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<span class="dquo">«</span> Cam Clash », l’émission qui voulait tester notre intolérance

30 mai 2014

Temps de lecture : 3 minutes
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« Cam Clash », l’émission qui voulait tester notre intolérance

« Cam Clash », c’est la nouvelle trouvaille de France 4 qu’on jurerait faite dans le seul but de nous montrer à quel point notre pays est raciste, machiste, homophobe et intolérant.

Le con­cept : des sit­u­a­tions de rues repro­duites par des acteurs, sous les yeux des pas­sants dans le but d’ob­serv­er leur réac­tion face à des inci­vil­ités, des actes racistes ou homo­phobes. Le tout filmé en caméra cachée. Dans le pre­mier épisode dif­fusé ce lun­di 26 mai, trois thèmes étaient abor­dés :

  • Une femme harcelée à un arrêt de bus
  • Une femme faisant sem­blant de ne pas savoir se gar­er en voiture
  • Deux hommes s’embrassant et se cares­sant à la ter­rasse d’un café

Pour la pre­mière expéri­ence (sur les rats de lab­o­ra­toires que sont les pas­sants), l’homme qui har­cèle une jolie femme pour obtenir un ren­cart est, ser­vice pub­lic oblige, un bon Français de souche avec un accent ban­lieusard tiré par les cheveux.

Dans la deux­ième mise en scène, une femme mal­ha­bile au volant bloque la rue car elle feint de ne pas savoir se gar­er. Cer­tains s’a­ga­cent, lui pro­posent même de gar­er la voiture à sa place, mais le ton reste cor­rect. Insuff­isant pour la pro­duc­tion qui souhaite à tout prix mon­tr­er à quel point les Français sont machistes. Celle-ci décide donc de chang­er les règles : la femme au volant va se mon­tr­er méprisante et agres­sive, et un com­plice va s’im­mis­cer dans le débat en lançant quelques pics misog­y­nes du genre : « C’est tou­jours des bonnes femmes ! N’est-ce pas Mon­sieur ? » Cette fois, le ton monte d’un cran et, sous la pres­sion de l’homme com­plice et du com­porte­ment insup­port­able de la femme au volant, des paroles plus vio­lentes sont pronon­cées.

Quelle con­clu­sion sérieuse don­ner à cette expéri­ence ? Un aveu sous la tor­ture est-il tou­jours un aveu ? Faut-il s’é­ton­ner que les gens per­dent patience lorsqu’une rue est blo­quée pen­dant dix min­utes, en pleine journée, par une idiote mal élevée qui n’en fait qu’à sa tête ? France 4 sem­ble sat­is­faite de son coup. Les Français sont anti-femmes au volant : c’est dans la boîte ! Aus­si faut-il remar­quer, mais la chaîne s’est bien gardée d’en tir­er des con­clu­sions, que cer­tains hommes ont prof­ité de cette sit­u­a­tion pour dra­guer la jeune auto­mo­biliste… Et il n’est nulle­ment besoin de pré­cis­er que les pro­fils des aguicheurs étaient bien dif­férents de celui mis en valeur dans la pre­mière expéri­ence !

Troisième et dernière expéri­ence : deux homo­sex­uels s’embrassent et se caressent, plutôt dis­crète­ment, à une ter­rasse de café. Un serveur, com­plice, va leur faire remar­quer que cela ne se fait pas parce qu’ils pour­raient cho­quer les clients. Le serveur emploie un vocab­u­laire soutenu tout en con­fi­ant n’avoir aucun prob­lème avec les « pédés ». Manque de chance pour France Télévi­sions, les per­son­nes assis­es autour (sol­lic­itées par le serveur lorsqu’elles n’in­ter­ve­naient pas directe­ment) ne sont pas de l’avis du serveur et trou­vent presque toutes son com­porte­ment déplacé.

Le seul témoignage « hos­tile » que la chaîne a pu recueil­lir est celui d’une per­son­ne âgée qui trou­ve que « ce genre de choses ne se fait pas en pub­lic, qu’il s’agisse d’ho­mo­sex­uels ou d’hétéro­sex­uels ». Pour l’ho­mo­pho­bie pri­maire, il fau­dra donc repass­er ! Pour autant, les per­son­nes qui sont inter­v­enues con­fient à la caméra, sans sour­ciller : « On vit dans un pays où les gens sont de moins en moins tolérants. » Dans un pays où, pour­tant, l’u­nion des homo­sex­uels a été légal­isée et où un serveur s’en prenant à deux per­son­nes qui ne man­i­fes­tent pas si osten­si­ble­ment leur amour est con­spué par sa clien­tèle. Pour l’in­tolérance, il fau­dra, là-aus­si, repass­er…

Ce que ne va pas man­quer de faire France 4, d’ailleurs, qui pré­pare pour le 2 juin un nou­veau numéro où il sera, entres autres, ques­tion de racisme. Ça promet !

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