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Pub­lié le 29 octobre 2019 | Éti­quettes : ,

Libé met la propagande à la portée des gamins

Le P’tit Libé c’est « l’actu des grands expliquée aux enfants ». Dans son numéro 125, en ligne, daté du 25 au 31 octobre 2019, le webzine a voulu expliquer « Le racisme envers les musulmans en France ».

Le pitch

« Le 11 octobre, un élu s'en est pris à une femme musulmane parce qu’elle portait un voile religieux sur la tête. Elle en avait pourtant le droit. Ce n’est pas la première fois qu’une femme portant un foulard est montrée du doigt. Plus largement, l’islam, la religion des musulmans, fait souvent l'objet de débats entre les responsables politiques ou d'autres personnalités. A cause de ça, de nombreux musulmans ne se sentent pas acceptés en France.Dans notre pays, chaque personne est pourtant libre d’avoir une religion ou de ne pas en avoir. Ce principe a un nom : la laïcité. C’est ce qui nous permet de vivre ensemble. Lis ce numéro pour tout comprendre ».

Remarques

*Que l’évènement se soit produit dans l’enceinte d’un conseil régional n’est pas mentionné, voir notre article "La folle semaine médiatique du voile".

  • Le pitch précise que la femme musulmane « portait un voile religieux sur la tête ». Le voile est donc bien un marqueur de la religion musulmane, du point de vue de la rédaction du P’tit Libé et donc de Libération.
  • C’est parce que les femmes musulmanes seraient « montrées du doigt » que « de nombreux musulmans ne se sentent pas acceptés en France ».
  • Le tout se termine évidemment par la notion de « vivre ensemble », dont la réalité vécue en France mériterait cependant d’être analysée.

Le sommaire du numéro

En 8 parties : il suffit de cliquer sur l’une de ces parties, à dominante « vert islam » pour accéder à une partie du sommaire ou bien sur la huitième partie pour imprimer le numéro.

  • Malika, 24 ans, est musulmane
  • Pourquoi des personnes disent qu’il y a une haine contre les musulmans en France ? (notons que c’est le sujet de Laurent Joffrin la même semaine dans ses éditoriaux de Libération).
  • Qu’est-ce que l’islamophobie ?
  • Que dit la loi sur les religions ?
  • Comment ça se passe à l’école
  • Quiz (véritable outil d’apprentissage sur ce qu’est l’islam)
  • Mon coin lecture
  • Et la possibilité d’imprimer

Un ensemble signifiant

Tout le dossier est construit pour minimiser la violence intrinsèque à l’islam et pour mettre en cause des islamophobes supposés être la source du problème, en lieu et place de l’islam donc.

Le titre du dossier attirait déjà l’oeil et pouvait poser question : comment un racisme peut-il exister contre une religion ? Et comment l’affirmation de ce racisme peut-elle être posée comme une évidence, sauf à reconnaître que l’islam n’est justement pas une religion au sens usuel du terme ? Le P’tit Libé ne parlerait sans doute pas de racisme contre les chrétiens, ni de christianophobie, pas plus de racisme envers les païens, donc de paganophobie.

Alors ?

Cela s’explique en lisant le contenu du numéro, étrangement islamophile et négateur des particularités de cette religion qui est autant politique que religieuse.

Un exemple avec Malika

« La religion de Malika, c’est l’islam. Mais elle n’a pas reçu d’éducation religieuse en grandissant. « Mes parents sont des immigrés marocains. Ils sont arrivés en France dans les années 1970. La religion n’était pas leur priorité car ils ne voulaient pas se faire remarquer. » C’est au lycée qu’elle a décidé de couvrir ses cheveux avec un voile, comme le font certaines musulmanes. «Mais au lycée, je n’avais pas le droit de le porter, donc je l’enlevais avant d’entrer. A l’université, j’ai décidé de porter un voile et un vêtement plus longs. Pour arriver à cette décision, ça a été de longues nuits blanches de réflexions sur ce que ça veut dire d’être musulmane. C’est mon choix personnel. » (...)

