existent : L’Express les a rencontrés !

Depuis le temps qu’on en parlait, on commençait à douter de leur existence. L’Express les a rencontrés. Dans son numéro paru le 28 février, l’hebdomadaire consacre un dossier aux « petits blancs ». Nous avons voulu en savoir plus.

Le petit blanc, c’est à l’origine « un non diplômé qui ne vit pas dans les métrop­o­les ni dans les quartiers et qui n’est pas issu de l’immigration récente ». Désor­mais, l’inquiétude de ces Français de souche s’étend à la périphérie des villes. Par­tant du con­stat de l’avènement du mul­ti­cul­tur­al­isme en France, cha­cun étant ren­voyé à son appar­te­nance, L’Ex­press estime que le « petit blanc » se revendique désor­mais comme tel. Les dif­férents arti­cles et reportages du dossier de l’hebdomadaire nous aident à mieux le con­naitre.

Le petit blanc n’est pas favorable à l’immigration

C’est pour l’Express un « exu­toire facile », l’étranger « sus­cite tous les fan­tasmes ». A ce niveau de général­ités et de cri­tiques gra­tu­ites, on se dit que ce dossier ne va pas nous aider à con­naitre ce que pense le petit blanc, et surtout pourquoi il le pense. Il faut arriv­er à la lec­ture de l’article sur « les peurs pop­u­laires à Caen » pour con­naitre un argu­ment d’un petit blanc con­tre l’immigration : « L’Union européenne paie la France pour qu’elle prenne des réfugiés », « tout le monde le sait », affirme le petit blanc. Tout le monde, mais pas le jour­nal­iste de l’Express. Dom­mage qu’il n’ait pas poussé plus avant ses recherch­es : les sub­ven­tions ver­sées par l’Union européenne aux pays européens pour l’accueil des migrants ne sont pas un fan­tasme, mais une réal­ité depuis plusieurs années. Comme on peut le con­stater sur le site du Min­istère de l’intérieur, ce dis­posi­tif créé en 2000 est tou­jours en vigueur à l’heure actuelle.

Le petit blanc n’est pas d’accord pour qu’on laisse entr­er en France des migrants : « (le migrant) men­ace parce qu’il n’est pas comme nous ». Cette expli­ca­tion, ce n’est pas le petit blanc qui la donne, c’est le jour­nal­iste de l’Express. Le jour­nal­iste de l’Express con­sid­ère peut-être que refuser d’accueillir des migrants dans des ter­ri­toires rongés par le chô­mage ne relève pas d’un argu­ment rationnel mais d’un fan­tasme et du rejet de l’autre.

Le petit blanc n’aime pas l’assistanat

Il s’énerve « con­tre ceux qui ne tra­vail­lent pas et à qui l’on donne tout ». Le petit blanc, qui « débor­de d’amertume », ne devrait peut-être pas trou­ver choquant que le tra­vail ne donne par­fois pas beau­coup plus de moyens que l’assistance, comme le con­fir­mait récem­ment un écon­o­miste de l’OFCE.

L’Express nous mon­tre une solu­tion trou­vée par un maire face à la « colère pro­téi­forme » : le dis­posi­tif « Ter­ri­toires zéro chômeurs ». Il fal­lait y penser : créer des emplois sub­ven­tion­nés pour les offrir à des chômeurs de longue durée. Un vieux rêve com­mu­niste. Ne cherchez pas des infor­ma­tions sur le coût de cette mesure et la via­bil­ité de sa général­i­sa­tion, l’Express n’en dit pas un mot.

Le petit blanc ne s’informe pas, il se désinforme

La preuve : il ne s’informe pas sur les médias de grand chemin, il regarde la chaine « La France libre » ani­mée par G.W. Gold­nadel et A. Bercoff, TV Lib­ertés « une vision d’extrême droite de l’actualité », qui se moque du pou­voir et des médias avec un « ton sou­vent lourd ». Il regarde aus­si RT France, « le média pro Krem­lin ».

Sur le web, « la plu­part se con­tentent de partager des con­tenus sans toute­fois être regar­dants sur leur orig­ine, alors qu’ils sont par­fois issus de la sphère d’extrême droite ou sorali­enne ».

Le petit blanc ne peut pas faire des choix éclairé : il est for­cé­ment manip­ulé. Il est sous l’influence de « l’algorithme des pau­vres gens » nous apprend un enseignant chercheur.

Dans plusieurs des arti­cles de ce dossier, le vocab­u­laire util­isé pour par­ler des « petits blancs » est dans un reg­istre mis­éra­biliste : ils sont« désem­parés », ils « se vivent comme assiégés et mal aimés », ils s’accrochent « à un mythe, à une terre, à une iden­tité qui ras­sure. Quitte à bas­culer dans la haine ». «  La rancœur grandit ».

En creux se des­sine la fig­ure d’un français en proie à des peurs et des émo­tions irra­tionnelles. Les con­vic­tions du petit blanc ne peu­vent être qu’erronées puisqu’il ne sait pas s’informer. Pour légitimer ce por­tait sou­vent con­de­scen­dant et sur­plom­bant, des uni­ver­si­taires et des écrivains sont appelés à la rescousse.

On pense aux analy­ses du géo­graphe Christophe Guil­luy : « l’affaire est enten­due, le nou­veau cli­vage opposerait les ten­ants de la société ouverte au camp du repli. Dans un camp les mod­ernes, ceux qui ont com­pris le sens de l’histoire, ceux qui respectent l’autre, le monde, et de l’autre les class­es pop­u­laires, les peu qual­i­fiés, les esprits faibles, les non diplômés ».

Tous les arti­cles ne sont pas aus­si car­i­cat­u­raux dans ce dossier. Un arti­cle con­sacré à « Bor­deaux, place forte des gilets jaunes » mon­tre — cartes à l’appui — une cor­réla­tion géo­graphique entre un vote impor­tant pour le Rassem­ble­ment nation­al et la local­i­sa­tion des man­i­fes­ta­tions des gilets jaunes en périphérie bor­de­laise. Là où le renchérisse­ment des prix de l’immobilier a relégué « les caté­gories les plus pop­u­laires ». Comme pour con­firmer bien involon­taire­ment l’analyse de Christophe Guil­luy sur « la France périphérique », l’article se con­clut sur « La colère gronde en périphérie ».

S’il y avait un réel intérêt à présen­ter la France d’en bas, « boutée hors des nou­velles citadelles que sont dev­enues les métrop­o­les », pour repren­dre les ter­mes de C. Guil­luy, à trop forcer le trait, L’Ex­press est plus proche de la car­i­ca­ture du « petit blanc » que du por­trait.

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