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Les jeunes journalistes sont mal en point

26 octobre 2023

Temps de lecture : 2 minutes
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Les jeunes journalistes sont mal en point

Temps de lecture : 2 minutes

En octobre 2021, nous avions chroniqué l’ouvrage de Jean-Marie Charon, un excellent connaisseur du milieu journalistique, sur les départs précoces dans la profession. L’auteur revient deux ans plus tard sur la condition des jeunes journalistes.

Des écoles toutes sur le même moule

Le thème n’est pas abor­dé par le nou­v­el ouvrage de Jean-Marie Charon, mais il est essen­tiel. Nous pub­lions régulière­ment des analy­ses sur les 14 écoles de jour­nal­isme recon­nues en France comme par exem­ple l’ESJ de Lille ou bien le CFPJ de Paris. Ce sont des écoles de for­matage intel­lectuel. Pro­fesseurs de gauche ou d’extrême gauche, élèves sélec­tion­nés sur le même mod­èle. Étu­di­ants con­ser­va­teurs s’abstenir ou alors rester silen­cieux pen­dant la scolarité.

Le seuil des 7 ans

Jean-Marie Charon, à tra­vers une cen­taine d’entretiens avec de jeunes jour­nal­istes, fait un con­stat amer : au bout de sept ans 40% des déten­teurs d’une pre­mière carte de presse quit­tent la pro­fes­sion. Ils se diri­gent vers l’enseignement, la com­mu­ni­ca­tion ou retour­nent à une pré­car­ité dont ils n’étaient par­fois jamais sor­tis, allant de CDD en CDD, mal rémunérés et mal considérés.

Défiance du public, de la famille, des amis

L’auteur insiste sur la mau­vaise répu­ta­tion des jour­nal­istes. Que ce soit lors des man­i­fes­ta­tions des gilets jaunes où ils se font insul­ter mais aus­si dans un cadre ami­cal et famil­ial. Ce qui entraîne un stress, une sorte de soli­tude morale. Il est dom­mage que la réflex­ion ne pose pas le pourquoi de ce rejet. Si un large pub­lic méprise les jour­nal­istes, c’est aus­si parce qu’une pro­por­tion sig­ni­fica­tive de ceux-ci ne sont plus là pour décrire le réel mais pour l’occulter ou même le recon­stru­ire suiv­ant leur mod­èle idéologique.

Au-delà d’un encadrement défail­lant souligné par l’auteur, c’est d’une véri­ta­ble réforme intel­lectuelle et morale dont a besoin la pro­fes­sion. Elle ne saurait pass­er que par de pro­fonds change­ments dans les écoles de jour­nal­isme qui for­ment des clones libéraux lib­er­taires, aigris, inter­change­ables et finale­ment malheureux.

Jean-Marie Charon, Jeunes Jour­nal­istes, l’heure du doute, Entrem­is­es édi­tions, 2023