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Journalism Trust Initiative (JTI) pour la fiabilité de l’information ? Ou pour la censure douce et invisible ?

16 avril 2018

Temps de lecture : 3 minutes
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Journalism Trust Initiative (JTI) pour la fiabilité de l’information ? Ou pour la censure douce et invisible ?

Nous sommes saturés des fake news dont le chercheur et directeur de recherche à l’IRIS François-Bernard Huyghe a interrogé le sens à travers deux ouvrages La Désinformation, les armes du faux (Armand Colin, 2016) et Fake News, la Grande peur (Média Group, 2018). Si la vérité est morte ou mourante, qui sont les médecins attentifs à son chevet ? L’initiative louable du JTI est elle l’œuvre de doux infirmiers ou de fossoyeurs affairés ?

JTI, de puissantes fées autour du berceau

Quand le petit JTI babille dans ses langes le 3 avril 2018, de bonnes fées pro­pi­tia­toires se penchent sur lui. L’agence AFP par la per­son­ne de sa direc­trice Michèle Leri­don. Puis le secré­taire général de Reporters Sans Fron­tières, Christophe Deloire. Egale­ment, l’obscur Noël Cur­ran, directeur de l’Union européenne de radio-télévi­sion (UER). Enfin, Peter Bale prési­dent d’un cer­tain GEN, Glob­al Edi­tors Net­work.

Les objectifs du JTI

Ils sont énon­cés par Christophe Deloire :

Dans le nou­veau sys­tème de l’espace pub­lic, les infor­ma­tions faussent cir­cu­lent plus vite que les vraies ; la défense du jour­nal­isme sup­pose de ren­vers­er la logique en don­nant un avan­tage réel à tous ceux qui pro­duisent de manière fiable, quelque soit leur statut.

Pour ce faire le JTI entend don­ner des avan­tages con­crets à ceux qui met­tent en œuvre le respect des proces­sus de proces­sus jour­nal­is­tique.

Le processus de tamisage

Com­ment faire ? Éla­bor­er un dis­posi­tif d’autorégulation sous la forme d’indicateurs :

  • La Trans­parence des médias
  • L’indépendance édi­to­ri­ale
  • La mise en œuvre de méth­odes jour­nal­is­tiques
  • Le respect des règles déon­tologiques

Des algorithmes avant toute chose

Pour « récom­penser » ceux qui exer­cent trans­parence, indépen­dance, méth­odes idoines, déon­tolo­gie etc, rien de mieux que nos amis les algo­rithmes. Ces derniers sont inodores, incol­ores, sans saveur, intouch­ables, inouïs au sens pre­mier de ce terme. Les heureux élus seront priv­ilégiés par les algo­rithmes des moteurs de recherche, avec pour résul­tat une meilleure vis­i­bil­ité, une meilleure portée. Le dis­posi­tif servi­ra de base à un label de médias de con­fi­ance.

Ne pas oublier l’argent

Le pré­cieux label obtenu, des représen­tants des annon­ceurs, soucieux d’établir une « liste blanche » des médias aux­quels associ­er leur image, ont par ailleurs affir­mé leur intérêt pour l’initiative, qui pour­rait leur fournir des critères pour affecter leurs dépens­es pub­lic­i­taires (c’est nous qui soulignons).

Par ailleurs le dis­posi­tif pour­rait servir aus­si de référence pour les aides publiques à la presse, tou­jours dans le cadre de la liste blanche, offrant ain­si aux médias des sources de finance­ment com­plé­men­taire. Le dis­posi­tif pour­ra être util­isé par des organes de régu­la­tion (on ne sait lesquels, peut-être ceux de la future loi Macron sur la presse ?)

George Orwell décrypte à notre demande

Nous avons demandé post mortem à George Orwell, l’immortel auteur de 1984, son avis sur le pro­jet Jour­nal­ism Trust Ini­tia­tive. Ses répons­es pour­raient être les nôtres.

OJIM : George Orwell, que penser des ini­ti­a­teurs du pro­jet ?
George Orwell : J’ai beau­coup de méfi­ance. L’AFP par exem­ple ne cor­re­spond pas au critère d’indépendance, elle est financée par l’Etat en France. Son respect de la déon­tolo­gie est dou­teux, elle ment sou­vent, générale­ment par omis­sion ou en intro­duisant un biais. RSF a fait beau­coup dans le passé pour la lib­erté de la presse, mais j’y vois main­tenant un organe gauchisant, poli­tique­ment cor­rect et bien peu trans­par­ent. Pour les autres, je ne sais pas.
OJIM : Et le proces­sus ?
GO : il est éton­nant. J’y vois une mise à l’écart de tous ceux qui ne pensent pas comme on doit penser. Une sorte de bâil­lon doux avec lequel vous pou­vez mur­mur­er, mais pas par­ler, pour que per­son­ne ne vous entende. C’est une belle illus­tra­tion de ce que dis­ait Sol­jen­it­syne une fois libéré : à l’est vous ne pou­vez rien dire, à l’ouest vous pou­vez tout dire à con­di­tion que per­son­ne ne vous entende.
OJIM : Et l’aspect économique ?
Je n’ai jamais vu un pro­jet oli­garchique s’exprimer avec autant de fran­chise. Les ressources pub­lic­i­taires (privées) comme les sub­ven­tions d’aide à la presse (publiques) seront réservées à ceux qui se trou­vent à l’intérieur du sys­tème. Ils pour­ront aboy­er un peu – il faut respecter un peu les formes – à con­di­tion de ne pas mor­dre. Les autres mour­ront d’inanition.
OJIM : une dernière remar­que ?
GO : Plutôt une ques­tion. Avez vous demandé à être asso­cié à cette ini­tia­tive, ne serait ce que pour don­ner votre avis ?
OJIM : Oui et par deux fois, il sem­blerait que nous n’ayons jamais eu de réponse.

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