« Après avoir décidé de porter le voile, elle a été victime de discrimination : « Par exemple, pendant ma première année à l’université, j’ai voulu aller voter. Au bureau de vote, une femme m’a dit que je n’avais pas le droit de voter avec mon voile et que je devais l’enlever. Mais je savais que j’avais le droit ! Le plus difficile, c’est le sentiment d’injustice. On se sent impuissant et méprisé. » Malika vient d’être diplômée en sociologie et cherche maintenant du travail. « Pour l’instant, je ne suis pas inquiète, car je n’ai pas de soucis financiers. Mais c’est plus difficile de trouver du travail quand on porte le voile. »

Édifiant ? Il y a mieux :

« Pour aider les musulmans victimes de discrimination ou d’attaques, elle a décidé il y a un an de s’engager dans une association, le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF). Elle accompagne notamment les personnes victimes d’islamophobie, le nom qu’on donne au racisme envers les musulmans. «On recueille leurs témoignages et on les aide à porter plainte si elles le souhaitent. Ça nous permet aussi de compter les actes contre les musulmans et de savoir s’ils augmentent ou pas. »

Le P’tit Libé promeut ainsi l’idéologie des Frères Musulmans, celle du CCIF, idéologie qui est justement une des fondatrices de l’islam radical.

Notons que le webzine n’indique pas que le voile est une invention du 13e siècle : les femmes le portaient en sortant de chez elles pour aller satisfaire leurs besoins sans être importunées. Elles signifiaient ainsi qu’elles n’étaient pas des prostituées. Ce fait historique montre que le voile n’a rien de religieux au départ mais qu’il l’est devenu ensuite, pour devenir plus tard un marqueur culturel et politique.

Ce genre de dossiers, dans les médias dominants, donne la majeure partie du temps la parole à des femmes engagées qui défendent le port du voile, affirmant avoir choisi. Est-ce le cas de toutes les femmes voilées ? Si non, pourquoi ne pas leur donner la parole ? Parce qu’elles ne le veulent pas ? Parce qu’elles auraient toutes choisi ? Ou bien parce qu’elles ne peuvent pas prendre la parole et qu’elles n’ont rien choisi ?

Un autre exemple : qu’est-ce que l’islamophobie ?

« Ces dernières années, les attentats qui ont eu lieu en France et dans d’autres pays « ont donné au grand public l’image d’une religion menaçante, qui fait peur », constate Nonna Mayer, chercheuse au Centre national de la recherche scientifique (CNRS). En effet, les terroristes disent qu’ils agissent au nom de l’islam. En réalité, ils veulent forcer les gens à penser comme eux en utilisant la violence. Ils ne représentent pas l’islam et les musulmans. Mais à cause de ça, certaines personnes associent les musulmans aux terroristes.

« D’ailleurs, le ministère de l’Intérieur dit que les attaques contre les musulmans, verbales et physiques, ont été plus nombreuses en 2015, l’année des attentats à Paris ».

A aucun moment, dans ces deux exemples, les différents types de voiles ne sont pris en compte. Or, la femme « prise à partie par un élu » (de la république, le genre de personne qu’un webzine publié à l’attention des enfants pourrait envisager de défendre) porte un voile salafiste, accompagné de la tenue qui va avec. Son vêtement est précisément le marqueur d’un certain islam, celui qui a partie liée idéologiquement avec la violence islamiste partout dans le monde.

La suite est claire et propagandiste : « Certains partis politiques, comme le Rassemblement national, se servent de ce rejet. « Il y a des mouvements et des partis politiques très différents qui utilisent à tort la laïcité pour en réalité stigmatiser et exclure une partie de la population. Et actuellement ça vise essentiellement les personnes de confession musulmane », conclut Nicolas Cadène, rapporteur général de l'Observatoire de la laïcité ».

Il n’est pas inutile de savoir que ce genre de médias pour les enfants est justement ce qui est mis entre leurs mains dans les CDI des collèges. P’tit Libé, une radicalisation en forme de collaboration avec toutes les formes d’islam sous prétexte de lutter contre un « racisme » ?

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