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Un dossier lamentable du Canard enchaîné sur les infox

16 juillet 2022

Temps de lecture : 3 minutes
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Un dossier lamentable du Canard enchaîné sur les infox

16 juillet 2022

Temps de lecture : 3 minutes

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Infox, fake news, ère de la post-vérité (si je mens), bombardements de propagandes diverses, inflations publicitaires, nous sommes submergés d’informations, vraies ou fausses. De quoi faire un bon dossier. Celui du Canard, « Infos et usage de faux », est lamentablement raté ou orienté.

Cinq chapitres sur le sujet

Le som­maire était alléchant et nous avait incité à dépenser nos six euros pour ce dossier hors-série : Fake news, arme de guerre ; Fake news arme poli­tique ; le Covid, usine à fake news ; Fake news, com­ment s’en débar­rass­er ? ; Les obses­sions com­plo­tistes. Il y avait beau­coup à dire, à analyser, à rap­pel­er. Mais à la lec­ture on com­prend pourquoi aucun des arti­cles n’est signé : beau­coup de paresse intel­lectuelle, un pro­gres­sisme non­cha­lant et des oub­lis majeurs et troublants.

Rappel historique

Rap­pelons que le terme fake news est né dans un con­texte poli­tique par­ti­c­uli­er. Celui d’évènements poli­tiques non-con­formes : le Brex­it, l’élection de Trump, la pos­si­ble arrivée au pou­voir de Mat­teo Salvi­ni, tout ceci au car­refour des années 2016. Des évène­ments qui n’auraient pas dus se pro­duire selon la doxa libérale-lib­er­taire. Si ces évène­ments déplorables se sont pro­duits, c’est que le bon peu­ple a été trompé par de mau­vais­es infor­ma­tions, les fameuses fake news, propagées par des méchants. Pre­mier avan­tage : la caste jour­nal­is­tique est inno­cente ; elle a été vic­time comme les autres des fake news, ceci pour le passé. Mais de tels évène­ments ne doivent pas se repro­duire, il faut met­tre le bon peu­ple à l’abri des fake news par des fil­tres. Ceux-ci pren­nent le nom de fact-check­ers, de Decodex, de Check News, de com­mis­sion Bron­ner, de Vig­inum, etc. Pro­tégé des fake news, le bon peu­ple bien infor­mé votera pour les bons can­di­dats, deux­ième avan­tage, celui-ci pour l’avenir.

Un tissu de poncifs

Dans toute démonolo­gie il faut des dia­bles et des dia­blotins. Pour le dossier, il y a deux grands dia­bles, Trump et Pou­tine, en par­faite symétrie. Ils mentent tout le temps à tout le monde, ils sont vrai­ment méchants. Et puis il y a les dia­blotins qui bat­i­fo­lent autour : le brésilien Bol­sonaro, l’italien Mat­teo Salvi­ni, un peu Lau­rent Wauquiez.

Un arti­cle bidon­nant porte sur le « migrant irrem­place­ment » qui explique (sans rire) que « l’immigration rap­porte plus qu’elle ne coûte » ; là où le Canard se fait l’allié du Medef et de l’ouverture des fron­tières, cer­tains diront étrange­ment, d’autres s’étonneront moins.

Des oublis tonitruants dont un certain 5 février 2003

Mais le dossier brille surtout par ses absences. Rien sur les faux charniers de Timisoara en 1989 en Roumanie. Rien sur les fauss­es morts de nour­ris­sons tués dans leurs cou­veuses lors de la guerre du Koweit en 1990. Rien sur les faux mas­sacres en 1999 au Koso­vo qui ont provo­qué 78 jours de bom­barde­ment sur la Ser­bie. Rien sur le déclenche­ment par le cou­ple BHL/Sarkozy, à par­tir de fauss­es nou­velles, de la guerre en Libye en 2011, qui a entraîné le déséquili­bre de tout le Sahel et d’une par­tie de l’Afrique. Et surtout rien de rien sur le 5 févri­er 2003, le jour où l’américain Col­in Pow­ell monte à la tri­bune de l’ONU. Il y monte solen­nelle­ment avec dans sa main une fiole con­tenant une poudre blanche, de l’anthrax, une arme biologique de destruc­tion mas­sive qui pour­rait être util­isée par les menaçantes fusées de Sad­dam Hus­sein. C’est le pré­texte de l’invasion de l’Irak par l’armée améri­caine. Il n’y a, on le sait et Pow­ell le savait peut-être, ni armes biologiques, ni fusées en Irak. Quelques vingt ans et plusieurs cen­taines de mil­liers de morts plus tard, quelques mil­lions de déplacés et de vies brisées plus tard, pas un mot du Canard sur la fake news améri­caine du siè­cle. Un oubli peut-être ?

Voir aus­si : Les 10 principes de la pro­pa­gande de guerre

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