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Pub­lié le 29 octobre 2019 | Éti­quettes : , ,

Air du temps, sites anti-complotistes et sites anti-fakenews

Les infox sont à la mode. Elles ont d’abord constitué une explication déculpabilisante pour certaines élites devant des évènements inattendus considérés comme négatifs : élection de Trump, Brexit, gouvernement Salvini-Di Maio (Lega/Cinq étoiles) en Italie. Si de telles horreurs ont pu arriver, ce n’est pas de notre faute mais celle des vilains populistes qui ont menti (fake news) au peuple, disent les médias de grand chemin. C’est devenu ensuite un ravissant prétexte pour toutes les censures : nous devons protéger le peuple fragile de ces infox en les éradiquant à la racine. Les serviteurs de l’anti-complot sont de la même eau.

L’obsession de la conspiration et son envers

Il y a deux sortes d’obsédés des conspirations, ceux qui en voient partout (les illuminati, les reptiliens, etc) et ceux qui les dénoncent compulsivement, ils se meuvent in fine dans le même univers. Parmi les seconds, le site Conspiracy Watch. Nous reprenons une partie de notre article de 2O17, que nous lui avons consacré.

L’observatoire du conspirationnisme et des théories du complot fondé en 2007 par Rudy Reichdstadt constitue – comme le Decodex du Monde – un outil au service de la dénonciation des idées opposées au monde libéral-libertaire. L’objectif, en dénonçant le complotisme réel ou supposé, est de ramener ceux qui prêtent attention aux idées déviantes dans le droit chemin de la doxa dominante.

Conspiracy watch, organe de la gauche libérale

Rudy Reichstadt, diplômé de l'institut d'études politiques d'Aix-en-Provence, a été chef de bureau des affaires financières au sein de la sous-direction de l’administration générale et de l’équipement de la mairie de Paris jusqu'en 2017 – dix ans après la fondation de son Observatoire du conspirationnisme donc. En 2013 il affirmait en effet au sujet de Conspiracy Watch : « un site que j’ai fondé en 2007 de ma propre initiative, dont je suis le seul maître à bord et dont je ne retire aucune rétribution ». Le Monde écrit en 2017 que « désormais rémunéré, il fonctionne maintenant en tandem avec Valérie Igounet », une historienne spécialiste dans la dénonciation de l'extrême-droite, qui a fait sa thèse de doctorat sur le négationnisme en France. Une chercheuse qui s’est vantée publiquement de voler des documents. Elle est rattachée à l'Institut d'histoire du temps présent (IHTP) qui dépend du CNRS.

À titre personnel, Rudy Reichstadt est membre de l'Observatoire des radicalités politiques de la fondation Jean-Jaurès, réputée proche du PS, il a aussi été invité à deux reprises – en septembre 2012 et en juin 2013 – aux « séminaires » de La Règle du jeu de Bernard-Henri Levy.

Il a aussi écrit dans diverses revues de gauche, comme Rue89 ou encore Pro-Choix. Cette revue, fondée en 1997 par Fiammetta Venner et Caroline Fourest, avait d'abord comme objectif de défendre le « choix » de l'avortement. Elle se définit maintenant comme « revue d'investigation, de réflexion et d'analyse au service de la défense des libertés individuelles menacées par l'essentialisme, le racisme, l'intégrisme et toute idéologie totalitaire ou anti-choix ». Il a aussi écrit dans le trimestriel du Fonds social juif unifié, l'Arche..

Dénonciation du site Les Crises

En août 2016 une première passe d'armes oppose Olivier Berruyer (Les Crises) et Rudy Reichstadt lorsque celui-ci s'aperçoit que le premier est invité à une table ronde lors des journées d'été de « À gauche pour gagner », le courant des frondeurs du PS. Il se lance donc dans une campagne anti-Berruyer sur Twitter, rapidement dénoncée par ce dernier.

Rudy Reichstadt répond sur son site : « Les-Crises.fr occupe une place toute particulière dans la complosphère car il fait fonction de trait d’union entre des sites ouvertement complotistes et le web non-complotiste. Si Les-Crises.fr était un bateau, ce serait un chalutier qui pêche dans les eaux troubles de la complosphère pour faire remonter à la surface des pseudo-analyses à caractère conspirationniste en les mélangeant à toutes sortes d’autres contenus, de manière à donner le change ».

Conclusion d'Olivier Berruyer au sujet de Conspiracy Watch et de ses méthodes : « chacun jugera les méthodes de Rudy Reichstadt : aucune vérification auprès du site cible avant publication, amalgames “plus que border”…Cela illustre plus généralement la méthode qui se développe actuellement, de généralisation malhonnête » qui consiste à « faire passer une petite erreur non substantielle en une preuve de prétendue “non fiabilité” d’une personne ou d’un site ». CQFD.

Notre article complet : Conspiracy Watch : observatoire objectif du complotisme ou bras armé du gauchisme ?

Sites anti-fake news

Là aussi il peut y avoir plusieurs attitudes face aux inévitables erreurs d’information (pêché véniel) ou face aux fausses nouvelles, vecteurs de propagande (faute intentionnelle avec volonté de tromper). Il y a dans le journalisme – comme dans toute entreprise humaine – des erreurs non intentionnelles : fautes de frappe, oublis, interversions de textes ou d’images etc. Il y a aussi des professionnels de la chasse à la soi-disant fake news type Decodex du Monde (financé par Google) ou Check News de Libération (financé par Facebook, comme c’est bizarre). On peut mentir une fois à tout le monde ou bien tout le temps à une personne mais difficilement mentir tout le temps à tout le monde. Ces rubriqueurs mélangent donc justes corrections (majoritaires) et exercices de propagande (minoritaires mais bien choisis). Justes corrections, non la surface de l’ile de France ne représente pas 22% de la surface de la France mais 2,2% (nous inventons l’exemple), ça ne fait de mal à personne. Propagande pure et simple sur le Pacte de Marrakech, véritable rideau de fumée pour faire accepter moralement et politiquement un pacte annoncé comme bénin, un exemple parfait de la fonction du Decodex, outil du monde libéral-libertaire.

Comme la dénonciation des fausses nouvelles est à la mode, certains sites marchands s’en servent comme appâts. Un site qui vend des produits naturels comme santé innovation a ouvert une rubrique « fake news » pour attirer le chaland.

Entreprise plus sérieuse, un nouveau site lancé à l’automne 2019, se veut selon ses promoteurs «  un contre-pouvoir médiatique aux grands médias, qui démontre chaque jour que les Fake news ne viennent pas que d’internet (loin de là), et qui répertorie les fakes news identifiées (par nous ou par d’autres) selon les médias, les journalistes, et certains thèmes ».

Une noble ambition avec beaucoup d’informations, hélas non hiérarchisées. Une approximation (dire Europe géographique au lieu d’Union Européenne par exemple) est incontestablement une erreur ce n’est pas une fake news. Que la grande presse ait annoncé que les 39 morts retrouvés dans un camion en Grande-Bretagne étaient chinois alors qu’ils sont sans doute vietnamiens n’est pas une fausse nouvelle, c’est une information à un moment T et on peut douter que les cadavres manifestement asiatiques fussent porteurs de leur passeport. A trop vouloir prouver on ne prouve plus grand-chose, mais le site est tout récent et ce défaut sera peut-être corrigé par la suite.

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