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George Soros et la société ouverte. Quatrième partie
Publié le 

28 décembre 2018

Temps de lecture : 6 minutes
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George Soros et la société ouverte. Quatrième partie

Pre­mière dif­fu­sion le 26/11/2018 — L’Observatoire du jour­nal­isme (Ojim) se met au régime de Noël jusqu’au 5 jan­vi­er 2019. Pen­dant cette péri­ode nous avons sélec­tion­né pour les 26 arti­cles de la ren­trée qui nous ont sem­blé les plus per­ti­nents. Bonne lec­ture, n’oubliez pas le petit cochon de l’Ojim pour nous soutenir et bonnes fêtes à tous. Claude Chol­let, Prési­dent

Nous publions la dernière partie des bonnes feuilles du livre consacré à George Soros aux éditions Le Retour aux sources. Après l’origine de sa fortune, le soft power, le soutien à l’immigration de masse, ces extraits sont consacrés aux campagnes en faveur de l’usage des stupéfiants.

L’Open Society Foundations et la légalisation progressive des stupéfiants

« Lorsque j’ai décidé d’étendre les activ­ités de l’Open Soci­ety Foun­da­tions aux États-Unis, j’ai choisi la poli­tique en matière d’usage des drogues comme pre­mier champ d’engagement. J’avais le sen­ti­ment que les poli­tiques améri­caines sur cette ques­tion con­sti­tu­aient le plus grand risque de vio­la­tion des principes d’une société ouverte. »
(George Soros, “La Bulle de la supré­matie améri­caine”.)

On n’en a peu par­lé en France mais le jour même de l’élection prési­den­tielle améri­caine de 2016 avait lieu un référen­dum sur la légal­i­sa­tion du cannabis dans neuf États améri­cains. Cinq États ont ain­si validé la légal­i­sa­tion de l’usage récréatif et médi­cal du cannabis : la Cal­i­fornie, le Maine, le Mass­a­chu­setts, le Neva­da et l’Arizona. Qua­tre autres États – Floride, Dako­ta du Nord, Arkansas et Mon­tana – ont quant à eux validé l’usage du cannabis à des seules fins médi­cales (1). Un boule­verse­ment social de grande enver­gure qui n’aurait pas pu se pro­duire sans les cam­pagnes de lob­by­ing soutenues et financées par l’Open Soci­ety Foun­da­tions et George Soros pen­dant des années.

L’exemple californien

Comme à l’accoutumée, c’est au tra­vers d’un mail­lage d’associations et de groupes à but non lucratif que Soros a pu coag­uler les forces épars­es des mil­i­tants pro-cannabis et faire ain­si pres­sion sur le pou­voir lég­is­latif afin qu’il provoque ces référen­dums. En 2010, George Soros avait déjà ver­sé 1 mil­lion de dol­lars afin de soutenir en Cal­i­fornie la pre­mière mou­ture de cette loi de libéral­i­sa­tion. La mesure avait été à l’époque rejetée par 54 pour cent des votants. Elle a été finale­ment repro­posée et accep­tée en novem­bre 2016 par 55,5 pour cent des votants, éten­dant désor­mais la légal­i­sa­tion de la mar­i­jua­na à l’usage per­son­nel et récréatif et non plus seule­ment médi­cal.

Depuis 1994 George Soros et l’OSF ont ain­si con­tribué à plus de 80 mil­lions de dol­lars dans la lutte en faveur des poli­tiques de légal­i­sa­tion. Comme l’a bien exprimé John Wal­ters, l’ancien directeur du Bureau nation­al de con­trôle des drogues de la Mai­son Blanche sous George Bush : « Le mou­ve­ment pro-légal­i­sa­tion n’a pas pu provenir d’une lame de fond pop­u­laire. Une grande par­tie de son finance­ment est organ­isé par George Soros et pro­mu ensuite par des célébrités. » (2)

Une cascade d’associations

Si l’on regarde de près le finance­ment des asso­ci­a­tions pro-légal­i­sa­tion c’est effec­tive­ment ce que l’on con­state. Par­mi les plus impor­tantes on retrou­ve :

