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Pub­lié le 6 février 2016 | Éti­quettes : , ,

Comment La CGT entend faire main basse sur l’imprimerie

Calme depuis plusieurs mois, la Filpac CGT pourrait refaire parler d'elle d'ici quelques semaines.

Elle a réuni ses délégués du sud de la France le 21 janvier avec un objectif affiché. Ne pas être exclue du redécoupage futur de la carte des imprimeries de quotidiens dans l'Hexagone d'ici quatre ans. Avec des tirages qui baissent de plus de 5% chaque année, l'outil industriel français atteint désormais une surcapacité inquiétante. En région parisienne, cette dernière atteindrait même 40%. Conséquence : dès 2016, les éditeurs de presse quotidienne régionale et nationale devraient continuer à mener de nécessaires restructurations. Déjà en 2015, Le Monde imprimerie puis l'usine du Parisien à Saint-Ouen, la Sicavic, ont fermé leurs portes. Le Sud, où coexistent pas moins de huit usines réparties entre Nice et Toulouse, est probablement la prochaine étape de ce processus de réduction du format. Les cégétistes espèrent rencontrer le président de La Dépêche du midi, Jean Michel Baylet, courant février, pour lui exposer leurs vues. Il y a peu de chances qu'ils obtiennent gain de cause. Les organisations professionnelles des quotidiens nationaux et régionaux ont déjà répondu par la négative. Les groupes veulent évidement continuer à maîtriser leur stratégie industrielle.

La CGT propose notamment des regroupements futurs entre les centres qui impriment les quotidiens et ceux qui tirent les magazines. Une façon de limiter les pertes d'emplois… et d'adhérents. En fort recul, le Livre CGT (-de 5000 adhérents) espère de surcroît faire abonder les départs par l’État, donc le contribuable. L'idée de fusion dans des usines multi-titres n'est pas non plus dénuée d'arrière-pensées. Peu représenté dans les imprimeries des magazines dites de labeur, le syndicat espère ainsi élargir son champ d'action électorale.

S'il est en baisse, Le Livre CGT démontre régulièrement sa puissance en bloquant la presse d'information politique et générale. Pour l'instant adressée en guise d'avertissement, la déclaration écrite qui a suivi la réunion du 21 janvier pourrait à moyen terme bel et bien se transformer en vraie déclaration de guerre.

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