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ILDJ : une école pour œuvrer au pluralisme

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10 juin 2024

Temps de lecture : 6 minutes
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ILDJ : une école pour œuvrer au pluralisme

Temps de lecture : 6 minutes

C’est face au constat de l’extrême uniformité idéologique des diverses formations au journalisme offertes par les écoles « reconnues par la profession », toutes largement imprégnées de « progressisme » sociétal et de gauchisme mondialisto-libertaire (voir nos divers « portraits » d’écoles), qu’a été lancé, en 2018, l’Institut Libre de Journalisme (ILDJ), dispensant, sur 10 week-ends « intensifs », une formation aux diverses techniques du journalisme (presse écrite, web, radio, vidéo). L’ILDJ s’adresse à des étudiants âgés de 18 à 30 ans répartis en promotion de 25 élèves encadrés par une vingtaine de journalistes professionnels afin d’assurer un suivi d’apprentissage véritablement « personnalisé ». La direction pédagogique du cursus est assurée par les journalistes Jean-Baptiste Giraud et Louis Daufresne. En 2024, l’ILDJ a également mis en place un organisme de formation à destination des professionnels et une Agence ILDJ où les étudiants proposent leurs services pour la réalisation de piges (articles, vidéos, podcasts, gestion des réseaux sociaux, etc.).

Un enseignement personnalisé

En 2018 nais­sait l’Institut Libre de Jour­nal­isme (ILDJ, institutlibredejournalisme.fr), dis­pen­sant, sur 10 week-ends « inten­sifs », une for­ma­tion aux divers­es tech­niques du jour­nal­isme (presse écrite, web, radio, vidéo). L’ILDJ s’adresse à des étu­di­ants âgés de 18 à 30 ans répar­tis en pro­mo­tion de 25 élèves encadrés par une ving­taine de jour­nal­istes pro­fes­sion­nels afin d’as­sur­er un suivi d’ap­pren­tis­sage véri­ta­ble­ment « per­son­nal­isé ». La direc­tion péd­a­gogique du cur­sus est assurée par les jour­nal­istes Jean-Bap­tiste Giraud et Louis Daufresne. En 2024, l’ILDJ a égale­ment mis en place un organ­isme de for­ma­tion à des­ti­na­tion des pro­fes­sion­nels et une Agence ILDJ où les étu­di­ants pro­posent leurs ser­vices pour la réal­i­sa­tion de piges (arti­cles, vidéos, pod­casts, ges­tion des réseaux soci­aux, etc.).

Former des esprits critiques

Réagis­sant au con­formisme ambiant et à la défi­ance crois­sante du pub­lic envers les « grands » médias, l’ILDJ dis­pense des enseigne­ments de cul­ture générale et de décryptage de l’actualité qui visent à dévelop­per chez les étu­di­ants un esprit cri­tique et un souci de recherche de la vérité des faits, afin « d’œu­vr­er au plu­ral­isme en for­mant des jeunes capa­bles de sor­tir des sen­tiers bat­tus pour porter une voix dif­férente dans les médias ». L’In­sti­tut souhaite ain­si offrir un accès aux métiers de jour­nal­isme à une jeunesse qui en était jusque-là exclue par le total­i­tarisme idéologique rég­nant dans la plu­part des écoles « offi­cielles » et con­damnant les esprits rétifs à la doxa dom­i­nante au silence ou à la « plac­ardi­s­a­tion » pro­fes­sion­nelle. S’ap­puyant sur un impor­tant réseau de jour­nal­istes et sur l’ac­croisse­ment con­séquent du nom­bre de médias à ten­dance « con­ser­va­trice » (Cnews, Valeurs Actuelles, Europe 1, le JDD, Sud Radio…), l’In­sti­tut veut démon­tr­er qu’il est aujour­d’hui pos­si­ble de réus­sir dans le monde des « médias » sans se soumet­tre servile­ment au poli­tique­ment cor­rect et à la bien-pen­sance de la gauche « morale ». Ain­si, on peut retrou­ver des anciens élèves de l’ILDJ à des postes tels que rédac­trice en chef du site web du Livre noir, com­men­ta­teur à Infos­port+,  chef d’édition au Figaro Live, rédac­teur à la Manche Libre ou encore respon­s­able édi­to­r­i­al de VA+…

« Avant, il n’y avait pas d’opposition aux médias main­stream. Mais aujourd’hui, grâce à quelques mil­liar­daires et par­ti­c­ulière­ment un, qui a acheté beau­coup de médias, on a totale­ment changé le débat pub­lic en France. En gros, nous avons un Fox News en France et ça change com­plète­ment le spec­tre du débat », expli­quait ain­si Alexan­dre Pesey lors d’une con­férence en ligne de la Com­mon Sense Society.

