Le CSA a t’il décidé d’interdire Russia Today ? Alors que la loi sur les fake news en discussion au Parlement, loi dont l’Observatoire a dit tout le mal qu’on pouvait en penser, le CSA semble s’acharner sur la chaîne russe et sur elle seule.
L’ARCOM, pour Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique, est une agence publique née de la fusion du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) et de la Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi). L’ARCOM est garante de la liberté de communication et veille au financement de la création audiovisuelle et à la protection des droits. Sa régulation s’étend aux plateformes en ligne – réseaux sociaux, moteurs de recherche… Elle a également pour mission de veiller au respect, par les radios et les télévisions, des dispositions de la loi du 30 septembre 1986 dont, en particulier, celles relatives au pluralisme politique. Sur le papier du moins.
Voir aussi : Liberté d’expression, Censure, Pluralisme dans les médias
Le CSA a t’il décidé d’interdire Russia Today ? Alors que la loi sur les fake news en discussion au Parlement, loi dont l’Observatoire a dit tout le mal qu’on pouvait en penser, le CSA semble s’acharner sur la chaîne russe et sur elle seule.
La transparente ministre de la culture Françoise Nyssen montre parfois les dents. Comme par exemple le 4 juin 2018 où, présentant sa réforme de l’audio-visuel public, elle annonce vouloir un média engagé pour changer les mentalités (sic). On connaît moins son opinion sur la réforme du désastreux CSA.
Malheureuse Françoise Nyssen, empêtrée dans la loi sur les fake news dont nous avons dit ici tout le mal qu’il fallait en penser, elle se prend les pieds dans le tapis avec une bonne volonté (naïveté ?) consternante dans la discussion sur la réforme de l’audio-visuel public.
Jean-Marie Charon est un spécialiste incontesté des médias. Membre de l’Observatoire sur l’éducation aux médias du CSA, chercheur associé à l’Ehess (Institut Marcel Mauss), enseignant à l’IEP de Rennes, il est l’auteur de plus de vingt ouvrages et vient de publier chez UPPR Rédactions en invention dont nous vous présentons les principaux chapitres.
Cela n’a pas traîné. Entre les six projets pour Radio France, le CSA a tranché par Sibyle Veil, directrice déléguée en charge des finances de Radio France depuis 2015, en tandem avec Laurent Guimier, actuel directeur des antennes. Le choix de la continuité ? Pas seulement. Car si Sibyle Veil est énarque et issue de la même promotion que Macron, il n’y a pas seulement la poulinière d’or de la caste politique qui les rapproche.
Le mois d’avril 2018 aura été riche en nominations au sein de l’audio visuel public français. Alors que le 11 avril Emmanuel Hoog était remplacé à l’AFP par Fabrice Fries, le lendemain Sybile Veil, de la même promotion à l’ENA qu’Emmanuel Macron, était nommée à la tête de Radio France.
Après Fabrice Fries nommé Président de l’AFP le 12 avril 2018, Sibyle Veil – qui n’est pas superstitieuse – est désignée par le CSA à la tête de Radio France le vendredi 13.
Le CSA n’a aucun humour – en ne retenant pas les candidatures des « humoristes » de France Inter Charline Vanhoenacker, trop belge pour être vraie, Guillaume Meurice et Alex Vizorek, le CSA a privé les auditeurs et contributeurs de la taxe audiovisuelle d’une partie de rigolade (autorisée).
Coïncidence du calendrier, le Président Macron et la Ministre de la Culture se sont croisés à Tours le jeudi 16 mars 2018. Mais alors que le Président visitait écoles et centres d’apprentissage, la Ministre précisait, devant les journalistes réunis à Tours, son programme de lutte contre les fausses nouvelles.
Les effets de la farce des « Fake news », inventée par l’idéologie dominante pour donner une explication à des défaites électorales « immorales » pour la doxa en cours – nommément le Brexit et l’élection de Trump – ne cessent de se propager en cercles qui s’élargissent constamment. Une loi liberticide a déjà été mise en application en Allemagne, le gouvernement d’Édouard Philippe veut suivre la même voie en France. Pour aller où ?
Les bouleversements politiques intervenus en 2017 avec l’élection d’Emmanuel Macron et les reclassements qui en sont la conséquence entraînent des changements dans la règle du jeu des temps de parole dans les médias.
Les jours passent et le siège de Delphine Ernotte à France Télévisions semble de plus en plus menacé. Ainsi, une vieille plainte de la CGC-Médias et de la CFDT contre le président du CSA Olivier Schrameck, pour abus d’autorité et trafic d’influence, a été ressortie des cartons et les policiers de l’OCLCIFF, l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales, ont commencé à s’intéresser de près au CSA.