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Facebook News tab, nouvelle menace pour les éditeurs

2 novembre 2019

Temps de lecture : 3 minutes
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Facebook News tab, nouvelle menace pour les éditeurs

2 novembre 2019

Temps de lecture : 3 minutes

Vous connaissiez Instant articles de Facebook, le Libra de Facebook, Dating de Facebook, Instagram de Facebook, WhatsApp de Facebook, vous saviez que Facebook finance Check News de Libération (comme Google a financé le Decodex du Monde), le monde journalistique célèbre en cette automne 2019 la naissance de Facebook News tab.

Des éditeurs devenus écrivains fantômes et spoliés

En 2015 le réseau social lançait Instant arti­cles. Après un suc­cès auprès des édi­teurs en 2016, les médias presse ne rece­vant que peu de retombées aban­don­nèrent l’application. Au même moment Face­book met­tait en avant les for­mats vidéo, annonçant début 2015 un mil­liard de vidéos vues par jour, un chiffre qui explo­sait à 8 mil­liards par jour fin 2015. Jusqu’au moment où une enquête mon­trait que le réseau social avait très large­ment enflé les sta­tis­tiques de dif­fu­sion, d’un fac­teur 2 à 9 suiv­ant les mois. Entretemps tout le monde s’était mis à la vidéo, la mode en 2019 est au pod­cast audio.

Quelques années plus tard, en 2018, Face­book annonçait sa déci­sion de se con­cen­tr­er sur les con­tenus famil­i­aux et ami­caux au détri­ment des con­tenus médias et mod­i­fi­ait son algo­rithme en con­séquence. Cer­tains médias perdirent plus de moitié de leur audi­ence en quelques semaines ou mois. Un site comme Slate US avait plus de 23 mil­lions de vues sur le réseau social début 2017 et moins de qua­tre mil­lions 18 mois plus tard, une chute de plus de 80%. Ne par­lons pas du partage de revenus avec les édi­teurs, suiv­ant la célèbre recette du pâté d’alouettes : un cheval pour moi (Face­book), une alou­ette pour toi (les éditeurs).

Le test Facebook News tab aux États-Unis

Fin octo­bre 2019, Face­book a annon­cé le lance­ment sous forme de test de News tab. Kesaco ? Une nou­velle mou­ture de Face­book News avec :

  • Les his­toires du jour (Today’s Sto­ries) sélec­tion­nées par une équipe de jour­nal­istes, ces derniers sans doute choi­sis par­mi les médias parte­naires (on craint le pire).
  • La per­son­nal­i­sa­tion poussée de vos cen­tres d’intérêt.
  • La pos­si­bil­ité de lire les médias aux­quels vous avez souscrits.
  • Un con­trôle pour cacher les arti­cles, sujets ou édi­teurs que vous souhaitez éviter.

Qui par­ticipe ? Les édi­teurs fig­u­rant déjà sur l’index News Page, ayant signé le guide de bonne con­duite du réseau social, partageant « les stan­dards de la com­mu­nauté », exclu­ant les « dis­cours de haine », non classés comme « dés­in­for­ma­tion » et respec­tant « l’intégrité » du réseau social. Par­mi les par­tants The Wall Street Jour­nal, Time, The Wash­ing­ton Post, Buz­zFeed News, Bloomberg, Fox Busi­ness, Busi­ness Insid­er, The Post, The Los Ange­les Times, etc. Le réseau social en annonce 200 à terme.

Le baiser de la mort

Face­book dis­tribue quelques dizaines de mil­lions de dol­lars chaque année via son pro­gramme « Jour­nal­isme », une pail­lette pour une société qui a gag­né 22 mil­liards de dol­lars en 2018, en pro­gres­sion en 2019. Les infor­ma­tions des médias ne représen­tent qu’une frac­tion du marché pour le réseau social. Elles ne sont qu’un moyen sup­plé­men­taire pour pré­cis­er les pro­fils des util­isa­teurs afin de les moné­tis­er ensuite. Un out­il utile, mais rien de plus. Le Wall Street Jour­nal (pro­priété Mur­doch) a une posi­tion dom­i­nante sur son marché et pour­ra tir­er sans doute quelques sub­sides du réseau social. Les quelques édi­teurs qui seront les pre­miers à par­ticiper au nou­veau pro­gramme en tireront eux aus­si quelques béné­fices à très court terme pour mieux se faire plumer ensuite. Puis, comme les autres, ils devien­dront des otages des GAFA, coincés entre Face­book (qui devrait bien­tôt pro­duire aus­si ses pro­pres con­tenus en sous-trai­tance aux médias clas­siques comme BFM avec des vidéos), Google qui aspire l’essentiel des revenus de la pub­lic­ité numérique, Ama­zon qui livre leurs pro­duits dérivés, Apple qui veut devenir à la fois un tuyau et un fil­tre pour les infor­ma­tions. Plus dure sera la chute.

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