Ojim.fr
Veille médias
Dossiers
Portraits
Infographies
Vidéos
Faire un don
Éloge de la censure et du crétin suisse

12 juin 2019

Temps de lecture : 4 minutes
Accueil | Veille médias | Éloge de la censure et du crétin suisse

Éloge de la censure et du crétin suisse

Il n’y a aucune raison que le crétinisme soit réservé à une nation. Grande nation peut produire petits crétins dit un proverbe (inventé). Mais une « petite » nation (par petite nous entendons par la taille, pas par le prestige) peut engendrer de grands crétins, de sexes divers. Nous devons à l’Antipresse l’exhumation d’un article du quotidien suisse Le Temps du 30 janvier 2018 sous la signature de Julie Rambal, sous le titre « On ne peut plus rien dire , vraiment ? », qui est un fleuron du genre. Et où la journaliste se convainc gentiment de l’aspect salutaire de la censure. Visite des lieux.

Comment on justifie la censure

Ce quo­ti­di­en suisse est spé­cial­isé dans le poli­tique­ment cor­rect, ver­sion gruyère et choco­lats, ban­ques et lac Léman. Com­ment jus­ti­fi­er la cen­sure con­stante, par­fois feu­trée, par­fois vive, qui est une des con­stantes du quo­ti­di­en ? Com­ment en faire un argu­ment moral ras­sur­ant ? Com­ment se réfugi­er dans la mora­line tout en mani­ant les déli­cieux ciseaux de la cen­sure ? Julie vous donne la clé en qua­tre mou­ve­ments.

Adagio, ce sont les méchants qui condamnent la censure

Cha­cun le sait : le réel ne compte que pour peu de choses dans les écoles de jour­nal­isme, suiss­es inclus­es. Ce qui compte c’est d’où vient l’information. Elle vient du camp du Bien, on approu­ve, on pub­lie. Elle vient du camp du Mal, on con­spue, on cen­sure, ou on passe sous silence. Julie a trou­vé l’origine dia­bolique de ceux qui con­damnent la cen­sure : les méchants. En l’espèce Pas­cal Praud (attaqué régulière­ment pour manque de cen­sure préven­tive), l’hebdomadaire Valeurs Actuelles « très à droite », et pire « l’alt right (extrême droite) améri­caine ». Si les mau­vais n’aiment pas la cen­sure, celle-ci doit donc avoir quelques ver­tus.

Allegro ma non troppo

Pour se ras­sur­er morale­ment après usage des ciseaux (un cut­ter peut faire l’affaire, prévoir un bâil­lon si le con­trevenant crie), rien ne vaut le recours à un « expert ». En l’espèce un très obscur « chercheur en sci­ences poli­tiques » Denis Ramond, vient à la rescousse. Non ce n’est plus de cen­sure qu’il s’agit. « Car ce fameux #OnNePeut­Plus­RienDire « ne désigne en réal­ité pas une cen­sure, mais une sit­u­a­tion nou­velle ». Vous sup­primez le mot cen­sure et vous le rem­placez par « sit­u­a­tion nou­velle ». Non, non et non, pas de cen­sure, dans ce phénomène « on peut y voir aus­si l’élargissement du débat démoc­ra­tique et la preuve de notre inépuis­able ressource cri­tique ». Autrement exprimé, l’usage de la cas­tra­tion intel­lectuelle est la con­séquence directe de l’usage de la rai­son cri­tique. Joli exer­ci­ce de séman­tique, qui rap­pelle 1984 de George Orwell, la haine c’est l’amour, la guerre c’est la paix, la cen­sure c’est l’élargissement du débat démoc­ra­tique.

Andante

À crétin, crétin et demi dit un proverbe valaisan. Le Temps a trou­vé un « humoriste » qui jus­ti­fie la cen­sure, tout en con­tre­dis­ant l’expert offi­ciel qui, quelques lignes plus haut, se ras­sur­ait en con­statant que l’on ne « peut plus faire d’humour sex­iste ou raciste ni d’allusions salaces.». L’humoriste con­vo­qué affirme le con­traire « On peut encore rire de tout, mais la société est plus inclu­sive, ce que je trou­ve pas mal. ». Autrement dit on peut bien rire de tout sauf des hommes, des femmes, des enfants, du sexe, de la mal­adie, de la mort, des noirs, des homo­sex­uels, de la reli­gion, des ani­maux, de la poli­tique, etc. Excep­tion, si l’on est « inclusif », ce qui doit vouloir dire « poli­tique­ment cor­rect » en Suisse romand.

Final, allegro furioso

La gen­tille Julie donne comme exem­ple de mau­vais­es pen­sées, les mal­heureux qui s’étaient quelque peu émus d’une nou­velle mise en scène fémin­iste de Car­men où c’est l’héroïne qui tuait don José et non pas le con­traire. Julie y voit une forme de cen­sure : « Cer­tains s’indignent, comme si la mise en scène venait cen­sur­er les autres, alors qu’elle ajoute une option et per­met de voir les précé­dentes avec un autre regard. Donc les #OnNePeut­Plus­RienDire ne lut­tent pas con­tre la cen­sure, mais con­tre la cri­tique, et donc la lib­erté d’expression elle-même.». Allant dans le sens de Julie, nous lui pro­posons huit vari­antes de Car­men, toutes inno­vantes.