Ne perce­vant aucune aide publique, l’In­sti­tut est notam­ment financé par la Fon­da­tion Notre-Dame et des lev­ées de fonds de la Nuit du Bien com­mun.

Par ailleurs, la for­ma­tion est payante, 1 250 euros de frais de sco­lar­ité payables en plusieurs fois répar­ties sur l’année afin que l’In­sti­tut soit acces­si­ble au plus grand nom­bre, sachant par ailleurs que des sys­tèmes de bours­es ou d’aides pour le trans­port et le loge­ment sont égale­ment pro­posés aux étu­di­ants ne vivant pas à Paris ou en Île-de-France.

À droite, sans complexe mais sans sectarisme

Si la plu­part des inter­venants de l’ILDJ issus du monde médi­a­tique offi­cient dans des titres et sup­ports classés comme « con­ser­va­teurs » (Geof­froy Leje­une, Chris­tine Kel­ly, Lau­rent Dan­drieu, Elis­a­beth Levy, Eugénie Bastié, Math­ieu Bock-Coté…), on notera aus­si la présence de per­son­nal­ités issues d’un tout autre hori­zon idéologique comme Éric Brunet (LCI), Nico­las Doze (BFM), Christophe Bar­bi­er (L’Express) ou Daniel Rio­lo (RMC).

« Il ne s’ag­it pas de créer un entre-soi inver­sé par rap­port à celui rég­nant dans les écoles dites « offi­cielles ». Ce que nous défendons, c’est la notion de plu­ral­isme, et nous ne voulons pas que nos étu­di­ants soit enfer­més dans une vision du monde uni­voque et sim­pliste, nous souhaitons au con­traire aigu­is­er leur capac­ité d’analyse et leur esprit cri­tique, y com­pris vis à vis de leurs pro­pres engage­ments et de leurs incli­na­tions poli­tiques… » explique l’un des cadres de l’Institut.

Mis­sion sem­ble-t-il réussie, du moins si l’on en croit Nico­las, étu­di­ant en 2020, qui évoque son par­cours : « J’ai com­mencé mes études à l’Institut supérieur du jour­nal­isme Toulouse (ISJT) mais j’ai rapi­de­ment étouf­fé au sein de cette école, entre « semi-racailles » voulant devenir jour­nal­istes sportifs par pas­sion pour le foot « black-beur », fémin­istes mil­i­tantes et inter­venants aus­si con­formistes que sopori­fiques… Je suis donc « mon­té » à Paris et j’ai pu béné­fici­er de la for­ma­tion de l’ILDJ… Là, j’ai pu repren­dre les bases du méti­er et dévelop­per mon réseau, dans une ambiance plus con­forme à mes valeurs et à mes aspi­ra­tions, même si les enseignants nous ont tou­jours mis en garde con­tre l’ex­cès de par­ti-pris et le risque de con­fon­dre jour­nal­isme et mil­i­tan­tisme… Si un jour­nal­iste ne pour­ra jamais être totale­ment “neu­tre”, il se doit de rester tou­jours “hon­nête”. »

Si, actuelle­ment, l’IDLJ n’a pas encore atteint l’influence ni la renom­mée des « grandes » écoles de jour­nal­isme qui four­nissent la masse des petits sol­dats de l’information corsetée et for­matée, son exis­tence et son développe­ment représen­tent néan­moins une brèche non nég­lige­able dans l’hégémonie de la gauche libérale-lib­er­taire sur la for­ma­tion des futurs infor­ma­teurs du grand pub­lic. Une nou­veauté qui devrait être saluée unanime­ment par l’ensemble de la « pro­fes­sion » puisque celle-ci n’a de cesse que de van­ter les puis­sant charmes et les grands mérites de la « diver­sité » et de la « plu­ral­ité ». Dont acte…

Voir aus­si : ESJ Lille, la pire école de journalisme