  • la Drug Pol­i­cy Alliance (DPA) à laque­lle l’Open Sociey Foun­da­tions con­tribue à hau­teur de 4 mil­lions de dol­lars par an. La Drug Pol­i­cy Alliance vise à assou­plir les lois sur les stupé­fi­ants, la pro­mo­tion des poli­tiques de traite­ment et de non-incar­céra­tion pour les délin­quants tox­i­co­manes non vio­lents. Elle pré­conise aus­si des pro­grammes “d’accès aux seringues” afin d’aider à prévenir la prop­a­ga­tion du VIH / SIDA. Soros lui-même fit par­tie du con­seil d’administration de la DPA. Elle est l’une des prin­ci­pales asso­ci­a­tions du lob­by pro-drogue aux États-Unis.
  • New Approach to Wash­ing­ton, l’un des grands groupes mobil­isés pour l’obtention de cette dépé­nal­i­sa­tion. D’après le Wash­ing­ton Times, George Soros ain­si que d’autres puis­sants dona­teurs sont aus­si à l’origine de 68 pour cent des dona­tions du NAW.
  • Cam­paign to Reg­u­late Mar­i­jua­na Like Alco­hol : un groupe mil­i­tant qui soute­nait la légal­i­sa­tion dans le Col­orado, lié au puis­sant Mar­i­jua­na Pol­i­cy Project soutenu à 67 % par l’OSF et ses relais. Ain­si que toute une série d’associations de façade telles que Moms and Dads for Mar­i­jua­na Reg­u­la­tion.

Face à ce déchaîne­ment de moyens, les opposants à la légal­i­sa­tion des drogues se retrou­vent assez dému­nis. Calv­ina Fay, la direc­trice de Save Our Soci­ety From Drugs, une des asso­ci­a­tions opposées à ces légal­i­sa­tions, com­mente la sit­u­a­tion ain­si : « L’autre camp a telle­ment d’argent, c’est incroy­able, et la majeure par­tie provient d’une poignée de gens qui veu­lent chang­er les poli­tiques publiques. Ils recueil­lent des mil­lions. Nous avons de la chance si nous pou­vons réu­nir 100 000 dol­lars. Il y a eu un véri­ta­ble proces­sus de lavage de cerveau en direc­tion du pub­lic. Ils dif­fusent des pub­lic­ités, met­tent en place des pan­neaux pub­lic­i­taires, obti­en­nent une cou­ver­ture médi­a­tique incroy­able. Si vous répétez un men­songe assez sou­vent, les gens finis­sent par le croire. » (3)

Le père des nouvelles législations

Depuis les années 1990 Soros et l’OSF ont accordé des mil­lions de dol­lars à des groupes qui appuient les pro­grammes de légal­i­sa­tion des drogues et d’échange de seringues, finis­sant par forcer les admin­is­tra­tions de nom­breux États améri­cains à adopter ces lois de légal­i­sa­tion. En 1996, Joseph Cal­i­fano, l’ancien secré­taire d’État à la San­té sous Carter, avait désigné Soros comme « le père mil­lion­naire de la légal­i­sa­tion des drogues » (4). D’après une étude du Cap­i­tal Research Cen­ter, un cen­tre améri­cain de recherche sur les think tanks et les ONG, sans l’appui de George Soros, il n’existerait tout sim­ple­ment pas de pos­si­bil­ité d’organiser un mou­ve­ment en faveur de la légal­i­sa­tion des stupé­fi­ants : « Il n’est pas exagéré de dire que sans Soros, il n’y aurait pas de lob­by sérieux pour s’opposer à la guerre con­tre les drogues. » (5)

Voici com­ment George Soros défendait quant à lui l’idée d’une libéral­i­sa­tion du cannabis dans les colonnes du Wall Street Jour­nal en 2010 :

« Con­trôler et tax­er la mar­i­jua­na pour­rait faire économiser aux con­tribuables des mil­lions de dol­lars et dimin­uer ain­si la délin­quance, la vio­lence et la cor­rup­tion liée au marché de la drogue (…) La guerre con­tre la drogue s’est con­crétisée par une perte de mille mil­liards de dol­lars » (6) En 2014, il déclarait encore : « Ma seule crainte est que la guerre con­tre la drogue nuise à la struc­ture sociale. Depuis quar­ante ans, les gou­verne­ments du monde entier ont dépen­sé des sommes gigan­tesques pour con­duire une poli­tique répres­sive, au détri­ment d’autres pro­grammes. La lutte con­tre la drogue n’est pas seule­ment un gaspillage d’argent, elle est aus­si con­tre-pro­duc­tive. La pro­hi­bi­tion et la lutte con­tre la drogue ont fait plus de mal que de bien. » (7)

