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France Inter : dans les coulisses d’une douce machinerie néolibérale

25 juin 2023

Temps de lecture : 14 minutes
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France Inter : dans les coulisses d’une douce machinerie néolibérale

25 juin 2023

Temps de lecture : 14 minutes

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Nous republions sous forme de tribune le témoignage sur le vif d’un attaché de production paru sur le site de lundimatin le 16 mai 2023. À la lecture du site de tendance libertaire lundimatin on pourra constater qu’il est assez loin de la ligne de l’Ojim, mais il est toujours intéressant de se confronter à un point de vue différent, cela fait partie du débat, de la disputatio latine et européenne. Et ce témoignage de la précarité d’un débutant de la profession en dit long sur les mœurs d’une partie de la caste journalistique.

Avec près de cinq mil­lions d’auditeurs quo­ti­di­ens, France Inter cara­cole en tête des audi­ences radio du pays. Maxime Coche­lin y a effec­tué des rem­place­ments en tant qu’attaché de pro­duc­tion, un méti­er mécon­nu qui offre une vue panoramique sur la fab­rique de l’actualité. Une fois passés les por­tiques de sécu­rité, il nous emmène dans les couloirs labyrinthiques de Radio France. Il y a bien sûr, les hiérar­chies rigides, les con­trats flex, les fich­es de paie incom­préhen­si­bles, les bureaux en bor­del, et les étages en travaux – mais aus­si, un cer­tain rap­port à la pro­duc­tion d’information : faire de l’actualité, ce n’est pas exacte­ment la même chose que de racon­ter la vérité. Des choix édi­to­ri­aux à la com­po­si­tion de réper­toires d’experts poly­va­lents disponibles pour déclin­er leurs analy­ses à toutes les sauces, il nous détaille les mécan­ismes et le fonc­tion­nement de cette gigan­tesque machine par­faite­ment huilée, au point que jamais la logique à l’œuvre ne soit questionnée.

J’arrive par la ligne 6 du métro, en aérien. Petit coup d’œil vers la tour Eif­fel, à quelques cen­taines de mètres sur ma droite quand je passe sur le pont Bir Hakeim. Je descends à Passy. C’est les vacances sco­laires, les rues du XVIe arrondisse­ment de la cap­i­tale sont plutôt vides. Out­re les éboueurs, les gar­di­ennes d’immeuble (des femmes, bien sûr) ou les tra­vailleurs du bâti­ment, il n’y a pas grand monde. La plu­part des riverains se sont échap­pés pour ral­li­er leur demeure provin­ciale. Je longe une série d’immeubles hauss­man­niens avec vue sur la Seine, un épais tapis rouge débute au rez-de-chaussée, des petites piaules tout en haut, et entre les deux des grandes fenêtres. C’est tout pro­pre, rien ne dépasse, rien ne se passe. J’ai tou­jours la même remar­que en tête : ce quarti­er est d’un ennui total. Pas de charme, pas d’élégance, ça tran­spire juste l’argent. J’aperçois la Mai­son de la radio (et de la musique, depuis peu) au bout de la rue. Je ne suis pas en avance, j’accélère le pas. Je me rends dans les bureaux de France Inter pour effectuer un énième « remplacement ».

Tou­jours des galères pour franchir la sécu­rité. Por­tiques façon aéro­port, plusieurs gardes sont armés. J’explique ma sit­u­a­tion. Mon badge n’est pas à jour car je ne suis que de pas­sage, je fais des rem­place­ments. Oui on est au courant de mon arrivée. D’accord d’accord, ce sont les con­signes, quelqu’un va venir me chercher. L’ascenseur nous emmène directe­ment au 5e étage. On pénètre dans la machine. Tous les couloirs sont exacte­ment les mêmes, ellip­tiques, ça ne s’arrête jamais. Les postes de tra­vail sont regroupés par émis­sion. En face de la direc­tion, « Le 6/9h30 » aus­si appelé « La mati­nale », tou­jours en bazar, des livres s’entassent jusqu’au pla­fond. Au-dessus, « C’est encore nous », Char­line Van­hoe­nack­er et son équipe s’affairent der­rière une baie vit­rée sat­urée d’affiches humoris­tiques. Au fond du couloir, après « Le 18/20 » où un silence con­cen­tré domine autour de Fabi­enne Sintes, on aperçoit la case attribuée à « La terre au car­ré », décorée de quelques plantes.

