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Cyberharcèlement à l’encontre de Zineb El Rhazoui : circulez, il n’y a rien à voir !

21 janvier 2021

Temps de lecture : 3 minutes

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Cyberharcèlement à l’encontre de Zineb El Rhazoui : circulez, il n’y a rien à voir !

21 janvier 2021

En septembre 2020, la journaliste Zineb El Rhazoui a été victime d’un campagne de cyberharcèlement. L’auteur présumé des faits vient d’être relaxé. Retour sur ce jugement qui laisse pantois.

Zineb El Rhazoui, une miraculée

La jour­nal­iste et écrivain fran­co-maro­caine Zineb El Rha­zoui est une mirac­ulée. En jan­vi­er 2015, alors qu’elle était jour­nal­iste à Char­lie heb­do, ses vacances au Maroc lui per­me­t­tent d’échapper à l’attentat islamiste qui a décimé la rédac­tion. C’est un véri­ta­ble car­nage qui a eu lieu le 7 jan­vi­er 2015 dans les locaux de Char­lie heb­do : Bernard Maris, Cabu, Charb, Hon­oré, Tig­nous et Wolin­s­ki, pour ne citer que les plus con­nus, ont suc­com­bé sous les balles des islamistes. Les ter­ror­istes auraient cer­taine­ment voulu ajouter à leurs vic­times Zineb El Razhaoui, qui n’avait de cesse de dénon­cer dans l’hebdomadaire les rav­ages de l’islamisme dans les sociétés arabo-musul­manes. Le hasard ne l’a pas permis.

Il a fal­lu à la jour­nal­iste réap­pren­dre à vivre après cette épreuve. Mais pas dans n’importe quelles con­di­tions. Nous sommes en France au 21e siè­cle et cri­ti­quer ouverte­ment l’islamisme expose à des men­aces dont l’histoire a mon­tré qu’elles pou­vaient être mis­es à exé­cu­tion. Zineb El Razhaoui, comme de nom­breuses autres per­son­nal­ités en France, vit désor­mais sous sur­veil­lance poli­cière per­ma­nente. Change­ments de loge­ments, vie privée entravée, nous passerons sur les détails de cette nou­velle vie, une vie de l’« après ».

L’élément déclencheur

La repro­duc­tion en 2006 par Char­lie heb­do de 12 car­i­ca­tures parues dans le Jyl­lands-Posten n’a jamais été accep­tée par cer­tains. Comme l’expose Patrice Lecon­te dans un doc­u­men­taire sor­ti en 2008 inti­t­ulé « c’est dur d’être aimé par des cons », le jour­nal satirique a dans les années 2000 été assigné en jus­tice par plusieurs instances musul­manes pour avoir pour avoir repro­duit ces car­i­ca­tures. Si le délit de blas­phème n’existe pas dans le droit français, les événe­ments nous ont mon­tré qu’il existe dans la réal­ité, la société réelle, celle que beau­coup ne veu­lent pas voir.

L’histoire retien­dra que l’attentat de 2015 n’est pas arrivé par hasard. Il est l’aboutissement d’une longue et sys­té­ma­tique mise au pilori de l’équipe de Char­lie heb­do. Une nou­velle inqui­si­tion mod­erne avec force incendie des locaux et menaces.

Cyberharcèlement

C’est dans ce con­texte pass­able­ment chargé que Zineb a fait l’objet en sep­tem­bre 2020 d’une cam­pagne de dén­i­gre­ment sur les réseaux soci­aux. Le hash­tag #Bal­anceZinebEl­R­ha­zoui a été repris par des mil­liers d’u­til­isa­teurs de Twit­ter, avec forces men­aces et insultes. L’adresse per­son­nelle de la jour­nal­iste a même été divulguée.

Un cer­tain Idriss Sihame­di, ancien prési­dent de l’association Barakac­i­ty, a récem­ment com­paru devant le tri­bunal cor­rec­tion­nel pour sus­pi­cion d’organisation de cette cam­pagne de dénigrement.

Sur Twit­ter, Gas­ton Crémieux se livre à un essai de fact check­ing sur le per­son­nage en s’appuyant sur des Tweets et des arti­cles de presse.

Si le tri­bunal recon­nait selon Le Figaro le 15 jan­vi­er que « l’ensem­ble de ces mes­sages étaient effec­tive­ment con­sti­tu­tifs » de har­cèle­ment, l’avocat de Zineb, Thibault de Mont­br­i­al souligne que le tri­bunal a estimé “qu’il n’a été apporté aucune preuve de la détéri­o­ra­tion effec­tive des con­di­tions de vie de @ZinebElRhazoui “».

Par dépit ou révolte, Thibault de Mont­br­i­al souligne :

« C’est vrai qu’elle était déjà men­acée par islamistes avant… »

La direc­trice des ressources humaines de Char­lie heb­do Mari­ka Bret com­mente égale­ment cette déci­sion de justice :

« L’oc­ca­sion de rap­pel­er que le tri­bunal recon­naît le har­cèle­ment en ligne con­tre @ZinebElRhazoui et dénie la qual­ité de jour­nal­iste à ce pro­mo­teur islamiste de son vrai nom Driss Yem­mou ».

Les démêlés judi­ci­aires d’Idriss Sihame­di ne sont toute­fois pas ter­minés : un nou­veau procès pour « injure publique » à l’encontre de Zineb El Rha­zoui a eu lieu le 13 jan­vi­er 2021. Valeurs actuelles énumère les noms d’oiseau qu’aurait emprun­té par notre poète d’un jour : « arabe de ser­vice », « chien caressé par ses maîtres », etc.

C’était en 2020, ça s’est passé tran­quille­ment sur les réseaux soci­aux en France, Europe. À vous Cognacq Jay.

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