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Égalité hommes femmes dans la PQR ? La lutte du siècle ?

21 avril 2022

Temps de lecture : 4 minutes
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Égalité hommes femmes dans la PQR ? La lutte du siècle ?

Temps de lecture : 4 minutes

À peine élu, Emmanuel Macron érigeait la lutte pour l’égalité hommes-femmes en grande cause nationale pour son quinquennat. Après cinq années de macronisme, la Fondation Jean Jaurès, en cette période d’élection présidentielle, publie un bilan de cette lutte dans la presse régionale quotidienne. Un bilan qui n’échappe pas aux lubies de l’époque…

Mitou ? Me too !

La Fon­da­tion Jean Jau­rès s’est donc intéressée à la place de l’é­gal­ité femmes-hommes (l’or­dre est impor­tant pour nos « experts ») dans la presse quo­ti­di­enne régionale. Objec­tif : « ren­dre compte de l’é­tat et de l’évo­lu­tion du débat pub­lic suite aux événe­ments majeurs en lien avec les droits des femmes ayant eu lieu depuis les dernières années. ». Par « événe­ments majeurs », les auteurs enten­dent le mou­ve­ment MeToo ou encore les plaintes déposées con­tre Pierre Ménès ou PPDA.

On peut ques­tion­ner l’u­til­ité et l’ex­is­tence même du sujet. En quoi la presse régionale est-elle con­cernée par cette ques­tion qui est une ques­tion éminem­ment poli­tique comme le soulig­nent nos « experts ». La presse régionale est celle qui évoque des ques­tions locales, proche des préoc­cu­pa­tions du lec­torat. On peut exprimer de sérieux doutes sur le fait que le Creusois soit aus­si préoc­cupé de la lutte pour l’é­gal­ité femmes-hommes que le Parisien du IV ème arrondisse­ment. Notons d’ailleurs que Le Parisien fig­ure par­mi les bons élèves du rap­port. Pour enfon­cer le clou, le rap­port, se tirant une balle dans le pied sans s’en ren­dre compte, citant l’é­tude Elabe pour BFMTV en date du 14 octo­bre 2021, con­clut que la lutte pour l’é­gal­ité arrive en 14ème posi­tion sur 16 sujets sondés dans les préoc­cu­pa­tions des Français.

Du bobo parisien au gilet jaune de l’Orne

Enfin la page 13 du rap­port, qui en tout en fait un peu plus d’une trentaine, note « En effet, en rai­son de la tech­nic­ité juridique, soci­ologique ou poli­tique de cer­tains thèmes, l’ap­pro­fondisse­ment des enjeux est peu pro­posé dans les arti­cles. » ajoutant que « les arti­cles ne pro­posent pas un cadre d’analyse poussé. ». Nous obser­vons donc une décon­nex­ion entre les attentes d’une poignée d’é­tu­di­ants parisiens et celle d’un lecteur de la presse quo­ti­di­enne régionale. Les pre­miers veu­lent voir les gazettes devenir des prêch­es pour la décon­struc­tion des stéréo­types de genre quand les sec­onds veu­lent juste être infor­més des actu­al­ités locales. À aucun moment les auteurs n’évo­quent le fait que ce for­mat d’analyse con­vient bien mieux à des revues, des livres ou des plateaux du ser­vice pub­lic qu’à la presse régionale.

Voir aus­si : Le néo-fémin­isme sur inter­net, le mal gagne

Essentiel, victimaire

En revanche la part belle est faite à la néces­sité de « poli­tis­er » les ques­tions d’é­gal­ités. Ain­si cer­tains tra­vers sont pointés du doigt comme l’ « essen­tial­i­sa­tion, vic­tim­i­sa­tion de la femme, dépoli­ti­sa­tion de la lutte pour l’é­gal­ité ». Une dépoli­ti­sa­tion qui appelle donc à une plus grande atten­tion sur les sujets de genre, de décon­struc­tion ou de patri­ar­cat selon les rédac­teurs. Une poli­ti­sa­tion qui, sans sur­prise, va dans le sens des woke, ter­mes cités par les auteurs comme étant employés pour les décrédi­bilis­er (comme s’il fal­lait en arriv­er là…).

Mais parce que les mots sont impor­tants, le rap­port sug­gère donc de se pencher sur « l’emploi de l’ex­pres­sion « vio­lences sex­istes et sex­uelles » priv­ilégiée par les mou­ve­ments fémin­istes pour point­er un con­tin­u­um de vio­lences allant du har­cèle­ment moral au viol », se pencher pour mieux les inté­gr­er dans le lex­ique du quo­ti­di­en. Un autre mot cité est « fémini­cide », employé par les mou­ve­ments fémin­istes pour rem­plac­er celui de « crime pas­sion­nel » masquant, selon eux, la vio­lence du patri­ar­cat. Enfin la con­clu­sion vient apporter la note finale de ce réc­i­tal bien-pen­sant en regret­tant que le traite­ment de la ques­tion de l’iné­gal­ité hommes-femmes soit classé comme « faits divers » affaib­lis­sant « la prise de con­science du car­ac­tère sys­témique des vio­lences envers les femmes. ».

Nous ne sommes pas sur­pris de voir la Fon­da­tion Jean Jau­rès, dont les liens avec le Par­ti Social­iste, ou ce qu’il en reste, ne sont plus à démon­tr­er, prêch­er l’in­clu­siv­ité et l’é­gal­ité. Ni que ce soit des étu­di­ants de Sci­ence Po qui aient écrit ce rap­port. Les pen­chants de l’in­sti­tu­tion sont connus.

Plus révéla­teur, Ian­nis Rod­der, directeur de l’ob­ser­va­toire de l’é­d­u­ca­tion de la fon­da­tion, a siégé à la com­mis­sion Bron­ner, chargée de pro­pos­er des solu­tions pour lut­ter con­tre les fake news et con­vo­quée à la demande de Macron. Notons égale­ment que Rod­der est mem­bre du con­seil sci­en­tifique de la DILCRAH. On prend les mêmes et on recommence.

Voir aus­si : Recevez gra­tu­ite­ment la nou­velle brochure de l’OJIM sur la DILCRAH

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