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Dilcrah : sur les plates formes numériques, nouvelle loi contre le racisme et l’antisémitisme

28 mars 2018

Temps de lecture : 2 minutes
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Dilcrah : sur les plates formes numériques, nouvelle loi contre le racisme et l’antisémitisme

Alain Finkielkraut en son temps avait pu définir l’antiracisme contemporain comme le communisme du XXIème siècle. À voir les nouveaux projets du macronisme sur le sujet, un esprit badin pourrait estimer que cette forme moderne du totalitarisme est encore dans sa prime jeunesse et fera florès.

La Dilcrah en première ligne

Vous ne con­nais­sez pas la Dil­crah ? La délé­ga­tion inter­min­istérielle à la lutte con­tre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti LGBT. Créée en févri­er 2012 sous Nico­las Sarkozy, rat­tachée au Pre­mier Min­istre en 2014 sous François Hol­lande, elle a vu ses mis­sions élar­gies en 2016. Avec de nom­breux parte­naires (Ligue de l’enseignement, ATD Quart Monde, la LICRA, le MRAP, des mairies, des théâtres, des col­lèges, etc.) la délé­ga­tion par­raine par exem­ple les Gay Games de Paris en août 2018 (on attend les jeux pour les sex­uelle­ment neu­tres qui ont aus­si droit à leur statut à eux), organ­ise la semaine de lutte con­tre le racisme et l’antisémitisme fin mars 2018, etc. Elle est dirigée depuis mai 2017 par le préfet Frédéric Poti­er, énar­que, ancien mem­bre des cab­i­nets de Claude Bar­tolone et Manuel Valls. Elle dis­pose d’un bud­get annuel d’un peu plus de 6 mil­lions d’euros.

La répression actuelle

La délé­ga­tion encour­age la déla­tion sur son site inter­net via le por­tail Pharos du Min­istère de l’Intérieur :

SIGNALEZ UN CONTENU RACISTE OU ANTISÉMITE SUR INTERNET ? Vous avez été confronté(e) sur Inter­net à un con­tenu à car­ac­tère raciste, anti­sémite ou anti-LGBT et vous souhaitez lut­ter con­tre la prop­a­ga­tion des dis­cours de haine sur les réseaux sociaux ?

Out­re cette sym­pa­thique activ­ité à car­ac­tère social et cul­turel, la délé­ga­tion, via son directeur, se préoc­cupe des inquié­tudes majeures des Français. Dans un entre­tien au Monde du 20 mars 2018, Frédéric Poti­er voit « un océan de haine sur inter­net » et con­state que « la vio­lence y est extrême­ment aiguë ». Il se félicite de l’efficacité de son action en cours qui fait « fer­mer des pages Face­book, sup­primer des Tweets, blo­quer des chaines Youtube ». Mais c’est encore insuffisant.

La répression future

Out­re un pro­jet à l’échelle européenne, une mis­sion d’exploration de ren­force­ment de la répres­sion a été con­fiée à trois per­son­nal­ités : Karim Amel­lal (écrivain), Laeti­tia Avia (député LRM) et Gil Taïeb (CRIF). Déjà on peut prévoir – avec des amé­nage­ments – une appli­ca­tion française de la loi alle­mande sur les réseaux soci­aux. Mais la délé­ga­tion envis­age surtout un « big bang juridique et cul­turel » pour adopter les normes du nord de l’Europe (Roy­aume-Uni et Scan­di­navie) où « les enquêtes judi­ci­aires par­tent du qual­i­fi­catif posé par la vic­time ». Autrement dit votre voisin à la per­cep­tion que vous êtres « raciste ou homo­phobe », c’est son ressen­ti qui sera pris en compte par les enquê­teurs. Le directeur de la délé­ga­tion voit là des « marges de pro­grès ».

Pas de répres­sion sans son volet édu­catif. Inter­ven­tions dans les com­mis­sari­ats, dans les gen­darmeries, dans la mag­i­s­tra­ture. Sans oubli­er  la créa­tion d’une « équipe nationale de réac­tion rapi­de », sorte de GIGN ou de RAID de l’antiracisme, capa­ble d’intervenir en force sur les lieux du crime, en par­ti­c­uli­er à l’école. Les sportifs, les milieux de la cul­ture et les élus locaux ne seront pas oubliés.

Les ama­teurs de lit­téra­ture pour­ront relire 1984 de George Orwell (Folio, p 276/281) :

« Le prob­lème est donc un prob­lème d’éducation. Il porte sur la façon de mod­el­er con­tin­uelle­ment, et la con­science du groupe directeur, et celle du groupe exé­cu­tant qui vient après lui. La con­science des mass­es n’a besoin d’être influ­encée que dans un sens négatif… On exige d’un mem­bre du Par­ti, non seule­ment qu’il ait des opin­ions con­ven­ables, mais des instincts con­ven­ables… Lar­rêt­du­crime, c’est la fac­ulté de s’arrêter net, comme par instinct, au seuil d’une pen­sée dan­gereuse »

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