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Le mobile antisémite du meurtre de Sarah Halimi a‑t-il été sciemment caché par les médias ?

2 août 2017

Temps de lecture : 3 minutes
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Le mobile antisémite du meurtre de Sarah Halimi a‑t-il été sciemment caché par les médias ?

[Red­if­fu­sions esti­vales 2017 – arti­cle pub­lié ini­tiale­ment le 26/05/2017]

Le 4 avril dernier, en pleine campagne présidentielle, un fait divers sanglant avait lieu dans le quartier de Belleville, à Paris.

En pleine nuit, Kada T., « dans un état sec­ond » frappe à la porte d’amis à lui, d’o­rig­ine mali­enne. Effrayés par son com­porte­ment, ces derniers se cloîtrent alors dans une pièce et appel­lent la police, qui arrive 3 min­utes plus tard. L’homme refuse de sor­tir, les policiers appel­lent des ren­forts. C’est alors que Kada T. sort de l’ap­parte­ment par le bal­con, enjambe la ram­barde et parvient à attein­dre le bal­con d’une voi­sine.

Après l’avoir réveil­lé en pleine nuit, l’homme s’acharne sur Sarah Hal­i­mi, retraitée de con­fes­sion juive, la frappe puis la défen­estre, ne lui lais­sant aucune chance de survie. Dès la médi­ati­sa­tion de ce fait divers trag­ique, autorités judi­ci­aires et médias n’ont eu de cesse de répéter qu’il s’agis­sait là d’un meurtre cra­puleux, com­mis par un « déséquili­bré » sans réel motif. Dans les jours suiv­ants, le pro­cureur de Paris a assuré aux autorités juives que la thèse du crime anti­sémite était à écarter. « Il n’y a jusqu’à présent aucun élé­ment qui per­me­tte d’attribuer un car­ac­tère anti­sémite à cet acte, ni d’attester une quel­conque rad­i­cal­i­sa­tion », affir­mait une source proche de l’en­quête.

Seule­ment, depuis plusieurs jours, cette ver­sion des faits est large­ment remise en cause. « Sept semaines après le drame, les soupçons ont cédé la place aux cer­ti­tudes », rap­porte Le Monde, qui recon­naît que les médias ont été « trop pru­dents » vis-à-vis de cette affaire. Lun­di 22 mai, dans une con­férence de presse, les proches de Sarah Hal­i­mi évo­quaient un crime com­mis « par un ter­ror­iste venu pour la tor­tur­er et finir par la défen­estr­er (…) parce qu’il savait qu’elle était juive pra­ti­quante ».

Et de pour­suiv­re : « Il l’a mas­sacrée, le salon était plein de sang (…) il ne s’interrompait que pour réciter des sourates du Coran. » La sœur de la vic­time pré­cise que sa « nièce avait déjà été traitée de “sale juive’’ et bous­culée par la famille [du sus­pect] ». Pour les avo­cats de la famille de la vic­time, Mes David-Olivi­er Kamin­sky et Jean-Alexan­dre Buchinger, le meur­tri­er « est ren­tré chez Sarah Hal­i­mi parce qu’il savait qu’elle était juive pra­ti­quante. C’est la rai­son pour laque­lle elle a été assas­s­inée. »

Pour­tant, lors de l’ou­ver­ture de l’in­for­ma­tion judi­ci­aire le 14 avril dernier, cette cir­con­stance aggra­vante n’avait pas été retenue par le juge d’in­struc­tion. Nous étions alors en pleine cam­pagne élec­torale pour la prési­den­tielle… De quoi soulever des ques­tions.

Les autorités et les médias ont-ils, mal­gré les appels de la com­mu­nauté juive, volon­taire­ment passé sous silence le pos­si­ble mobile anti­sémite de ce drame ? Pour Gilles-William Gold­nadel, avo­cat représen­tant de la sœur de la défunte, cette affaire a « fait l’ob­jet d’une som­bre omer­ta dont les ressorts cachés vien­nent d’être démon­tés ». Selon lui, celui qu’on avait présen­té comme un fou sans his­toire « présente le pro­fil clas­sique des crim­inels islamistes habituels: petit caïd bien con­nu des ser­vices de police du 11e arrondisse­ment pour ses mul­ti­ples con­damna­tions ».

Con­cer­nant le meurtre en lui-même, l’av­o­cat rap­pelle qu’« à plusieurs repris­es, il avait insulté sa vic­time, qui le craig­nait, en la trai­tant de “sale juive” », et que « de mul­ti­ples témoins et voisins attes­tent avoir enten­du “Allah Akbar!” tan­dis qu’il s’achar­nait sans fin sur la mal­heureuse ». Et de con­clure qu’« en pleine péri­ode élec­torale », c’est finale­ment « le proces­sus habituel de psy­chi­a­tri­sa­tion de l’as­sas­sin islamiste (qui) a été adop­té ».

La suite de l’en­quête devrait nous en dire plus sur les cir­con­stances exactes du pas­sage à l’acte. En atten­dant, on ne peut s’empêcher de voir dans cette omer­ta la mise en pra­tique de la philoso­phie qui guide désor­mais la plu­part des jour­nal­istes : ne pas « faire le jeu » du FN…

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