1. Appréhender les règles du jeu

Comme des engrenages, les bureaux en série, iden­tiques, struc­turent le vaste mécan­isme de la pre­mière radio de France. C’est impres­sion­nant, très peu de gens se par­lent mais tout se déroule sans accroc. Un fois instal­lé der­rière l’ordinateur, le tra­vail peut com­mencer. En fait non, j’avais oublié : je dois d’abord réac­tiv­er ma ses­sion et mon adresse mail pro­fes­sion­nelle. J’oublie tou­jours qui je dois appel­er. L’assistance infor­ma­tique ? Je n’ai pas le droit de faire la démarche moi-même, il faut que je passe par mon respon­s­able. Excuse-moi, peux-tu envoy­er une demande pour ma ses­sion ? Ça râle. Ah bon, c’est à moi de m’occuper de ça ? Tu devrais appel­er Christophe, il va t’aiguiller, ou peut-être Eric ? Allez, c’est repar­ti. La porte C, c’est où déjà ? Punaise, il y a des travaux ici, j’avais oublié. Demi-tour. Un bureau pour les crayons, un autre pour les bouteilles d’eau, c’est au rez-de-chaussée pour obtenir son badge et au 10e étage pour l’activer. Dans ce labyrinthe admin­is­tratif, je me fais comme à chaque fois ren­voy­er d’un endroit à l’autre comme une balle de ping-pong. Après plusieurs coups de fil et une bonne petite ran­don­née « indoor », vic­toire, je réini­tialise mon mot de passe et me voilà pris dans le tourbillon.

Mes tâch­es sont plutôt claires, je com­mence à bien les con­naître après tout ce temps. Tan­tôt nom­mé « attaché de pro­duc­tion », « col­lab­o­ra­teur » ou « pro­gram­ma­teur », je suis chargé de struc­tur­er les sujets des émis­sions, de dégager des axes de réflex­ion, et surtout de trou­ver les per­son­nes per­ti­nentes pour en par­ler. Je suis mobil­isé en rem­place­ment sur les tranch­es dites « actu », c’est-à-dire le matin (entre 6h et 9h30), le midi (entre 13h et 14h) et le soir (entre 18h et 20h). Mes choix et propo­si­tions se con­fron­tent à la direc­tion de la rédac­tion (dernière déci­sion­naire sur les thé­ma­tiques à évo­quer), et la pro­duc­tion (la voix qui occupe l’antenne). Les autres émis­sions, appelées « pro­grammes », se réfèrent à une autre hiérar­chie. Ma marge de manœu­vre dépend donc des con­textes et des per­son­nes. Par­fois, je peux me sen­tir à l’initiative du début à la fin, d’autres fois je dois « faire le boulot » car « l’actualité le réclame » (prosopopée clas­sique des con­férences de rédac­tion, j’y reviendrai).

Les émis­sions ne pour­raient avoir lieu sans les attachés de pro­duc­tion. C’est une posi­tion de piv­ot pri­mor­diale. Ceux que l’on désigne orale­ment comme les « atta pro » anticipent et font face aux imprévus, doivent être force de propo­si­tion et sont les garants du bon déroule­ment de l’antenne. Si cela se passe mal, c’est sur eux que ça retombera. Peu importe que les effec­tifs n’aient cessé d’être réduits et que le temps impar­ti pour la pré­pa­ra­tion de chaque émis­sion soit de plus en plus court. Après tout, les « voix » de l’antenne ne sont que des « bouf­feurs de micro » (cita­tion d’une dis­cus­sion avec un célèbre ani­ma­teur de France Inter) et la direc­tion a d’autres chats à fou­et­ter. De la déf­i­ni­tion de la thé­ma­tique abor­dée jusqu’à l’accompagnement des invités pour les installer en plateau, ce sont les atta pro qui sont aux manettes. Arché­type de l’ère néolibérale, ce méti­er est un inter­stice pour lequel l’importance est inverse­ment pro­por­tion­nelle à la reconnaissance.

