Il n’y avait que Philippe Muray pour anticiper la folie et la démesure développées depuis quelques temps à travers les « fake news », les « infox », les « bobards », bref le décryptage-brouillage de l’information-désinformation.
L’étau se resserre chaque semaine sur la liberté d’opinion et d’expression. Pour combattre la censure il faut déjà l’identifier.
La censure consiste à limiter la diffusion d’informations ou d’opinions, souvent pour des raisons politiques ou morales. Elle n’est pas l’apanage des dictatures : la censure existe aussi dans les démocraties, bien que sous des formes plus subtiles. En Europe occidentale, la censure prend différentes formes, juridiques par exemple, pour empêcher certains discours considérés comme contrevenant à certains dogmes ou normes. Des organisations comme Reporters sans frontières (RSF) ou encore l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (ARCOM), les géants du numérique via la modération et la surveillance, renforcent ce contrôle, créant ainsi une homogénéité de l’information et limitant les discours divergents.
Voir aussi : Reporters sans frontières (RSF), ARCOM, Laetitia Avia, Christophe Deloire, Patrick Cohen, Sleeping giants
Il n’y avait que Philippe Muray pour anticiper la folie et la démesure développées depuis quelques temps à travers les « fake news », les « infox », les « bobards », bref le décryptage-brouillage de l’information-désinformation.
Jack Dorsey/Twitter contre Ted Cruz/Texas, c’était une des affiches des auditions de dirigeants des GAFA devant le Sénat américain mi-novembre 2020 au moment où les réseaux sociaux censuraient toute information sur les possibles fraudes électorales de l’élection présidentielle. Qui fait la leçon à qui ?
« L’amour c’est la haine », ce slogan de 1984 d’Orwell résonne d’une étrange actualité à l’heure où les réseaux sociaux censurent au nom de la liberté d’expression et où une loi liberticide veut soi-disant lutter contre la haine.
En 2007 sortait en librairie un essai écrit par la journaliste altermondialiste Naomi Klein, La stratégie du choc (Actes Sud, traduit en 2008). La thèse centrale de son ouvrage : les élites utilisent souvent des situations extrêmes (catastrophes naturelles, attentats) et la sidération de l’opinion publique pour « assurer la prise de contrôle de la planète par un ultralibéralisme surpuissant ».
« Au prétexte de n’offenser personne, ils contraignent tout le monde », la citation qui figure sur la jaquette du livre résume bien ce recueil de six essais du philosophe et essayiste. Courte visite guidée.
La groupe éditorial VA News publie nombre de livres intéressants comme celui de François-Bernard Huyghe, Fake News, dont nous avons rendu compte en mai 2020. Une tribune du 28 octobre 2020 d’une certaine Rym Boukhari appelant à toujours plus de censure et à une société de surveillance dans l’esprit de la loi Avia nous a interpellé.
En Europe centrale et orientale, Facebook confie la vérification des informations à des organisations financées par le très progressiste milliardaire américain d’origine juive hongroise, George Soros.
Le bobard est arrivé au sommet en septembre à l’occasion du discours sur l’état de l’Union de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.
Depuis huit jours, le compte Twitter de l’Ojim est « restreint ». Il nous est impossible de savoir pourquoi, mais cette censure silencieuse arrive exactement au moment de la première audience du procès que nous intente Ramzi Khiroun ex chauffeur de DSK et porte parole du groupe Lagardère pour « injures publiques ». Coïncidence ?
Nous avons montré dans un premier article comment la censure se cache sous les habits de la liberté d’expression, l’éditorial du Monde étant un (contre) exemple en la matière. Depuis la chasse a pris de l’ampleur.
Le dimanche 27 septembre 2020, Le JDD (groupe Lagardère) devait publier une tribune du sociologue Laurent Muchielli, du Professeur Toubiana et de Jean-François Toussaint. Acceptée puis passée à la trappe, elle sera également « oubliée » par France Info. Visite guidée.
Au moment même où un faux mineur pakistanais assaillait à coups de hachoir deux journalistes pris à tort pour des collaborateurs de Charlie Hebdo, pendant le procès même des terroristes de 2015, Éric Zemmour était condamné à 10.000 € d’amende pour injure et provocation à la haine.