Ver­sion 1 : Le brigadier Jose a été dénon­cé par #Bal­ance­Ton­Porc et #MeToo. Jose était en liai­son étroite avec le pro­duc­teur de ciné­ma Har­vey Wein­stein (basse). Tous deux abu­saient des jeunes divas (sopra­nos) en péri­ode d’essai. Ils sont tor­turés sur scène par Car­men en prêtresse ven­ger­esse et Escamil­lo en bour­reau. Ils expirent en maud­is­sant leurs for­faits.

Ver­sion 2 : Jose est homo­sex­uel. Il se rend compte que son véri­ta­ble amour est le torero Escamil­lo. Le brigadier suc­combe aux charmes du torero. Car­men rend sa bague à Jose qui la passe au doigt d’Escamillo pour un mariage chan­té sur scène. Car­men se con­sole avec la paysanne Micaëla.

Ver­sion 3 : Jose est noir. Quand Car­men s’éloigne de lui, une évi­dente dis­crim­i­na­tion, il alerte la Ligue des droits de l’homme. Repen­tante, Car­men se rend compte de son racisme incon­scient et se pacse avec lui.

Ver­sion 4 : Jose est un réfugié albanais arrivé par la fil­ière ital­i­enne au péril de sa vie. Après une péri­ode de malen­ten­dus, la mairie de Séville lui per­met d’obtenir sa nat­u­ral­i­sa­tion. Il peut faire venir ses trois femmes et ses dix-huit enfants qui chantent le chœur final en albanais.

Ver­sion 5 : Jose est trans­genre et s’appelait aupar­a­vant Jose­fi­na. Devenu Jose après une opéra­tion au Brésil, il ne peut obtenir la recon­nais­sance offi­cielle de son change­ment de sexe. De dés­espoir, il se sui­cide sur scène. L’enterrement clôt la représen­ta­tion.

Ver­sion 6 : Jose est joué par Emmanuel Macron et Car­men par Brigitte. Le pre­mier Mon­sieur et la pre­mière Dame brû­lent les planch­es. In fine Carmen/Brigitte repousse Escamil­lo et rejoint Emmanuel/Jose. Cri­tiques très favor­ables du Monde, du Temps et de Libéra­tion.

Ver­sion 7 : Jose est le fils naturel d’un homme poli­tique con­ser­va­teur. Par une mise en abyme stupé­fi­ante le met­teur en scène révèle le car­ac­tère machiste, borné, raciste, du per­son­nage. Téléra­ma et La Croix recom­man­dent chaleureuse­ment le spec­ta­cle.

Ver­sion 8 : Jose est un bonobo. Le bonobo est beau­coup plus tolérant, coopératif, amu­sant que le mâle européen de plus de cinquante ans. Il est aus­si plus act­if sex­uelle­ment. Le manque d’humour et de bien­veil­lance amè­nent la direc­tion à arrêter après la deux­ième représen­ta­tion. Jose/bonobo a un peu impor­tuné (l’OJIM par­le de vio­ls) tour à tour Car­men, Micaëla et deux spec­ta­tri­ces assis­es au pre­mier rang. Rideau.

Les réseaux Soros
et la "société ouverte" :
un dossier exclusif

Tout le monde parle des réseaux de George Soros, cet influent Américain d’origine hongroise qui consacre chaque année un milliard de dollars pour étendre la mondialisation libérale libertaire.

En effet, derrière un discours "philanthropique" se cache une entreprise à l'agenda et aux objectifs politiques bien précis. Mais quelle est l’étendue de ce réseau ?

Pour recevoir notre dossier rejoignez nos donateurs (avec un reçu fiscal de 66% de votre don).

Derniers portraits ajoutés

Michel Denisot

PORTRAIT — Michel Denisot est né en avril 1945 à Buzançais en Indre, il est jour­nal­iste, pro­duc­teur et ani­ma­teur de télévi­sion, il a égale­ment été prési­dent de deux clubs de foot­ball français.

Laetitia Avia

PORTRAIT — Laeti­tia Avia : « Kara­ba la sor­cière, pourquoi es-tu si méchante ? » Née en 1985 à Livry-Gar­gan de par­ents togo­lais, Laëti­tia Avia a con­nu le par­cours qui fait l’orgueil d’une République s’efforçant pénible­ment de main­tenir un sem­blant d’apparences méri­to­cra­tiques.

Patrick Drahi

PORTRAIT — À la tête d’un empire économique colos­sal, Patrick Drahi a com­mencé à s’intéresser aux médias à par­tir des années 2000, rachetant Libéra­tion, L’Express, L’Expansion, Stu­dio Ciné Live, Lire, Mieux vivre votre argent, Clas­si­ca, etc., avant de lorgn­er vers le groupe Nex­tRa­dioTV.

Ivanne Trippenbach

PORTRAIT — Ivanne Trip­pen­bach est une jour­nal­iste de L’Opinion qui a fait de “l’extrême-droite” son cheval de bataille, a grand coups de dénon­ci­a­tions choc. Pour dia­bolis­er son adver­saire idéologique, la jour­nal­iste n’est pas à un détail près.

Paul Amar

PORTRAIT — Paul Amar est né le 11 jan­vi­er 1950 à Con­stan­tine (Algérie) de Charles (agent de la SNCF) et Julie Ghenas­sia. La famille sera rap­a­triée en 1961 et s’installera dans la région lyon­naise.