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La France interdite et les médias : entretien avec Laurent Obertone

30 décembre 2018

Temps de lecture : 3 minutes
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La France interdite et les médias : entretien avec Laurent Obertone

Pre­mière dif­fu­sion le 11/10/2018 — L’Observatoire du jour­nal­isme (Ojim) se met au régime de Noël jusqu’au 5 jan­vi­er 2019. Pen­dant cette péri­ode nous avons sélec­tion­né pour les 26 arti­cles de la ren­trée qui nous ont sem­blé les plus per­ti­nents. Bonne lec­ture, n’oubliez pas le petit cochon de l’Ojim pour nous soutenir et bonnes fêtes à tous. Claude Chol­let, Président

Laurent Obertone est un auteur à succès. Ses premiers ouvrages parus aux éditions Ring se sont vendus à plus de 300.000 exemplaires malgré un silence ou une hostilité médiatiques remarquables. Nous lui avons demandé quelle était sa méthodologie journalistique et comment son livre était accueilli dans les médias. Verbatim.

Après La France Orange mécanique, et La France Big Brother, quelle a été votre démarche pour vous intéresser à l’immigration dans votre troisième volet via La France interdite ?

Le scan­dale de La France Orange Mécanique résidait dans le fait d’évo­quer la crim­i­nal­ité des indi­vidus issus de l’im­mi­gra­tion, qui est un véri­ta­ble tabou. Le prin­ci­pal objet du con­di­tion­nement médi­a­tique que je décris dans La France Big Broth­er est l’im­mi­gra­tion. Ce sujet, qui me sem­ble fon­da­men­tal, et dont l’avenir de notre pays dépend, est, en quelque sorte, le père de tous les tabous. J’ai donc décidé de m’y atta­quer de front.

Quelle est votre méthode en matière de journalisme ?

Elle est pré­cisé­ment l’in­verse de celle de mes col­lègues “main­stream” : j’é­carte toute con­sid­éra­tion morale et je n’ex­am­ine que les faits. Ce sujet est mal­heureuse­ment totale­ment ver­rouil­lé par l’in­tim­i­da­tion, l’indig­na­tion, le chan­tage au racisme. Il est impos­si­ble de l’abor­der de manière rationnelle sans qu’on vous y oppose l’hys­térie. C’é­tait une manière pour les faiseurs d’opin­ion d’éviter un débat réel, factuel, à armes égales. Mais ce temps est révolu. La lib­erté de con­science doit repren­dre ses droits, et les faits doivent rede­venir le cen­tre du débat.

Dans La France Big Brother vous présentiez des exemples de vérités occultées ou déformées ou biaisées. Quelles seraient les principales occultations, omissions, déformations   découvertes dans votre dernier ouvrage ?

Les chiffres de l’im­mi­gra­tion (les seuls indi­vidus nés à l’é­tranger) occul­tent le change­ment pro­fond de la pop­u­la­tion, et le poids des descen­dants d’im­mi­grés, notam­ment aux orig­ines extra-européennes, dans la pop­u­la­tion française. De la même manière, on pré­tend que la natal­ité française est plutôt bonne, alors que la natal­ité autochtone est anémique. On fait mine d’ig­nor­er l’ex­plo­sion démo­graphique africaine et les immenses mou­ve­ments migra­toires à venir. Et surtout on évite un soigneux exa­m­en des con­séquences économiques, sociales, socié­tales ou cul­turelles de l’im­mi­gra­tion actuelle. Elles sont très impor­tantes, et fort peu com­pat­i­bles avec les tra­di­tion­nelles asser­tions médi­a­tiques, “l’im­mi­gra­tion est une chance”, “la diver­sité est une richesse”, etc.”.

Les journalistes ont ils une responsabilité dans cet habillage du réel ? Ou bien sont ils les otages d’un système dont ils sont paradoxalement les acteurs mais aussi les victimes ?

Il y a en effet les vic­times et les mil­i­tants, et sou­vent des vic­times qui mili­tent par con­formisme pur. Beau­coup me deman­dent ce qu’ils gag­nent à agir ain­si, mais il serait plus juste de se deman­der ce qu’ils évi­tent de per­dre. C’est ce qu’on appelle “l’aver­sion à la perte” en psy­cholo­gie : l’in­di­vidu se bat avant tout pour garder sa place au sein de son groupe, s’en faire bien voir, ne surtout pas dépareiller, ris­quer d’être rétro­gradé, voire d’en être exclu. C’est une stratégie d’adap­ta­tion à un con­texte moral pré­cis. Il court pour rester à la même place. Plus on est haut placé dans cette pyra­mide dog­ma­tique de la bien-pen­sance, qui s’est mise en place voici plusieurs décen­nies, moins on peut se per­me­t­tre des diver­gences morales, plus on doit faire des efforts pour s’y con­former. Et plus on refuse la con­fronta­tion avec les réalités…

Votre livre est maintenant en vente depuis plusieurs semaines quel a été l’accueil des médias mainstream, quelle a été la couverture presse, radio, télévision web de la sortie de votre ouvrage ?

Avec quelques excep­tions, cet accueil n’a pour l’in­stant pas eu lieu. Un silence épais et mas­sif, à la mesure du suc­cès de bouche à oreille ren­con­tré par le livre. “Vous com­prenez, il y a eu la polémique Éric Zem­mour. Et puis il y a les Européennes qui arrivent. Ce n’est pas le bon moment pour par­ler de l’im­mi­gra­tion”. Ce n’est jamais le bon moment. C’é­tait déjà le cas pour Gueril­la. Ils ont com­pris qu’en par­ler, même en mal, ne fai­sait qu’ac­croître mon pub­lic, qui ren­force de fait sa défi­ance con­tre cette classe médi­a­tique. Le fos­sé se creuse, mes livres se vendent, le pub­lic des par­ti­sans de l’omerta se perd… Que ces con­fis­ca­teurs de démoc­ra­tie dis­parais­sent du paysage, c’est une bonne chose. Nous seri­ons bien inspirés de ne pas les imiter.

Entre­tien réal­isé par Claude Chollet.

Trailer des éditions Ring

Lau­rent Ober­tone, La France inter­dite, édi­tions Ring, 2018, 544 p, 20 €

Crédit pho­to : DR

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