Accueil | Actualités | Médias | Le conflit israélo-palestinien déchaîne les passions sur la toile
Pub­lié le 19 juillet 2014 | Éti­quettes :

Le conflit israélo-palestinien déchaîne les passions sur la toile

D'après Les Échos, « les principaux sites français d'information en ligne sont devenus le champ de bataille de militants pro-palestiniens et pro-israéliens » alors que la crise au Proche Orient atteint des sommets de violence.

La société Netino, spécialisée entre autres dans la modération des espaces de dialogue sur de nombreux médias en ligne, a tiré la sonnette d'alarme en constatant qu'« une véritable guerre d’influence, via les réseaux sociaux, se met en marche dans les deux camps pour essayer d’orienter les contenus éditoriaux des grands journaux et du même coup, influencer l’opinion publique française ».

Aux Échos, le président de cette société, Jérémie Mani, explique que « le conflit israélo-palestinien est le cauchemar du modérateur ». Avec le meurtre de trois enfants israéliens, le flux de commentaires passionnés avait déjà nettement augmenté. Mais lorsqu'Israël a riposté en lançant des frappes sur la bande de Gaza, les débats enflammés ont littéralement explosé. Selon Netino, l'internaute essaie tantôt de défendre son camp, tantôt de rejeter la faute sur les journalistes en les accusant de mal traiter ce sujet délicat. On leur reproche, côté pro-palestinien, de ne pas employer les termes de « génocide » et de « massacre » et d'être à la solde d'un « complot sioniste ». Côté pro-israélien, on n'admet pas que la presse souligne l'agressivité et la riposte disproportionnée d'Israël dans cette lutte.

« Quasiment aucune chaîne de télévision, de radio, quotidien ou magazine n’est épargné. Tous reçoivent quotidiennement un flot de commentaires haineux et racistes, variant de centaines à quelques milliers par jour », relatent Les Échos. « J’ai même vu passer les coordonnées d’un journaliste qui avait écrit un article sur le conflit. Son email et son numéro de téléphone étaient publiés », précise Jérémie Mani.

François Jeanne-Beylot, fondateur et gérant de la société Troover Inmediatic spécialisée dans la recherche d’informations et de l’influence sur Internet, y voit un phénomène viral difficilement contrôlable : « Les sites d’information en ligne sont propices aux phénomènes viraux puisqu’ils favorisent le partage et le commentaire de leurs contenus. » Parfois, un utilisateur peut même copier-coller son message des centaines de fois son message sur différents sites, quand ce ne sont pas des robots qui sont utilisés pour cette tâche.

« Aujourd’hui, mes clients sont dépassés », explique Jérémie Mani. En effet, chaque article traitant du conflit israélo-palestinien enflamme les foules à tous les coups. Un embrasement qu'il devient très difficile de gérer. « Ce conflit est une constante. C’est un dialogue de sourds qui fait beaucoup de bruit », ajoute M. Mani avant d'expliquer que « dans l’idéal, il faudrait garder un message type et bloquer toutes ses répliques mais cela représente un travail considérable ».

Et impossible pour les médias de laisser libre cours au débat, en ne modérant rien, sous peine de tomber sous le coup de la loi. Pour Jérémie Mani, la solution la plus simple est tout simplement de bloquer temporairement les commentaires sous certains articles. « Cela se justifie tout à fait dans ce cas-ci puisque 80 % des commentaires sont supprimés », conclut-il.

Mais là encore, cette application est impossible sur les réseaux sociaux, où l'on ne peut pas choisir de bloquer les commentaires... Reste pour les médias la solution la plus communément adoptée : laisser passer la tempête en tentant de gérer au mieux ces vagues envenimées.

Crédit photo : steved_np3 via Flickr (cc)

Tant que vous êtes ici...

Ce contenu a été financé par les donateurs de l'OJIM

L’Ojim est là pour vous aider à vous guider dans le monde opaque et souvent univoque des médias.

Contrairement à beaucoup, nous avons choisi une formule gratuite qui permet de mettre nos informations à la disposition de tous, indépendamment de leurs moyens. L’Observatoire est totalement indépendant, libre de toute publicité, de toute subvention, de tous actionnaires. Ce qui nous permet de donner une voix à ceux qui sont rarement entendus. Ce qui nous différencie de nombreux médias à un moment où la loyauté de l’information devient cruciale. Votre contribution, modeste ou importante, sert directement à régler la partie technique du site et à rémunérer nos rédacteurs. Chaque don bénéficie d’un reçu fiscal de 66%. Un don de 100 € ne vous coûtera que 33 €. Merci de votre soutien.