Fake news, Bruxelles s’y met aussi

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Alors que les médias dominants, RSF et AFP en tête annoncent vouloir combattre les fausses nouvelles via des structures normatives qui étoufferont toute voie contestataire, les instances de l’Union Européenne ne pouvaient pas être laissées en queue de peloton.

Médecine préventive

Les électeurs sont crédules, faisons de la médecine préventive. Le mauvais résultat du Brexit ne doit pas se renouveler. Des tentatives de manipulation des résultats électoraux auraient été décelées dans 18 pays de l’UE, bigre ! Comme si la définition d’une période électorale ne serait pas influencer et manipuler l’opinion dans un sens favorable à ses intérêts électoraux. À moins qu’il ne s’agisse que d’une fraction des manipulations, celles hostiles à l’Union Européenne et ses valeurs libérales libertaires, les autres manipulations étant considérées légitimes ?

Après la loi allemande, la loi française puis celle de l’UE

La loi allemande que nous avons longuement analysée le 10 avril 2018 prévoit de lourdes amendes pour les réseaux sociaux fautifs et la suppression obligatoire de comptes. La loi française en discussion semble aller dans le même sens avec un accent porté sur les périodes électorales et une tonalité anti russe marquée.

Dans un discours remarqué d’avril 2017 devant le Parlement européen de Strasbourg, le commissaire européen estonien Andrus Ansip, vice-président de la Commission et chargé du marché unique du numérique, avait mis dans le même sac fausses nouvelles, discours de haine, populismes, hostilité aux migrants et extrémisme. Il indiquait par là que l’Europe doit se munir d’outils efficaces pour régler des situations où la liberté d’expression est abusée pour promouvoir un extrémisme violent ou la discrimination contre certains groupes de la société. 

On ne saurait être plus clair : ce ne sont pas les seules fausses nouvelles qui sont visées et doivent être régulées mais également les mauvaises opinions qui par définition sont de fausses opinions, extrêmes ou violentes.

Code de la désinformation ou code de conduite pour mineurs

Le commissaire (un nom tout à fait adapté) Ansip fera adopter un code de bonne conduite par des « experts internationaux ». Faute de temps pour adopter une véritable loi européenne qui prendrait deux ou trois ans pour être votée et mise en œuvre, la Commission organisera un « forum » avec des représentants de la société civile (Soros et ses épigones?), des médias (Messieurs Pigasse, Niel, Drahi, Dassault, Pinault ou leurs représentants?), des publicitaires (Havas, Publicis?). Ce forum dégagera un code de la désinformation, avec un réseau de vérificateurs indépendants. Allez, on parie? Les Décodeurs du Monde de Niel/Pigasse et Désintox de Libération de Drahi?

La plate-forme sur la désinformation, dont les contours sont encore flous, permettra d’offrir au public, honnête mais naïf, des vraies informations, des vraies statistiques, et des vraies données vérifiées par de vrais journalistes.ÀÀ l’époque de la défunte ORTF, certains dénonçaient une information officielle, aseptisée, hors du champ du réel. La Commission réinvente une ORTPE, une sorte d’Office de la Radio Télévision et Presse Européenne. Avec sans doute le même succès, mais un martinet européen prêt à servir.