Cette posi­tion sym­bol­ique est aus­si, et peut-être surtout, formelle. Cer­tains col­lègues sont tou­jours employés à tra­vers des con­trats heb­do­madaires, alors même qu’ils occu­pent le même poste à temps plein depuis plusieurs années. C’est à la fron­tière du légal, mais soit. Les fameux CDD‑U (Con­trats à durée déter­minée d’usage), sont recon­ductibles à l’infini sans délai de carence et sans indem­nité de fin de con­trat. Cen­sée être juridique­ment des­tinée à des emplois pour lesquels le CDI est inadap­té, dans l’hôtellerie-restauration ou dans l’événementiel notam­ment, cette forme de con­trat est mobil­isée sans dis­tinc­tion pour faire fonc­tion­ner les médias. Le jour où les salaires sont ver­sés est tou­jours une tra­gi-comédie. Com­bi­en ce mois-ci ? Qua­torze fich­es de payes dif­férentes, dont deux qui indiquent 0 euro et une qui indique un chiffre négatif. Bra­vo, nou­veau record ! Tu vas bien t’amuser à faire com­pren­dre ça à Pôle Emploi main­tenant. Indis­pens­ables au monde médi­a­tique, les attachés de pro­duc­tion y occu­pent le haut du tableau de la précarité.

2. Hiérarchiser l’information

Tous ces rem­place­ments ont fait suite à un stage : les couloirs de la Mai­son de la Radio (et de la musique, depuis peu) sont arpen­tés par des dizaines de jeunes étu­di­ants en quête de val­i­da­tion de leur mod­ule « expéri­ence pro­fes­sion­nelle ». Bien que ce soit con­traire à la loi, les sta­giaires dans les émis­sions de radio du ser­vice pub­lic occu­pent sou­vent un poste bien pré­cis. Chargés de la doc­u­men­ta­tion et de l’écriture des résumés qui accom­pa­g­nent les pod­casts des émis­sions sur le site inter­net, la charge de tra­vail équiv­aut à un salarié temps plein. Jusqu’à encore peu, les sta­giaires n’étaient pas rémunérés (leur con­ven­tion s’arrêtant après 1 mois et 30 jours) mais récom­pen­sés par un chèque de quelques cen­taines d’euros à la fin de leur mission.

Quand on me pro­pose d’occuper pour la pre­mière fois un « vrai » poste sur la grille d’été, pas de for­ma­tion ou de réu­nion un peu offi­cielle. Je n’ai que des bribes de trucs et astuces, ultra- lacu­naires, trans­mis­es pen­dant le stage. Je suis le binôme d’un atta pro plus aguer­ri et je pro­gramme l’émission quo­ti­di­enne « Le télé­phone sonne » en direct de 19h à 20h. Qua­tre invités par jour, 5 sujets par semaine. Je ne suis pas jour­nal­iste et n’ai aucune for­ma­tion en ce sens. C’est un peu impres­sion­nant. Début de syn­drome de l’imposteur, en quoi suis-je légitime à définir les sujets à évo­quer et l’angle pour les traiter de manière intéres­sante ? Com­ment vais-je réus­sir à trou­ver des bons invités à chaque fois ? La panique s’estompe rapi­de­ment, je com­prends vite que mes mains ne sont pas aus­si libres que ça : l’actu, l’actu, l’actu, là est le com­bustible du moteur.

