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Dis papa, c’est quoi L’Huma ?

22 juillet 2019

Temps de lecture : 4 minutes
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Dis papa, c’est quoi L’Huma ?

Pre­mière dif­fu­sion le 03/04/2019

N’en déplaise aux fans du cinéaste Robert Guédiguian, le quotidien L’Humanité, « L’Huma » pour les intimes, n’évoque plus grand chose pour nos petites têtes blondes, pas plus que son amie du sud, La Marseillaise. Tout au plus une partie de la jeunesse parisienne connaît-elle ce média sous la forme de sa fête annuelle. Il n’empêche : en ce premier trimestre 2019, un vent de mobilisation générale a soufflé en faveur du quotidien du communisme officiel, celui d’une conception du monde aux cent millions de morts.

L’OJIM suit régulière­ment les aven­tures de ce quo­ti­di­en sans trop de lecteurs, sauf amis ou groupes de sou­tiens locaux organ­isés, mais avec force sub­ven­tions, tant ce cas d’école est un cas cro­quig­no­lesque de la sit­u­a­tion sous per­fu­sion de la presse idéologique­ment bien-pen­sante en France. Car L’Humanité est tou­jours con­sid­érée comme appar­tenant au « Camp du Bien », mal­gré son 20e siè­cle sor­dide, mais de cela son syn­di­cat, par­don « le » syn­di­cat des jour­nal­istes (loin de représen­ter l’ensemble de la pro­fes­sion), en par­le très bien sans avoir besoin de nous.

Regard sur nos derniers articles

Les derniers arti­cles de l’OJIM au sujet de L’Humanité :

Tout cela s’inscrivant dans un con­texte de dif­fi­cultés. Elles ne sont pas nou­velles : com­ment un quo­ti­di­en que fuient ses lecteurs mais où tra­vail­lent quelques 120 jour­nal­istes pour­rait-il être viable économique­ment ? Ce n’est pas pos­si­ble, sauf à être mas­sive­ment aidé par l’Etat, ce qui est le cas puisque L’Humanité reçoit de l’ordre de 4 000 000 d’euros de sub­ven­tions au titre… de la lib­erté de la presse, cette même lib­erté dont ce jour­nal a soutenu les restric­tions partout dans le monde la plus grande par­tie du 20e siè­cle, ver­sant stal­in­ien. Le « en même temps », axe majeur du pro­gres­sisme, ne date pas d’Emmanuel Macron. Sans compter l’histoire con­crète des « ban­lieues rouges » dans lesquelles il valait mieux acheter L’Huma du dimanche quand on son­nait à votre porte, ain­si que PIF gad­get si pos­si­ble, si l’on voulait être con­sid­éré nor­male­ment dans la com­mune, et non pas comme des enne­mis poli­tiques. L’Humanité s’est sou­vent ain­si ven­due sous dis­crète pres­sion mil­i­tante. Ne serait-il pas temps d’élargir le fameux « Devoir de Mémoire » ?

Bien sûr, cela peut être dif­fi­cile, au regard de l’organigramme du quo­ti­di­en où l’on retrou­ve quelques noms qui étaient encore influ­ents il y a peu, ain­si Michel Vovelle (décédé en 2018), Axel Kahn ou Gérard Mordillat.

L’Huma sous assistance respiratoire d’État

L’Humanité paraît être ce quo­ti­di­en qui ne meurt jamais, sans cesse revi­tal­isé par les sub­ven­tions, au nom de la lib­erté d’expression, lib­erté qui ne sem­ble pas liée à l’égalité de traite­ment, vu que d’autres quo­ti­di­ens par­fois en dif­fi­culté béné­fi­cient de très peu d’aide de l’État, à l’instar de Présent, du fait de sa con­cep­tion du monde ne cad­rant pas avec le poli­tique­ment cor­rect. Un petit tour devant les Unes de L’Humanité de la dernière semaine du mois de mars :

Lundi 25 mars 2019

→ Pho­tomon­tage : un polici­er marche sur une vieille dame et son dra­peau arc-en-ciel. Titre : « Une belle journée de march­es gâchée par la vio­lence poli­cière à Nice ».

