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Hollande chez Lucette : mensonges sur toute la ligne

6 novembre 2015

Temps de lecture : 2 minutes
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Hollande chez Lucette : mensonges sur toute la ligne

Choisie pour recevoir François Hollande devant les caméras la semaine dernière, Lucette, aide-soignante à la retraite, a été obligée de se retirer chez sa fille pour fuir les journalistes qui la harcelaient.

Jeu­di 29 octo­bre, le prési­dent de la République s’é­tait invité chez elle dans une volon­té d’aller « au con­tact des citoyens » ordi­naires. La ren­con­tre, qui était suiv­ie par quelques jour­nal­istes, avait tourné autour des ques­tions liées au loge­ment et de la sit­u­a­tion des seniors. A pri­ori, une jolie opéra­tion pop­u­lar­ité donc pour le chef de l’É­tat, reçu chaleureuse­ment avec café et bou­quet de fleurs dans une ambiance déten­due.

Sauf que dès lun­di, la retraitée se con­fi­ait à BFMTV et révélait les couliss­es de ce qui s’est avéré être une for­mi­da­ble mise en scène. Annon­cée au dernier moment à la presse, cette ren­con­tre chez l’habi­tant a en réal­ité été métic­uleuse­ment pré­parée jusqu’aux moin­dres détails.

Au micro de Sal­hia Brakhlia, anci­enne du « Petit Jour­nal », Lucette Bro­chet rap­por­tait en effet qu’« une dame de la mairie est venue avant pour faire (s)on ménage ». Dès mar­di, « des gens de l’Elysée sont venus pour me pos­er des ques­tions, pour savoir ce que je devais dire et ne pas dire », pour­suiv­ait la retraitée.

Can­di­date en 2008 sur la liste du maire social­iste Stéphane Hablot, Lucette n’en avait pas moins l’idée de dire au prési­dent « qu’il s’oc­cu­pait beau­coup des immi­grés, mais pas des clochards qui crèvent dans la rue ». Mais les con­seillers du prési­dent ont eu vite fait de l’en dis­suad­er… et c’est finale­ment une dis­cus­sion on ne peut plus policée à laque­lle les téléspec­ta­teurs ont finale­ment assistée.

Out­re les thèmes abor­dés par Lucette, il était égale­ment ques­tion de tout met­tre en place visuelle­ment. Pour cette tâche, c’est la munic­i­pal­ité qui est entrée en jeu : joli bou­quet de fleurs en pre­mier plan, chais­es apportées pour per­me­t­tre à tout le monde de s’asseoir, ménage, café pré­paré le matin même et con­servé dans une ther­mos, ser­vice à thé… Tout a été minu­tieuse­ment pré­paré, ce qui a déclenché les foudres de l’op­po­si­tion et des réseaux soci­aux, qui ont copieuse­ment com­men­té cette mise en scène.

Lucette n’en est pas moins sor­tie ravie et « char­mée » de cette ren­con­tre priv­ilégiée avec le prési­dent, mais c’est par la suite que les ennuis ont com­mencé. En effet, après ses révéla­tions sur BFMTV, les jour­nal­istes ont pris d’as­saut le loge­ment de la retraitée.

Beau­coup ont ten­té de la join­dre, d’autres sont allés jusqu’à « épi­er ses moin­dres faits et gestes », comme l’a rap­porté L’Est Répub­li­cain. Face à cette sit­u­a­tion inviv­able, l’an­ci­enne infir­mière s’est réfugiée chez sa fille à Nan­cy. « Elle est très fatiguée et a besoin de tran­quil­lité », a com­men­té cette dernière.

Lun­di, la retraitée est même tombée dans les escaliers et a été hos­pi­tal­isée. « C’est à la fois dû à sa fragilité car elle a été opérée de la hanche il y a un mois et à l’é­mo­tion provo­quée par la polémique autour de la vis­ite du prési­dent », a expliqué sa fille. Enfin, con­cer­nant les sus­pi­cions d’une éventuelle con­nivence avec le Par­ti Social­iste, un agent de sécu­rité de la ville a déclaré : « Il faut lui foutre la paix. C’est une dame super-gen­tille. Elle n’a pas spé­ciale­ment d’opin­ion poli­tique et n’a pas été manip­ulée par le maire. »

Une semaine bien chargée pour cette dame mod­este, sans doute peu habituée aux tumultes du tor­rent politi­co-médi­a­tique.

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