Sur ma ses­sion pro­fes­sion­nelle, je peux accéder à un fil regroupant les dépêch­es de l’AFP et de Reuters. Dans cet espace se mêlent les derniers chiffres du CAC 40, une dis­pari­tion inquié­tante dans le Doubs, les dernières déc­la­ra­tions de Bruno Le Maire, ou encore une énième manœu­vre mil­i­taire chi­noise au large de Taïwan. Cela ne s’arrête jamais et peut avoir un effet hyp­no­tique façon Tik Tok. Cette seule lec­ture n’est pas suff­isante pour sen­tir le « pouls de l’actualité ». Avec l’objectif de trou­ver des sujets, j’épluche tous les matins les quo­ti­di­ens nationaux (France Inter n’a pas de codes pour accéder à la presse quo­ti­di­enne régionale). C’est à par­tir des autres qu’on se cal­i­bre. Un chiffre, une phrase, une per­son­nal­ité fait la une du Monde ? On en a pas encore par­lé chez nous ? Ça pour­rait être notre sujet de mar­di. Et ain­si de suite, de jour en jour, en plus des « mar­ronniers » répétés chaque année, on arrive à « trou­ver » des choses à dire.

Si l’envie me prend de pro­pos­er un sujet que les autres médias n’ont pas déjà digéré, je vais devoir le défendre. En général, la direc­tion de la rédac­tion, tout comme la pro­duc­tion, deman­dera quelle est « l’accroche d’actualité ». Pour obtenir le droit d’en par­ler, il sera impératif de réus­sir à trou­ver un pré­texte, aus­si incon­sis­tant soit-il. Les petites phras­es des respon­s­ables poli­tiques sont très effi­caces, les études à la méthodolo­gie dou­teuse pro­duites par les think tanks aus­si. Tout cela est lim­ité par les capac­ités de com­préhen­sion des inter­locu­teurs déci­sion­naires, tous âgés de plus de 40 ans. Je nous revois expli­quer pen­dant plusieurs min­utes, avec mon col­lègue atta pro, ce qu’était la « sou­veraineté numérique » et pourquoi il était impor­tant d’en par­ler. Pour cette fois, nous avons réus­si notre coup. L’émission a été faite. À l’inverse, pour la guerre civile éthiopi­enne, événe­ment majeur du XXIe siè­cle ayant entraîné plusieurs cen­taines de mil­liers de morts, je n’ai essuyé que des refus d’incompréhension. Per­son­ne n’en par­le, donc ce n’est pas assez « fort ». D’accord.

3. Inviter des gens respectables

Une fois les sujets déter­minés et arrêtés, je dois rem­plir le plateau « d’experts ». Pre­mière con­trainte, la disponi­bil­ité. La Mai­son de la Radio se trou­ve à Paris. Les émis­sions sont pro­gram­mées quelques jours en avance dans le meilleur des cas, mais ça peut par­fois être du matin pour le soir. Soit on habite à Paris et on peut être là rapi­de­ment, soit on habite loin, on est prévenu à l’avance et donc on s’organise pour venir mais ça sera à ses pro­pres frais. J’ai le droit de com­man­der des taxis pour les gens d’Île-de-France, mais France Inter ne rem­bourse jamais les déplace­ments plus longs en train, et les invités ne sont bien sûr pas rémunérés pour leur par­tic­i­pa­tion à une émis­sion. Pour venir depuis une « ville moyenne », il faut avoir une mai­son d’édition ayant prévu un bud­get pro­mo, ou pou­voir être capa­ble d’investir de sa poche. Ça fil­tre déjà beaucoup.

