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L’été et les frais fixes

22 juillet 2022

Temps de lecture : 4 minutes
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L’été et les frais fixes

22 juillet 2022

Temps de lecture : 4 minutes

Même en été, nos frais fixes (webmestre, serveur, logiciels, etc) ne diminuent pas et nos recettes sur juin-juillet sont inférieures à 1800 €. Un déficit prévisible de 4000 € sur la période, appelé à s’aggraver en août.

L’appel aux dons lancé hier nous a apporté… un don de 50 € dont nous remer­cions bien vive­ment son auteur qui se recon­naî­tra. Tout don quelque soit son mon­tant donne droit à une de nos brochures numériques.

Vous trou­verez ci-dessous les pre­mières pages de notre brochure numérique sur la com­mis­sion Bron­ner, créée par Emmanuel Macron peu avant les élec­tions, afin de ren­forcer la cen­sure à l’ère du numérique.

Tout don à par­tir de 50 € donne droit à une de nos brochures papi­er. Tout don à par­tir de 100 € donne droit à notre livre sur Vik­tor Orbán les raisons d’un suc­cès. Le tout avec un reçu fis­cal de 66% du mon­tant de votre don.

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Claude Chol­let
Obser­va­toire du jour­nal­isme (Ojim)
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La commission Bronner, une commission Potemkine

Quand Catherine de Russie voyageait hors de Moscou, son premier ministre Potemkine faisait bâtir des villages fictifs sur son parcours, qui ensuite ont pris son nom pour désigner une entreprise où la fiction remplace le réel. C’est un peu ce qui se passe avec la commission Bronner, créée pour lutter contre la désinformation. Sous couvert de recherche de la vérité, la commission Bronner de par sa composition, est un « Potemkine de l’information ».

Une création d’Emmanuel Macron

La pandémie a accen­tué la défi­ance, déjà anci­enne, d’une par­tie non nég­lige­able des Français envers les médias main­stream. Un phénomène si impor­tant que cer­tains obser­va­teurs y ont vu une épidémie de fake news.

En réponse, le 29 sep­tem­bre 2021, Emmanuel Macron con­voque une com­mis­sion, présidée par Gérald Bron­ner, chargée de faire l’état des lieux de l’impact d’Internet sur la démoc­ra­tie et de pro­pos­er des solu­tions pour lut­ter con­tre la dés­in­for­ma­tion. Après le retour de la loi Avia et la créa­tion de l’ARCOM, l’exécutif chercherait-il des moyens sup­plé­men­taires pour con­trôler l’information en France ?

Le rap­port de la com­mis­sion Bron­ner, inti­t­ulé pom­peuse­ment « Les lumières à l’heure du numérique », était atten­du. Avant même le début de ces travaux, cer­tains pro­fils fai­saient déjà polémique, à com­mencer par celui de Bron­ner lui-même, déjà pointé du doigt à deux repris­es pour avoir col­porté de fauss­es infor­ma­tions dans deux de ses ouvrages.
À cela, il faut ajouter la démis­sion de Guy Val­lanci­er, chirurgien ayant nié les effets nocifs du Mediator.

La Fondation Descartes en première ligne

Ce n’est pas la présen­ta­tion des mem­bres, au début du rap­port, qui risque de faire taire les polémiques. En effet, si l’ensemble des mem­bres sont bien cités, toutes leurs activ­ités ne le sont pas. Cela com­mence avec Bron­ner lui-même. S’il est bien pré­cisé qu’il appar­tient à l’académie nationale de médecine, à l’Institut uni­ver­si­taire de France, à l’association des tech­nolo­gies, ain­si qu’au comité de rédac­tion de la revue L’Année soci­ologique, il n’est pas dit qu’il occupe égale­ment les fonc­tions de prési­dent du con­seil sci­en­tifique de la Fon­da­tion Descartes, et qu’il siège au con­seil d’administration de cette même Fon­da­tion. Une « erreur », qui fig­ure égale­ment dans la présen­ta­tion de Frédérick Douzet, spé­cial­iste des enjeux géopoli­tiques du cybere­space, qui fig­ure elle aus­si au con­seil sci­en­tifique de la Fon­da­tion Descartes. Le seul mem­bre déclaré comme étant mem­bre de l’organisme est Lau­rent Cor­donier, qui y est directeur de recherche. Nous obser­vons donc une impor­tance de la Fon­da­tion Descartes, ren­for­cée par le rôle de Bron­ner en tant que prési­dent de la com­mis­sion. Sur son site, la Fon­da­tion Descartes se définit comme « une fon­da­tion citoyenne, aparti­sane, indépen­dante et européenne, dédiée aux prob­lé­ma­tiques liées à l’information et au débat public. »

Notons l’éventuelle con­tra­dic­tion qui peut appa­raître entre la volon­té d’européaniser la fon­da­tion et celle de rester aparti­san. La page d’accueil du site relaye une inter­ven­tion de Rudy Reich­stadt, autre expert de la commission.

Jean Jaurès après Descartes

Ces deux présen­ta­tions ne sont pas les seules à être incom­plètes. Celle de Ian­nis Roder réserve aus­si des sur­pris­es. Notons d’abord qu’il est directeur de l’Observatoire de l’éducation de la fon­da­tion Jean Jau­rès, « think-thank pro­gres­siste » selon son site, créé en 1982 par Pierre Mau­roy. Cette struc­ture, très proche du Par­ti social­iste, a par­ticipé au lance­ment de la cam­pagne d’Anne Hidal­go. Il est égale­ment pré­cisé que Rod­der siège au Con­seil des sages de la laïc­ité, organe créé par le min­istère de l’Éducation nationale afin de veiller au respect de la laïc­ité dans le milieu sco­laire. Mais nous ne voyons nulle part qu’il est prési­dent de l’Observatoire du con­spir­a­tionnisme, asso­ci­a­tion éditrice de Con­spir­a­cy Watch, présidée par Rudy Reich­stadt. À pro­pos de cette asso­ci­a­tion, ajou­tons que la col­lab­o­ra­trice déclarée de Reich­stadt, Valérie Igounet, siège à la DILCRAH depuis 2019. Enfin, Rod­der est aus­si respon­s­able des for­ma­tions du mémo­r­i­al de la Shoah. Si cette respon­s­abil­ité est citée, en revanche, il n’est pas pré­cisé qu’à ce titre, il siège au con­seil sci­en­tifique de la DILCRAH.

Nous par­lions de la Fon­da­tion Jean Jau­rès, citons la présen­ta­tion d’Anne Mux­el. Elle est direc­trice de recherche en soci­olo­gie et en sci­ences poli­tiques au CNRS, mais elle est égale­ment mem­bre du con­seil d’administration de la Fon­da­tion Jean Jau­rès, où offi­cie un autre com­mis­saire. Nous pou­vons à l’occasion citer deux autres chercheurs du CNRS, Annette Wiev­ior­ka, his­to­ri­enne de la Shoah, et Roland Cay­rol, fon­da­teur de l’institut de sondage Har­ris-Inter­ac­tive. Ajou­tons, con­cer­nant Annette Wiev­ior­ka, que son frère Michel Wiev­ior­ka siège au con­seil sci­en­tifique de la DILCRAH, comme Rod­der. Nous avons donc trois com­mis­saires ayant des liens avec la DILCRAH, officine gou­verne­men­tale flir­tant avec la police de la pen­sée. Soyons sûrs que nos experts auront les moyens lég­is­lat­ifs de leurs ambitions.

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