Mais au-delà du cannabis, c’est aus­si la con­som­ma­tion de drogues dures que souhaite libéralis­er notre Père Noël du com­bat pour la légal­i­sa­tion : « Pen­dant des années, mes « Open Soci­ety Foun­da­tions » ont soutenu des pro­grammes de réduc­tion de prop­a­ga­tion des dom­mages en met­tant fin à l’échange des seringues – une manière prou­vée et économique de prévenir la trans­mis­sion du HIV. » (8)

L’effet cliquet

La méth­ode en la matière est tou­jours la même : de vastes cam­pagnes nationales de pro­mo­tion des ver­tus thérapeu­tiques du cannabis sont martelées au pub­lic par le biais des asso­ci­a­tions et fon­da­tions financées par Soros ; cam­pagnes qui aboutis­sent à la libéral­i­sa­tion de son usage phar­ma­ceu­tique et médi­cal. Une fois l’étape de la légal­i­sa­tion thérapeu­tique accom­plie, il s’agit ensuite d’exposer au grand pub­lic l’échec des poli­tiques clas­siques de répres­sion et la néces­sité d’aboutir à une dépé­nal­i­sa­tion totale de l’usage du cannabis. Enfin par­venu à la dépé­nal­i­sa­tion, on explique alors que le meilleur moyen d’enrayer les risques de prop­a­ga­tion du sida – et d’autres mal­adies liées à la tox­i­co­manie – serait d’éviter les échanges de seringues entre tox­i­co­manes et d’organiser à cette fin des lieux où les tox­i­co­manes pour­raient se pro­cur­er gra­tu­ite­ment des seringues et se droguer légale­ment sous sur­veil­lance médi­cale. Pas à pas, étape par étape, selon la méth­ode de l’ingénierie sociale pro­gres­sive, on nor­malise ain­si des com­porte­ments autre­fois réprimés et illé­gaux pour des pans tou­jours plus impor­tants de la société.

Surtout, rien ne prou­ve que ces poli­tiques de libéral­i­sa­tion mas­sive ne parvi­en­nent à faire dimin­uer en quoi que ce soit la con­som­ma­tion de stupé­fi­ants dans le monde. Et com­ment le pour­raient-elles, du moment que les pou­voirs lég­is­lat­ifs et poli­tiques eux-mêmes en vien­nent à con­sid­ér­er la con­som­ma­tion de drogue comme nor­male et légale ? C’est ain­si que l’on habitue les pop­u­la­tions à des pra­tiques dan­gereuses et que l’on anesthésie pro­gres­sive­ment les peu­ples et les jeunes généra­tions par les par­adis arti­fi­ciels et la fuite des réal­ités afin de mieux les con­trôler. Mieux, par une habile pro­pa­gande on arrivera à faire croire aux jeunes – et aux moins jeunes désor­mais – que se droguer relève d’une atti­tude rebelle et non-con­formiste alors même que les plus grandes for­tunes de la finance inter­na­tionale comme George Soros tra­vail­lent à la pro­mo­tion de l’usage des stupé­fi­ants partout dans le monde.

Notes

  1. « Quels états ont légal­isé le cannabis aux Etats-Unis en novem­bre 2016 ? »
  2. « George Soros’ real cru­sade: Legal­iz­ing mar­i­jua­na in the U.S. » — Kel­ly Rid­dell
  3. « George Soros’ real cru­sade: Legal­iz­ing mar­i­jua­na in the U.S. » — Kel­ly Rid­dell
  4. George Soros’s Long Strange Trip”
  5. capitalresearch.org
  6. Why I Sup­port Legal Mar­i­jua­na” — George Soros — Wall Street Jour­nal Oct. 26, 2010.
  7. « George Soros’ real cru­sade: Legal­iz­ing mar­i­jua­na in the U.S. » — Kel­ly Rid­dell
  8. « George Soros’ real cru­sade: Legal­iz­ing mar­i­jua­na in the U.S. » — Kel­ly Rid­dell

La bande annonce du livre

Pierre-Antoine Plaque­vent, Soros et la société ouverte, Le Retour aux sources éd. octo­bre 2018, 366p, 25 €. Site de l’édi­teur : leretourauxsources.com

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