→ Titre prin­ci­pal : « Burn-out en série à l’inspection du tra­vail ». Pho­tomon­tage : le code du tra­vail est entravé comme un banal code noir.

→ Annonce d’un témoignage avec comme accroche « Pros­ti­tu­tion ». Une anci­enne pros­ti­tuée de 62 ans, « mil­i­tante », com­mence ce jour une « marche fran­co-alle­mande des sur­vivantes de la pros­ti­tu­tion ».

→ Europe : le quo­ti­di­en est obligé de soutenir l’UE con­tre Tere­sa May au son de ce cla­iron : « en dépit de ses ultimes provo­ca­tions pop­ulistes » (c’est au sujet de Madame May…).

Mercredi 27 mars 2019

Le quo­ti­di­en est cen­tré sur le social. Au menu :

→ Un sui­cide d’enseignant

→ Une vieille dame en fau­teuil roulant, au sujet des men­aces liées au gouvernement.

→ Un débat au sujet des pom­piers, du fait des urgences. Il ne faudrait pas laiss­er dire que ça cail­lasse dans les quartiers eth­niques anci­en­nement français.

→ Un peu de soci­olo­gie au sujet des ter­ri­toires ruraux

Jeudi 28 mars 2019

Comme cela appa­rais­sait déjà la veille, la ques­tion de l’UE est com­pliquée à gér­er pour de jour­nal. Du coup, le titre de Une occupe toute la page :

« Traités européens : com­ment s’en libérer ? »

Un seul autre titre de Une, por­tant sur Boute­fli­ka dont le lâchage est perçu comme « une manœu­vre de l’ancien régime ». L’Humanité a la mémoire courte : ancien régime ? Quelle était l’idéologie de ceux qui ont con­duit au pou­voir le régime algérien actuel ?

Et que penser de cet arti­cle paru ce même 28 mars, au sujet des rumeurs dif­fusées dans les départe­men­taux racisés de la ban­lieue parisi­enne con­tre les Roms ? On y lit ceci :

« Ces actes sont tout sim­ple­ment igno­bles, ils relèvent du crime raciste et nous rap­pel­lent les raton­nades organ­isées en France con­tre une autre pop­u­la­tion il n’y a pas si longtemps », dénon­cent les respon­s­ables locaux du PCF.

Ou encore ceci :

« Elle ne décolère pas : « Le plus grave dans tout ça, c’est de voir que l’on se retrou­ve aujourd’hui, en France, au XXIe siè­cle, avec des gens capa­bles de faire ça. Des per­son­nes en plein désar­roi qui ont l’impression de se sécuris­er en faisant un pogrom… »

L’Humanité omet de dire une évi­dence : ces « pogroms » et « raton­nades » sont le fait des immi­grés, descen­dants d’immigrés et migrants de ces départe­ments devenus eth­niques, ce que con­fir­mait un des acteurs des vio­lences, Boubacar, chez Bour­din la veille. Boubacar expli­quait pourquoi ses com­pagnons aux prénoms ori­en­taux et lui se pro­tégeaient du « dan­ger Rom ».

Com­ment l’Humanité pour­rait-elle trou­ver un vrai lec­torat en étant à ce point jour­nal de minorités agis­santes ? Com­ment ce quo­ti­di­en pour­rait-il touch­er un lec­torat pop­u­laire quand tous les thèmes mis en avant sont ceux de la bobo-atti­tude de la gauche bien-pen­sante ? Suf­fit-il d’avoir pré­ten­du faire son aut­o­cri­tique con­cer­nant le sanglant 20e siè­cle ? Suf­fit il de faire sem­blant d’oublier son rôle dans la mise en œuvre de poli­tiques aujourd’hui dénon­cées par le quo­ti­di­en com­mu­niste ? Une autre ques­tion : pourquoi ce quo­ti­di­en est-il année après année mas­sive­ment soutenu par l’État ?

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