Ensuite, la voix. Par­ler dans un micro est un exer­ci­ce par­ti­c­uli­er. Cer­taines per­son­nes sont con­sid­érées comme des « bons clients », s’expriment de manière intel­li­gi­ble, con­nais­sent les règles et savent rebondir, tan­dis que pour d’autres, ça ne fonc­tionne pas. Le for­mat des émis­sions réclame des inter­ven­tions con­cis­es, cour­tes, avec un début et une fin. « Ici, on est pas chez les vio­lets » m’a- t‑on plusieurs fois répété, manière d’exprimer que les audi­teurs de France Inter ont une capac­ité d’écoute plus incon­sis­tante que ceux de France Cul­ture (ce sont eux « les vio­lets », en référence à la couleur du logo). Si vous voulez être le plus pré­cis pos­si­ble dans vos expli­ca­tions et donc que vous avez besoin de temps pour choisir vos mots, dévelop­per votre pro­pos, vous ne serez pas invité. Même chose si votre élo­quence ne respecte pas les règles canon­iques de l’expression dom­i­nante (bour­geoise). Ici, il faut avancer au galop et la forme est pri­or­isée sur le fond.

En tant qu’atta pro, je suis chargé d’organiser la cou­ver­ture quo­ti­di­enne de sujets aus­si divers que la fréquen­ta­tion des camp­ings du sud de la France, l’explosion dans le port de Bey­routh, l’alliance poli­tique de coulisse entre macro­nistes et répub­li­cains. À chaque fois, je dois réus­sir à met­tre rapi­de­ment la main sur les « références » liées aux sujets évo­qués, com­prenez des gens déjà con­nus des médias, qui se sont déjà exprimés, et ain­si con­sid­érés comme des per­son­nal­ités « respecta­bles », avec un « statut ». C’est ce qui est atten­du par la direc­tion. Ce sont des patrons de fédéra­tion, des chargés d’étude, des uni­ver­si­taires qui ont com­pris le jeu. Évidem­ment, unique­ment des gens ayant acquis ou fait per­dur­er une con­di­tion sociale en haut de l’échelle. « Ma femme de ménage ne représente per­son­ne » aimait me martel­er une présen­ta­trice de la sta­tion pour appuy­er sur ce principe. Ici, c’est France Inter, les autres médias nous écoutent. Les inter­ven­tions de per­son­nal­ités « pail­lettes » (jar­gon interne), c’est-à-dire avec une grosse notoriété, pour­ront être repris­es dans des dépêch­es AFP ou sur les réseaux soci­aux. Ça fait par­tie des grands objec­tifs du schmilblick.

Le temps impar­ti pour choisir les invités, véri­fi­er s’ils peu­vent être là et s’ils par­lent bien, faire valid­er par la direc­tion, les con­tac­ter puis atten­dre leur réponse, est court. Je dois aller vite, et aller vite veut dire aller sim­ple, et aller sim­ple veut sou­vent dire aller comme d’habitude. La pre­mière étape est tou­jours la même : son­der son réper­toire de con­tacts télé­phoniques. France Inter a ses « tauliers » de pre­mière ligne pour chaque thé­ma­tique. Ce sont les invités, inter­change­ables, qu’on désigne par le pronom « un » suivi de leur nom de famille. Le sujet est très large ? J’ai des soci­o­logues passe-partout (« un Viard, un Wiev­ior­ka »). Besoin de « sen­tir l’opinion publique » ? J’ai des poli­to­logues capa­bles de lâch­er des chiffres car ça fait bien à l’antenne (« un Dabi, un Four­quet »). On veut pren­dre « un peu de hau­teur » ? Psy­chi­a­tres ou autres philosophes branchés développe­ment per­son­nel, (« un André, un Comte-Sponville, un Lenoir ») on a aus­si. Sou­vent des hommes dont l’égo est assez gon­flé pour se sen­tir à l’aise à par­ler de tout et de rien. Peu importe les ter­mes pré­cis du sujet, tant que ça les touche plus ou moins directe­ment, ils seront ravis et disponibles pour venir. Ça fonc­tionne un peu comme les édi­to­ri­al­istes des chaînes d’info en con­tinu mais avec un peu plus de con­sis­tance intel­lectuelle. Bien pra­tiques pour combler un plateau com­posé de spé­cial­istes plus « tech­niques », ils sont comme des piliers de comp­toir pour lesquels le stu­dio rem­place le bistrot.

Lire la suite : lundi.am

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